ACTE IV; 3CE1VE V. aSS
Et qae unit roniTen reconnaisse sans peine
Les pleurs d'un empereur et les pleurs d'une reine.
Car enfin , ma princesse, il faut nous séparer.
BÉRÉir IGE.
Ali cruel ! est-il tenu de me le déclarer ?
Qu'aves-vous fait ? Hélas ! je me suis crue aimée ; An plaisir de irous Toir mon âme accoutumée Ne vit plus ^pie pour voua : ignioriec-vous vos lois Quand je vous l'avouai pour la première fois ! A quel excès d'amour m'aves-vons amenée 1 Que ne me disiei-vous : Princesse infortonée , Où vas-tu t'engeger j et i|uel est ton espoir î Ne donne point un coBur qu'on ne peut recevoir. Ne l'aves'^ous reçu , eruel , que pour le rendra Quand de vos seules mains ce ooenr voudrait d^endre ? Tout l'empire a vingt fois conspiré <vontre bons : n était tems encor ; qne ne me quitties-vous ? Mille raisons alors consolaient ma misère :
Je pouvais de ma mort accuser votre père, Le peuple, le sénat, tout l'empire romain, Tout l'univers, plutôt qu'une si chère main.
Leur haSne, dès long-tems contre moi déclarée, M'avait à mon malheur dès long-tems préparée. Je n'aurais pas, seigneur , reçu ce coup cruel Dans le tems que j'espère un bonheur immortel , Quand votre heureux amour peut tout ce qu'il désire , Lorsque Rome se tait, quand votre père expire,
ft54 BERENICE,
Lorsque tout l'uiÛTerà fléchit a vos geik>nZ) £lnfia quand je n'«i plus a redouter que vous,
Et c'est moi seul aussi qui pouvais me détruire. Je pouvau iriyre alors et me laisser séduire ; Mon ceeur se gardait bien d'aller dans l'avenir Chercher cetjtii pouvait un jour nous désunir. Je vottlais qu'a met vœux rien ne fût invincible ; Je n'examinais rien, j'espérais l'impossible. Que sais-je ? j'espérais de mourir a vos yeux , Avant que- d'en* venir a ces cruels -adieux.
Les obstacles semblaient renouveler ma flamme. Tout Pempire parlait : mais la gloire , madame , Ne s'était point encor fait entendre k mon cœur Du ton dont elle parle an coeur d'un empereur. Je saistous 4es touf mens où ce dessein me livre : Je sens bien que sans vous je ne saurais plus vivre. Que mon cœur de moi-même est prêt à s'éloigner^ Mais il ne s'agit plus de vivre , il faut régner^
B é a É If ic E.
né bien , règnes , cruel , contente* votre gloire : Je ne dispute pbs.^J'attendais , pour vous croire, Que cette même bouche, après mille sermens D'un amour qui devait unir tous nos mom«is^ Cette bouche, k mes ytrxt. s'avouant infidèle. M'ordonnât elle-même une- absence étemelle.
Moi-même j'ai voulu vous entendre en ce lieu.