‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 135 sur 169 · BÉRÉNICE, TITUS, PAULIN, PHÉNICE · texte numérisé non relu

BÉRÉNICE, TITUS, PAULIN, PHÉNICE

BÉRÉN IGE.

Ne vous offenseï pas si mon xèle indiscret De votre solitude interrompt le secret.

Tandis qu'autour de moi votre cour assemblée Retentit des bienfaits dont vous ra'aves comblée, Est-il juste, seigneur, que seule en ce moment Je demeure sans voix et sans ressentiment ?

i%B BÉRÉNICE.

Mais , MÎgnenr , ( car je sais ^e cet ami sincère

Du secret de nos cœnrs connaît tout le mystère )

Votre deuil est fini , rien n'arrête vos pas ,

Tons êtes seul enfin, et ne me chercliei pas.

J'entends qne vons m'offres un nouveau diadème ,

Et ne puis cependant tous entendre vous-même.

Hélas ! plus de repos, seigneur, et moins d'éckt :

Totre amour ne peut-ii paraître qu'au sénat ?

AK Titus ! ( car enfin l'amour fîiit la contrainte

De tons ces noms que suit le respect et la crainte )

De qnel soin votre amour va-t>il s'importuner ?

N'a-t-il que des états qu'il me puisse donner ?

Depuis quand croyes-vous qne ma grandeur me toucKe ?

Un sou^r, un regard, un mot de votre boucbe ,

y oila l'ambition d'un cœur comme le mien :

Voyez-moi plus souvent, et ne me donnes rien.

Tous vos momens sont-ils dévoués k l'empire ?

Ce coeur après buit jours n'aH-il rien k me dire i

Qu'un mot va rassurer mes timides esprits !

Mais parliei-vous de moi quand je vous ai surpris ?

Dans vos secrets discours étais-je intéressée,

Seigneur ? étais-je au moins présente k la pensée ?

TITUS

N'en doutes point , madame ; et j'atteste les dieux Que toujours Bérénice est présente a mes yeux. L'absence ni le tems , je vous le jure encore , Ne vous peuvent ravir ce coeur qui vous adore.

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