‹ ŒuvresChapitre 149 sur 160 · PYRRHUS, HERMIONE, PHŒNIX · texte numérisé non relu

PYRRHUS, HERMIONE, PHŒNIX

PYRRHUS

Tonc ne m^ftttendiex pas , madame ; et je Tois bieik Que mon abord ici trouble votre entretien.

Je ne vieua point , armé d'uti indigne artifice ^ D'un ToBe d'équité «ouvrir mon injusti<ie :

D suffit que mon cœur me condamne tout bat f Et je soutiendrais mal ce que )e*ne crois pas.^ J'épouse une Troyenne ; oui , madame r et j'avoue Que je vous ai promis la foi que je lui voue. Un autre vous dirait que , dans les champs troyens^ Nos deux pères y sans nous, formèrent ces liens ; Et que , sans consulter ni mon choix ni le votre, Nous fûmes , sans amour, engagés l'un m l'autre : Mais c'est -assespour moique je me sois soumis. Par mes ambassadeurs mon cœur vous fut promis; Loin de le» révoquer je voulus y souscrire :

Je Yoxi» vis ave^ eux arriver en Épire ; Et , quoique d'un autre ceti l'éclat victorieux Eût déjk prévenu, le pouvoir de vos yenx^ ' Je ne m'aorêtai point a cette ardeur nouvelle^ Je vonlos^m'obiliner k vous être fidèle ^

»5o ANDROMAQU«.

Je vous reçu en reine ; et ins(|aes a ce jonr J'ai cru que mes sermens me tiendraieni tien d'amonr. Mais cet amour l'emporte ; et, par un coup funeste , Androma^e m'arrache un cœur qu'elle détecte : L'un par l'autre entraînés , nous courons a Vaulel Nous jurer , malgré nous , un amour immortel. Après cela , madame , éclates contre un traître, Qui l'est avec douleur, et qui pourtant yeutl'élre. Pour moi , loin de contratodre un si juste courroux, n me soulagera peut-être autant que vous.

Donnez-moi tous les noms destinés aux parjures : Je crains votre silence et non pas vos injures ; Et mon cœur , soulevant mille secrets témoins, Al'en dira d'autant plus que vous m'en dires moins.

Seigneur, dans cet aveu dépouillé d'artifice, J'aime a voir que du moins vous vous rendiex justice ; Et que , voulant bien rompre un nœud si solennel , Vous vous abandonnies au crime en criminel.

Elst-il juste, après-tout, qu'un conquérant s'abaisse Sous la servile loi de garder sa promesse } Non , non , la perfidie a de quoi vous tenter ; , Et vous ne me cbercbies que pour vous en vanter. Quoi l sans que ni serment ni devoir vous retienne, Recbercber une Grecque , amant d'une Troyenne \ Me quitter, me reprendre , et retourner encor De la fiUe d'Hélène k la veuve d'Hector i

Page 1