ACTE V, SCENE VI
Toiu fennex pour jamais ces beaux yeux que j'adore ; Et , pour ne me point voir , vous les fermes encore ! Qnoiqullémon vous fût cher , vous coures au trépas Bien plus pour m'éviter que pour suivre ses pasi Mais, <lussiex<^ous encor m'dtre aussi rigoureuse^ Ma présence aux enfers vous fût-elle odieuse-, Dât après le trépas vivre votre courroux , Inhumaine , je vais y descendre après vous.
Vous y verres toujours l'objet de votre baîne, £t toujours mes soupirs vous recKront ma peine. Ou pour vous adoucir , ou pour vdRs tourmenter; Et vous ne pourres plus mourir pour m éviter. Mourons donc...
A T T A L E , /ut arracTumt son épée.
Ah seigneur! quelle cruelle envie!
cnf. ON.
Ah ! c'est m'assassiner que me sauver la viel Amour , rage , transports , venes à mon secours , Veoex , et termines mes détestables jours!
De ces cruels amis trompez tous les obstacles ! Toi , justifie , ô ciel , la foi de tes oracles ! Je suis le dernier sang du malheureux Laitis ; Perdes-moi, dieux cruels^ ou vous seres déçus. Reprenez , reprenez cet empire funeste \ Vpus m'ôtez Antigone , ôtez-moi tout le reste : Le trône et vos présens excitent mon courroux ; Un coup de foudre est tout ce que je veux de vous. J. 9
Ne le i-efuses pas a mes Tœux, k mes crimes ; Ajoutes mon supplice a tant d'autres victimes. Mais en-vain je vous presse , et mes propres forfaits Me font déjà sen^ tous les maux que j'ai faits. Jocaste, Polynice, Etéocle, Antigone^ Mes fils que j'ai perdus pour m'élever au trône , ^ Tant d'autres malheureux dont j'ai causé les maux. Font déjà dans mon cceur l'office de bourreaux. Arrêtez... Mon trépas va venger votre perte ; La foudre va tomber , la terre est entr'ouverte ; Je ressens a-la-fois mille tourmens divers , Et je m'en vais chercher du repos aux enf/ers.
( Il tombe tntre Us mains des gardes. ) FIN.
ALEXANDRE