ACTE III, SCENE VI. a3i
AlTDROMAQUE, à Cèphise.
Et que venx-ta que je lui dise encore ?
Aatenr de tous mes maux , crois-tu qu'il les ignore ?
(à Pyrrhus.) Seigneur, voyei l'état où vous me réduises : J'ai yn mon père mort et nos murs embrisës ; J'ai vu trancher les jours de ma famille entière , Et mon époux sanglant traîné sur la poussière ^ Son fils , seul avec moi , réservé pour les fers ', Mais que ne peut un fils ! je respire , je sers. J'ai fait plus ; j» me suis quelquefois consolée Qu'ici plutôt qu'ailleurs le sort m'eût exilée ; Qu'heureux dans son malheur le fils de tant de rois , Puisqu'il devait servir , fût tomhé sous vos lois : J'ai cru que sa prison deviendrait son asyle. Jadis Priam soumis fut respecté d'Achille :
J'attendais de son fils encor plus de honte.
Pardonne, cher Hector ! à ma crédulité :
Je n'ai pu soupçonner ton ennemi d'un crime ; Malgré lui-même enfin je l'ai cru magnanime.
Ah ! s'il l'était assez pour nous laisser du moins An tomheau qu'à ta cendre ont élevé mes soins ; Et que , finissant l'a sa haîne et nos misères , JQ ne séparât point des dépouilles ^si chèrea !
PTKRHVS.
Ta m'attendre, Phœoix.
as» AIVDROMAQUE.