ACTE IV, SCENE V. uSy
TITUS
Hélas ! qne Tons me déchires ?
BénéviCE.
Vous êtÊÊ empereur, seigneur, et rota pleures f
TITUS
Oui , madame, il est vrai , je pleute , je soupire , Je frèiws. Biais enfin , quand j'ucceplai l'empire y Rome me fit jurer de maintenir ses droits.
Il les faut maintenir. Déjà plus d'une fois Kome a dte mes pareils exercé la constance.
Ah l si TOUS vemonties jnsqnes à sa naissance. Vous les Tevries toujours II ses cadres soumis : L'un , jaloux dte sa foi , va ehex les ennemis Chercher, avec k mori , ta peine toute prête; D'un fib victorieux l'autre proscrit la tête ; L'autre , avee des yeaat secs et presque îndifi'érens, Voit mourir ses deux Èk par son ordre expirans. Malheureux \ Maïs toujours la patrie et la gloire Ont parmi les Romains remporté la -victoire.
Je sais qu'en vous quittant le mafiieureux Tita« Passe l'austérité de tontes leurs vertus ; Qu'elle n'approche point de cet effort insigne : Mais, madame, après tout, me croyes-vous indigne De laisser un exemple à la postérité , Qui sans de grands efforts ne puisse être imité i
BÉRÉIVICE.
Non, je crois tout facile à votre barbarie :
a58 BÉRÉNICE.
Je vous crois cligne , ingrat , de m'arracher la vie*.
De tous Vos sentimens mon cceur est éclairci.
Je ne vous parle plus de me laisser ici :
Qui ? moi, j'aurais voulu , honteuse et méprisée ^
D'un peuple qui me hait soutenir la risée }■
J'ai voulu vous pousser jusques à ce refus»
C'en est fait, et bientôt vous ne me craindces plus»-
N'attendez pas ici que )'éclate en injuresy
Que j'atteste le ciel , ennemi des paqures.;
Non : si le ciel encore est touché de mes pleurs,.
Je le pne , en mourant , d'oublier mes douleurs.
Si je forme des vœux contre votre injustice,.
Si , devant que mourir , la triste Bérénice
Vous veut de son trépas laisser (juelque vengeur,.
Je ne le cherche,, ingrat, qu'an fond de votre coeur.
Je sais que tant d'amour n'en peut être effacée ;
Que ma douleur présente ,. et ma bonté passée y
Mon sang qu'en ce palais j,e veux m^me verser ,.
Sont autant d'ennemis que je v^ vous laisser :.
£t, sans me repentir de ma persévérance.
Je me remets sur eux de tonte ma vengeance..
Adieu»