‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 94 sur 169 · ACTE IV, SCENE II. iSj · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE II. iSj

Que vous marchies an camp , conduit sous mes auspices, Dans Rome les autels fumaient de sacrifices : * Par mes ordres trompeur» tout le peuple excité Du prince déjà mort demandait la santé.

Enfin , des légions l'entière obéissance Ayant de votre empire affermi la puissance.

On vit Claude ; et le peuple , étonné de son sort, Apprit en même tems votre règne et sa mort.

C'est le sincère aveu que je voulais vous faire : Toilà tous mes forfaits. En voici le salaire :

Du fruit de tant de soins à peine jouissant En avez -vous six mois paru reconnaissant , Que, lassé d'un respect qui vous gênait peut-être, Tons avec affecté de ne me plus connaître.

J'ai vu Burrhus , Sénèque , aigrissant vos soupçons De l'infidélité vous tracer des leçons, Ravis d'être vaincus dans lenr propre science. J'ai vu favorisés de votre confiance Othon, Sénécion, jeunes voluptueux^ Et de tous vos plaisirs flatteurs respectueux. Et lorsque , vos mépris excitant mes murmures. Je vous ai demandé raison de tant d'injures , ( Seul recours d'un ingrat qui se voit confondu , ) Par de nouveaux affronts vous m'avez répondu. Aujourd'hui je promets Junie à votre frère ; Us se flattent tous deux du choix de votre mère : Que faites- vous ? Junie enlevée k la cour

i54 BRITANNIGUS.

Devient en une nuit l'objet de votre amour i Je vois <le votre cœur Octavie effacée Prête à sortir du lit où je l'avais placée :

Je vois Pallas banni , votre frère arrêté :

Vous attentes enfin jusqu'à ma liberté ; Burrbus ose sur moi porter ses mains bardies» Et lorsque , convaincu de tant de perfidies ^ Tous dévies ne me voir que pour les expier , C'est vous qui m'ordonnes de me justifier»

iréROif.

Je me souviens toujours que je vous dois l'empire ;: Et sans vous fatiguer du soin de le redire, Votre bonté, madame , avec tranquillité Pouvait se reposer sur ma fidélité.

Aussi-bien ces soupçons, ces plaintes assidues y Ont fait croire k tous ceux qui les ont entendues^ Que jadis , j 'ose ici vous le dire entre nous , - Vous n'aviez sous mon nom travaillé que pour Tom^ « Tant d'honneurs, disaient-ils, et tant de déférences, » Sont-ce de ses bienfaits de faibles récompenses ? » Quel crime a donc commis ce fils tant condamné ^ » Est-ce pour obéir qu'elle l'a couronné ^ » N'est-il de son pouvoir que le dépositaire ? » Non que, si jnsques-lk j'avais pu vous complaire^ Je n'eusse pris plaisir, madame , à vous céder Ce pouvoir que vos cris semblaient redemander : Mais Rome veut un maître, et non- une maîtresse..

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