‹ ŒuvresChapitre 2 sur 160 · ET LES OUVRAGES DE RACINE · texte numérisé non relu

ET LES OUVRAGES DE RACINE

Vwt circoiiftlanoe uses délicate , dans laquelle Racin* le conduisit avec une légèreté que son âge rend ex- CBsable , causa entre MeHère et lui un réfroidissemenit ^ dura toi^oars : mais ils ne cessèrent jamais de •'csliaMr , et de se rendre mutuellement la justice fa'ils se deraient.

Raône m lia la même année avec Boileau, qui se vintait de lui avoir appris à faire diflKcilement des ^cn faciles. Dès ce moment il s'établit entr'eux un commerce d'amitié qui a duré sans interruption juS' tfTu la mort de Racine , et dont \a douceur n'a même ki altérée par aucun de ces troubles intestins et pas- Mfers qui s'élèvent quelquefois parmi les amis les plus JCroilement tmis.

Alexandre fut joué en i665. GomeiBe, a qui ftscine l'avait lu , lui dit « qu'il ava^t un grand talent foor la poésie , mais qu'il n'en avtiit point pour la tragédie n. Ce jugement nous parait étrange , parce- ^"il se lie dans notre esprit avec cette estime babifacile et sentie que nous avons pour Racine, et surtaat avec l'admiration profonde que la lecture on la Kprésentation de ses pièces nous inspire. Mais si l'oo fait réflexion que ce n'est point k l'auteur d'Ipui- CÉsiE , de PhÈdae et de BritaniTICUS , que k Corneille a tenu ce discours , mais au jeune pocte fù avait fait I.A ThÉBAïde et AlEXAndbe , on ne doutera pas que Gomeillt ne fût de bonne foi : on

dira senlemeiit «pi'il s'est tron^; eC<pK ce qall st diit avec raison d'ALEZAiroRE y il ne l^t eertaitienent pas cBt d'ÀKiMiôMAQirt , tjài f ut jouée clettx ans après , et que 1er premières tragételieS'de Racm^ ne pouvaient pas faire espérer;. En effet, locsqtl'bb mesure l'intervalle immense qui répare cek deint ^ pièces, on appUqne k Racine cet l»caax versdlioBièv» si bien to<aduit8 par Boilean r

Autant qa'un homme assit att rivage des mers Voit d'un roc élevé d'esoace âaas let airs >. Aatànt des imîaorteU les cowrsierè iatr^idm En francJÛMeat d'un sMit.

AivDROMàQins , «l^èee «dmirtiMe ,-k qkielqtt«s scènes de coquetterie près (i) tr excita le «ttênie enthousiasme que IB CtD , et ne le MérltÉit pas meiiu. Les ap{4anân(emens qne Racine reçtft )k cette ottksion étaient d^antbnt plus flatteurs, qnè de liotrveirtix succès, dans une catrière que ComeiDe aVait pifir^ courue aVec tant de gloire , étaient néceisairemiteiit plus difficiles k obtenir. Lorsqu'un art att une science a déjk fait de grahds progrès chèt un petq)le , il fmit plus de sagacité , plus de génie , pdor recnler éTicra pas les limités, de cet aft eu de cette science , ijin*li n'en fallait aux preffi&ers inventeurs pour porter Vna en Tautre an point où ils Tcfnt laiSi^.

(0 C'est le }ttgefteiit qtfe VoItàiM en port*.

ET Lï>5 ai^VllAGES DE RACINE, r Vta fait «sses ftingtiKer , ^est qtie dans le priiril^.e d^àJiDiiOiiiAQOC on cbnlie k tlaekte le titre de Pnenr de l^Êpinay ; mais il n'en ionlt pai^ lon^^eras ; le béntf ce lui fut dispnté , il n'eti retiia pont tout fniit fa'vi pr^eèf qae ni Hli ni ac^ )^g<^s ti'eiiteti^reuc JHuia , coflHtte il le dit dws la ftffMt de» PlAi- DtVKS , dont ce pM«ëa fiit en futiUe Toccaéion où le prétexte.

BâiTA.9inct78 stSniit de]éi%a Airt}ROiirAQtJË,siftis la deatiaée ne (nt paa antti benreuse. Soit que lea amia de ConleiBe, \Ka^ etehnifa aans doaCe ^ et par •oe suite de cette intotérance qni domine phis on ÉMmiB dans tonlea \ti opinions y ^ekfft'en iioit l'objet y aient étouffa par lenrs critiques tnidi^nes et iuaidienses la voix presque toufonra faible et timide de la louange ; foit pliftôt <{tte les beautés doUt la pièee de Racine étincdle euaseat un caraclène tr<^ sérère , trop antique pour le tetaia eà elle parut, et qu'il en soit en fillératnrë tconfitne en poétique y On , m^a pour les aie il e ur e s choses, il edl nécessaire que laa esprits soient préparés ; il est certain qu'on ne sentit pas d'abord le nérite de BniTlvl^lCtyf^. Celte pièce , un des plus estimables ouvrages de Racine , a oà Ton tronre , dit Tûhaire , toute l'énergie de Tacite exprimée dans des Ters £gnes de Virgile n , fut reçue très^foidement, et ne r^isnt nkéme que dans un tems où ce succès trop attendu devait peu la ilotter , et ne pouTàit presque rian i^outer k ik réputation.

Il avoue dans sa préface , avec cette candeur et cette modestie qu'on ne trouve que dans les honunes d'un talent supérieur , qu'il doit beaucoup a Tacite , qu'il appeUe même le plus grand peintre de l'antiquité. On voit avec plaisir un juge aussi éclairé , et d'un g«Ât aussi correct , aussi pur que Racine , rendre cette )US' tice à Tacite. Mais ce qui fait seul l'éloge de cet excellent historien , c'est que par-tout où Racine s'est proposé de l'imiter, il est resté au-dessous de lui , et que ces imitations , souvent aussi heureuses que le génie si différent des deux langues le. comporte, et qu'une traduction.en vers le permet, sont peut-être les plus beaux endroits de BAiTANificrs, où, comme Racine le remarque^ « il n'y a presque pas un trait éclatant c(ont Tacite ne lui ait donné l'idée. »

Je n'entrerai dans aucim détail sur les autres pièces de Racine : il suffît d'observer en général qu'elles eurent le sort de tous les bons ouvrages , c'est-à-dire qu'elles furent critiquées avec autant de fiel que d'ignorance par les Zoïles du tems , et )ustement admirées des vrais connaisseurs , les seuls hommes dont le suffrage entraîne tot-ou-tard celui de la nation , et dont la voix se fasse entendre dans l'avenir.

Après avoir donné en six ans cinq tragédies , dont la plus faible est écrite avec une élégance , un charme qui fait presque disparaître ou pardonner la langueur et la monotonie du seul sentiment qui y règne , Racine renonça a la poésie, et termina en 1677 sa carrière

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