‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 168 sur 169 · TITUS, BÉRÉNICE, ANTIOCHUS · texte numérisé non relu

TITUS, BÉRÉNICE, ANTIOCHUS

TITUS

Venes , prince , venes , je irons ai fait chercher. Soyes ici témoin de toute ma faiblesse :

Toyes si c'est aimer avec peu de tendresse.

Juges-notts.

AIVTIOCHUS* Je crois tont : je vons connais tous deux.

Mais connaisses vous-même un prince malheureux. Vous m'avez honoré , seigneur , de votre estime : Et mot , je puis ici vous le jurer sans crime , A vos plus chers amis j'ai disputé ce rang ; Je l'ai disputé même aux dépens de mon sang.

Vons m^avei malgré moi confié , l'un et l'autre, La reine, son amour , et vons, seigneur , le vôtre. La reine qui m'entend peut me désavouer ; Elle m'a vu toujours, ardent a vous louer.

Répondre par mes soins a votre confidence.

Vons cToyes m'en devoir quelque reconnaissance : Mais le pourriez- vous croire , en ce montent fatal. Qu'un ami si fidèle était votre rival ?

TITUS

Mon rival \

»74 BÉRÉNICE

AVTIOCHUS.

n est tems que je vous éclaircîsse.

Oui , seigneur ^ j'ai toujours adoré Bérénice. Pour ne la plus aimer j'ai cent fois combattu : Je n'ai pu l'oublier ; an moins je me suis tû. De votre changement la flatteuse apparence M'avait rendu tantôt quelque faible espérance : Les larmes de la reine ont éteint cet espoir. Ses jeux , baignés de pleurs, demandaient a vous voir : Je suis venu , seigneur , vous appeler moi-même. Vous êtes revenu. Vous aimez , on vous aime ; Vous vous êtes rendu : je n'en ai point douté. Pour la dernière fois je me suis consulté ; J'ai fait de mon courage une épreuve dernière ; Je viens de rappeler ma raison tout entière : Jamais je ne me suis senti plus amoureux, n faut d'autres efforts pour rompre tant de nœuds : Ce n'est qu'en expirant que je puis les détruire ; J'y cours. Voila de quoi j'ai voulu vous instruire. Oui, madame, vers vous j'ai rappelé ses pas; Mes soins ont réussi ; je ne m'en repens pas. Puisse le ciel verser sur toutes vos années Mille prospérités l'une a l'autre encbaSofées ! Ou , s'il vous garde encore un reste de courroux , Je conjure les dieux d'épuiser tous les coups Qui pourraient menacer une si belle vie ' Sur ces jours malheureux que je vous sacrifie.

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