ACTE IT, SCENE T. aSS
Je n'(écoute plus rien : et, pour jamais, adieuM«* Pour jamais ! Ah seigneur ! songei-vons en vousfraéne Combien ce mot cruel est affreux ^and on aïase ? Dans un mois , dans un an , comment aouffrirons-aous,^ Seigneur, que tant de mers me sépare de vous; Que le jour recommence et (pie le jour finisse Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice , Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ^ Mais quelle est moiArreur, et que de soins perdus ! LHngrat, de mon*départ console par avance, Daignera«t-il compter les jours de mon absence ? Ces jours si longs pour moi lui senibley>nt trop courts.
TITUS
Je n'aurai pas , madame , a compter tant de jours r J'espëre que bientôt la triste renommée Vous fera confesser que vous étiez aimée.
Vous verres que^Titus n'a pu, sans expirer....
BÉRélf IGE.
Ah seignenr ! s'il est vrai, pourquoi nons séparer f Je ne vous parle point d'un heureux hyménée : Rome a ne vous plus voir m'a-trelle condamnée ? Pourquoi m'enviea-vons l'air qoe vous respires i
TITUS
Hélas ! vous pouves tout, madame. Demeures :
Je n'y résiste point. Mais je sens ma faiblesse : Il faudra vons combattre et vous ccaindre sans-cesse >.
»h9 BÉRÉNICE.
Et satM^eesse veiller k retenir mes pas ,
Que vers vous k toute heure entrainent yoi appu.
Que dû-je^En ce Bic»nieiit,mon cœur, hors de hii-méme,
S'oublie 3 et se soninent aenlement «{ull voas'aime.
BéRémcc.
Hé bien, seigneur, hé bien , qu'eu peut-il arrii^r ? Toyes-vons les Romains prêts a se soulever ?
TITUS
Et qui sait de quel œil ik prendront cette injure ? 8'ik parlent , si les cris succèdent au murmure , Fandra-t-il par le sang justifier mon choix ? S'ils se taisent, madame, et me vendent leurs lois, A quoi m'exposes-^ous ? par quelle complaisance Faudra-t-il quelque jour payer leur patience ? Que n'oseront-ils point alors me demander ?
Maintiendrai-je des lois que je ne puis garder ?
B é R é ir I G E.
Tous ne comptes pour rien les pleurs de Bérénice !
TITUS
Je les compte pour rien ! Ah ciel ! quelle injustice !
Quoi 1 pour d'injustes lois qwe vous pouvet changer, £o d'étemels chagrins vous-m^e vous plonger ! Rome a ses droits, seigneur : n'«vea-voufi pas les vôtres ? Ses intérêts sont-iU plus sacrés que les nôtres ? Dites, parles.