‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 167 sur 169 · ACTE V, SCENE VI. ^-ji · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VI. ^-ji

Si je stiis empereur, on si je suis Romain.

Je suis venu vers vous sans savoir mon dessein :

Blon amour m'entraînait, et je venais pent-étre

Pour me chercher moi-même, et ponr me reconnaître.

Qu'ai- je trouvé ? Je vois la mort peinte en vos yeux ;

Je vois pour la chercher que vous quittes ces lieux.

C'en est trop. Ma douleur, k cette triste vue,

A son dernier excès est enfin parvenue :

Je ressens tous les maux que je puis ressentir.

Mais je vois le chemin par où j'en puis sortir.

Ne vous attendez point que , las de tant d'alarmes ,

Par un heureux hymen je tarisse vos larmes ;

En quelque extrémité que vous m'ayes réduit,

Ma gloire inexorable a toute heure me suit ;

8ans-cesse elle présente a mon âme étonnée

L'empire incompatible avec votre hyménée,

Me dit qu'après l'éclat et les pas que j'ai faits

Je dois vous épouser encor moins que jamais.

Oui , madame, et je dois moins encore vous dire Que je suis prêt pour vous d'abandonner l'empire , De vous suivre, et d'aDer, trop content de mes fers, Soupirer avec vous au bout de l'univers :

Vous-même rougiriez de ma lâche conduite :

Vous verries a regret marcher k votre suite X7n indigne empereur sans empire , sans cour , Vil spectacle aux humains des faiblesses d'amour. Pour sortir des tourmens dont mon âme est la proie ,

aya BÉRÉNICE,

n est , vous le saves, une plus noble Toie ; Je me suis vu , madame, enseigner ce chemin Et par i^us d'un Kéros et par plus d*un Romain : Lorsque trop de mallieurs ont lassé leur constance. Us ont tous expliqué cette persévérance Dont le sort s'attachait a les persécuter .

Gomme un ordre secret de n'y plus résister.

Si vos pleurs plus long-tems viennent frapper ma vue ,' Si toujours à mourir )e vous vois résolue , S'il faut qu'à tous momens je tremhle pour vos jours , Si vous ne me jures d'en respecter le cours, Madame, à d'antres pleurs vous devez vous attendi'e; En l'état où je suis je puis tout entreprendre ; Et je ne réponds pas que ma main a vos yeux ]V 'ensanglante à la an nos funestes adieux.

BÉRÉiriGE.

Hélas !

TITUS

No^, il n'est rien dont je ne sois capable.

Tons voilk de mes jours maintenant responsable : Songes-y bien, madame ; et si je vous suis cher...

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