ACTE II, SCENE IL
Tous m'avei commandé sur-tout â*étre sincère. I>e Taffranchi PalTas nous a-vons vu le frère , Des fers de Claudius Félix encor flétri , De deux reines , seigneur, devenir le mari ; Et, s'il faut )usqa^an bout ^e je vous obéisse , Ces deux reines étaient du sang de Bérénice.
Et TOUS croiries pouvoir , sans blesser nos regards , Faire entrer une reine au lit de nos Césars, Tandis que l'Orient dans le lit de ses reines Voit passer un esclave au soitir de nos cbatnes ! f C'est ce que les Romains pensent de votre amoui*. Et je ne réponds pas , avant la un du jour , Que le sénat, chargé des vœux de tout l'empire, Ne vous redise ici ce qne je viens de dire ; Et qne Rome avec lui tombant k vos genoux Ne vous demande un choix digne d'elle et de vous. Tous pouves préparer j seigneur, votre réponse.
Hélas ! a qoef amour on veut que je reaoïlce !
P'AtTLIW.
Cet anîS^ar est ardent , il le faut confesser.
TITUS
Pbjis ardent mille fois que tu ne peux penser ^ Paulin. Je me suis fait un plaisir nécessaire De la voir chaque jour, de l'aimer, de lui plaire.. J'ai fait plus, je n'ai rien de secret k tes yeux ,. J'ai pour aUe c€nt fois rendu grâces aul Jleux f
aïo BÉRÉNICE.
D'avoir dioisi mon père au fond de riduoide.
D'avoir rangé sons loi l'Orient et l'armée,
Et, sonlevant encor le reste des Iramains,
Remis Rome sanglante en ses paisibles mains :
J'ai même souhaité la place de mon père ;
Bloi , Paulin , qni , cent fois , si le sort moins sévëre
KAt voulu de sa vie étendre les Uens ,
Aurais donné mes jours pour prolonger les siens :
Tout cela ( qu'un amant sait mal ce qu'il désire ! )
Dans l'espoir d'élever Bérénice a l'empire,
De reconnaître un jour son amour et sa foi ,
Et de voir a ses pieds tout le monde avec moi.
Malgré tout mon amour, Paulin, et tous ses charmes.
Apres mUle sermens appuyés de mes larmes.
Maintenant que je puis couronner tant d'attraits ,
Maintenant que je l'aime encor plus que jamais ,
Lorsqu'un heureux hymen joignant nos destinées
Peut payer en un jour les vœux de cinq années ,
Je vais, Paulin... oh ciel ! puis;je le déclarer !
PAULi ir.
Quoi, seigneur?
TITUS
Pour jamais je vais m'en séparer.
Mon cœur en ce moment ne vient pas de se rendre : Si je t'ai fait parler, si j'ai voulu t'entendre, Je voulais que ton sèle achevât en secret De confondre un amour qui se tait a regret.