‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 66 sur 169 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

Le ciel même en secret semBIe la condamner :

Ses vceux depuis quatre ans ont beau l'importuner, Les dieux ne montrent point que sa vertu les touche , D'aucun gage, Narcisse, ils n'honorent sa couche ; L'empire vainement demande un héritier. )

ir ARC ISSE.

Que tardes- vous, seigneur, a la répudier } L'empire , votre cœur, tout condamme Octavie. Auguste votre aïeul soupirait pour Livie :

Par un double divorce ils s'unirent tous deux ; Et vous deves l'empire a ce divorce heureux. ^ Tibère , que l'hymen plaça dans sa famille , Osa bien a ses yeux répudier sa fille.

Vous seul, jusques ici contraire à vos désirs , N'oses par un divorce assurer vos plaisirs l

N ÉRO H.

Et ne connais-tii^pas l'implacable Agiippine ? Mon amour inquiet déjà se l'imagine Qui m'amène Octavie , et d'un œil enflammé Atteste les saints droits d'un nœud qu'elle a formé , Et, portant k mon cœur des atteintes plus rudes, Me fait un long récit de mes ingratitudes.

De quel front soutenir ce fâcheux entretien ?

n ARC ISSE.

N'étes-vons pas, seigneur , votre maître et le sien ? Tous verrons-nous toujours trembler sous sa tutelle ? Tives , régnes pour vous : c'est trop régner pour elle.

iO.

ii4 BRITANNICUS. i

Craigne«-vous ? Mais, seigneur, vous ne la craigniez pas : Vous venes de bannir le superbe Pallas, Pal^s dont vous savei qu'elle soutient l'audace.

NÉRON

Eloigné de ses yeux, j'ordonne, je menace»

J'écoute vos conseils, j'ose les approuver,

Je m'excite contre elle , et tâche à la braver :

Mais, je t'expose ici mon âme tonte nue,

Sitôt que mon malheur me ramène a sa vue ,

Soit que je n'ose encor démentir le pouvoir

De ces ye#x où j'ai In si long-tems mon devoir ,

Soit qu'à tant de bienfaits ma mémoire 6dèle

Lui soumette en secret tout ce que je tiens d'elle ;

Mais enfin mes efforts ne me servent de rien :

Mon génie étonné tremble devant le si«n.

Et c'est pour m'affranchir de cette dépendance ,

Que je la fuis par-tout, que même je l'offense ,

Et que de tems en tems j'irrite ses ennuis , *

Afin qu'elle m'évite autant que je la fuis.

Mais je t'ariéte trop : retire-toi, Narcisse ;

Britannicus pourrait t'accuser d'artifice.

NARCISSE

IV on, non ; Britannicus s'abandonne a ma foi. Par son ordre , seigneur , il croit que je vous voi , Que je m'informe ici de tout ce qui le touche ; Et veut de vos secrets être instruit par ma bouche : Impatient sur-tout de revoir ses amours,

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