‹ ŒuvresChapitre 45 sur 160 · ACTE V, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE II

Du haut de nos remparts j'ai vu descendre en larmes Le peuple qui courait et qui criait aux armes ; Et pour TOUS dire enfin d'où venait sa terreur , Le roi n'est plus , madame , et son frère est vainqueur. Oo parle aussi d'Hémon ; l'on dit que son courage S'est efforcé long-tems de suspendre leur rage , JVIais que tous ses eflbrts ont été superflus. C'est ce que f s(i compris de mille bruits confus.

APTTIGOHB.

Ah 1 je n'en doute pas , Hémoa est magnanime ; Son grand cœur eut toujours trop d'korreur pour le crime : Je l'avais conjuré d'empêcher ce forfait ; Et s'il l'avait pu faire , Olympe , i^ l'aurait fait. Mais, hélas ! leur fureur ne pouvait se contraindrc>. Dans des ruisseaux ^e sang elle voidait s'éteindre. Princes dénaturés , vous voila satisfaits ; La mort seule entre vous pouvait mettre la paix. Le trône pour vous deux avait trop peu de place ; II fallait entre vous mettre un plus grand espace, Et que le ciel vous mît , pour finir vos discords , L'un parmi les vivans, l'autre parmi les morts. Inforlimés tous deux , dignes qu'on vous déplore 1 Moins malheiu-eux pourtant que je ne suis encore , Puisque de tous les maux qui sont tombés sur vous Tous n'en scntex aucun , et que je les sens tous !

Mais pour vous ce malheur est un moindre supplice J. . 8

Qne si la mort vous eût enkvé Polynice ;

Ce princ^ëtait l'objet qui faisait tous vos soins :

Les intérêts du roi vous touchaient l;eaucoup moins.

ANTIGONE

Il est vrai , je l'aimais d'une amitié sincère ; Je l'aimais beaucoup plus que je n'aimais son frères Et ce qui lui donnait tant de part dans mes vœux , n était vertueux , Olympe, et malheureux.

Mais , hélas ! ce n'est plus ce cœur si magnanime , Et c'est un criminel qu'à couronné son crime : Son frère plus que lui commence à me toucher $ Devenant malheureux, il m'est devenu cher.

OLTM^X.

Créon vient.

ANTIGOITE.

n est Êriste , et j'en connais la cause :

Au courroux du vainqueur la mort du roi l'expose* C'est de tous nos malheurs l'auteur pernicieux.

Page 1