PHÉNICE
Gomme tous je me perds d'autant plus que j'y pense. Mais ne s'offre-t-il rien k votre souvenir Qui contre vous, madame , ait pu le prévenir ? Voyex, examines.
BÉRÉir ICE.
Hélas ! tu peux m'en croire ; Plus je veux du passé rappeler la mémoire, Du jour que je le vis , jusqu'à ce triste jour , Plus je vois qu'on me peut reprocher trop d'amour. Mais tu nous entendais. Il ne faut rien me taire j Parle. N'ai-je rien dit qui lui puisse déplaire ? Que sais-je ? j'ai peut-être avec trop de chaleur Rabaissé ses prcsens, ou blâmé sa douleur.
N'est>ce point que de Rome il redoute la haîne ; Il craint peut-être, il craint d'épouser une reine.
aSo BÉRÉNICE..
Hélas ! s'il était vrai.. .. Mais non , il a cent fois
Kassuré mon amour contre leurs dures lois ;
Cent fois... Ah ! qu'il m'explique un silence si rude :
Je ne respire pas dans cette incertitude.
Moi , je viTrais, Phénice, et je pourrais penser
Qu'il me néglige , ou bien que j'ai pu l'offenser ?
Retournons sur ses pas. Mais , quand je m'examine,
Je crois de ce désordre entrevoir l'origine.
Phénice , il anra su tout ce qui s'est passé :
L'amour d'Antioçhusl'a peutrétre offensé.
Il attend , m'a-t-on dit, le roi de Comagène.
Pfe cherchons point ailleurs le sujet de ma peine.
Sans-doute, ce chagrin qui vient de m'alarmer
N'est qu'un léger soupçon facile a désarmer.
Je ne te yante point cette faihle victoire ,
Titus : ah ! plût au ciel que , sans blesser ta gloire.
Un rival plus puissi^t voulût tenter ma foi,
Et pût mettre à mes pieds plus d'empires que loi ;
Que de sceptres sans nombre il pût payer ma flamme ;
Que ton amour n'eût rien à donner que ton fime !
C'est alors,' cher Titus, qu'aimé , victorieux,
Tu verrais de quel prix ton cœur est à mes yeux.
Allons, Phénice ; un mot pourra le satisfaire.
Rassurons-nous , mon cœur , je puis encor lui plaire ;
Je me comptais trop tdt au rang des malheureux :
Si Titus est jaloux, Titus est amoureux.