‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 95 sur 169 · ACTE IV, SCENE IL i5ft · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IL i5ft

Tons enlendies les bruits qu'excitait ma faiblesse : Le sénat chaque jour et le peuple , irrités De s'onir par ma Toix dicter tos Tolontés , Publiaient qu'en mourant Glande avec sa puissance M'aTait encor laissé sa simple obéissance. .

Vous aves vu. cent fois nos soldats en courroux Porter en murmurant leurs aigles devant voua ; Houleux de rabaisser par, cet indigne usage Les héros dont encore elles portent l'image.

Tout autre se serait rendue a leurs discours : Hais , si vous ne régnez , vous vous plaignes toujours. Avec Britanmcus contre moi réunie y Vous le fortifiei du parti de Junie ; Et la main de Pallas trame tous ces complots. Et , lorsque malgré moi j'assure mon repos, On VOU5 voit de colère et de haîne animée :

Vous vovles présenter mon riva) k l'armée ; Déjà jusques au camp lé bruit en a couru.

AGRIPPIlfE.

Moi ! le faire empereur ? Ingrat ! Taves-vous cru ? Quel serait mon dessein ? qu'anrais-je pu prétendre ? Quels honneurs dans sa cour,quel rang pourrais-je attendre } Ah ! û sous votre empire on ne m'épargne pas, Si mes accusateurs observent tous mes pas , Si de leur empereur ils poursuivent ta mëre, Qne ferais-je au milieu d'une cour étrangère ? Us me reprocheraient, non des cris impuissans,

Des desseins étouffes aussi-tôt que naissans , Mais des crimes pour vous commis à votre vue^ Et dont je ne serais ({ne trop tôt convaincue. Vous ne me trompes point , je vois tous vos détours ; Tous êtes un ingrat, vous le fûtes toujours : Des vos plus jeunes ans mes soins et mes tendresses ^ N'ont arraché de vous que de feintes caresses. Rien ne vous a pu vaincre ; et votre dureté Aurait dû dans son cours arrêter ma bonté.

Que je suis malheureuse ! Et par quelle infortune Faut-il que tous mes soins me rendent importune ! Jie n'ai qu'un (ils : ô ciel, qui m'entends aujourd'hui y T'ai-je fait quelques vœux qui ne fussent pour lui ? Remords , crainte , périls , rien ne m'a retenue. J'ai vaincu ses mépris *, j'ai détourné ma vue Des malheurs qui dès-lors me furent annoncés ; J'ai fait ce que j'ai pu : vous régnes , c'est asses. Avec ma liberté, que vous m'aves ravie, Si vous le souhaites , prenes encor ma vie , Pourvu que par ma mort tout le peuple irrité • Ne vous ravbse pas ce qui m'a tant coûté.

HÉRON

Hé bien donc, prononces. Que voules-vous qu'on fasse

ÀGR IPPIV E.

De mes accusateurs qu'on punisse l'audace ;

Que de Britannicus on calme le courroux ;

Que Junie a son choix puisse prendre un époux ;

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