‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 53 sur 169 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

II se déguise en-vain : je Ils sur son visage

Des fiers Domitius Thninenr triste et sauvage :

n mêle avec l'orgueil qu'il a pris dans leur sang

La fierté des Nërons qu'il puisa dans mon flanc.

Toujours.la tyrannie a d'heureuses prémices :

De Rome , pour un tems, Caïus fut les délices ;

Mais , sa feinte Bonté sç tournant en fureur ,

Les délices de Rome en devinrent l'horreur.

Que m'importe, après tout, que Néron plus fidcle

D'une longue vertu laisse un jour le modèle ?

Ai-je mis dans sa main le timon de l'état

Pour le conduire au gré du peuple et du sénat ?

Ah ! que de la patrie il soit, s'il veut, le père :

Mais qu'il songe un peu plus qn'Agrippine est sa mère.

De quel nom cependant pouvons-nous appeler

L'attentat qae Le jour vient de nous révéler \

n sait, car leur amour ne peut être ignorée ,

Que de Britannicus Junie est adorée :

£t ce même Néron , <fiie la vertu conduit, /

Fait enlever Junie au milieu de la nuit !

Que veut-il ? Est-ce haîne, est-ce amour qui l'inspire ?

Cherche-t-il seulement le plaisir de leur nuire ?

Ou plutôt n'est-ce point que sa malignité

Punit sur eux l'appui que je leur ai prêté ?

▲ LBIR E.

Vous leur appui, madame ?

94 feRITANNICUS.

▲ O&IPPINE.

Arrête , chère Albine .

Je sais qae j'ai moi seule ft^ancé leur ruine ; Que du trône , où le sang Ta du faire monter , Britannicns par moi s'est tu précipiter.

Par moi seule éloigné de l'hymen d'Octavie y lue frère de Junie abandonna la vie, Silanus, sur qui Claude avait jeté les yeux, Et qui comptait Auguste au rang de ses aïeux. Néron jouit de tout : et moi , pour récompense y Il faut qu'entre eux et lui je tienne la balance, Afin que quelque jour par une même loi Britannicus la tienne entre mon fils et moi.

ALBin E.

Quel dessein !

ÀGftlPPIHE.

Je m'assure un port dans la tempête.

Néron m'échappera, si ce frein ne l'arrête.

ALBINE

Mais prendre contre nn fi[Is tant de soins snperâus ?

'àgri^pi ne.

Je le craindrais bientôt s'il ne me craignait plus.

ALBINE

Unç injuste frayeur vous alarme peut-être.

Mais si Néron pour vous n'est pins ce qu'il doit être. Du moins son changement ne vient pas jusqu'à nous ; Et te sont des secrets entre Ccsar et vous.

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