‹ Œuvres La jeunesse de FlorianChapitre 53 sur 63 · A MONSIEUR · texte numérisé non relu

A MONSIEUR

En réponse à des vers,

JL'oBGUEiL, lè seul orgueil est la source féconde De tous les mallieurs de ce monde ;

C'est surtout le pe'ché de certains liieaux esprits. A cliaque instant je me le dis ,

Pour l'éloigner du moins , pour m*empéoher d*entendie

Ces conseils de l'orgueil dont nous sommes charmés ; Mais, hclas ! puis-je m'en défendre, Quand vous dites que vous m'aimez ?

A MADAME ***

J ÀMAis rossignol n'a chanté Chanson si douce et si jolie Que celle où jç suis trop flatté Par une linotte polie.

A son esprit , à sa bonté , J'ai Hen reconnu sa patrie , Ce pays « par moi si vanté , Des t^ens et de la beauté , Où Ton voit l'aimable &>lie S'allier à la gravité, L'aipour à la fidélité,

i4o PIÈCES FUGITIVES.

La valeur à la courtoisie , La dévotion au génie , Et la raison à la gaité ; Témoins Cervinte et compagnie.

J'ose soutenir cependant, ■ En disant tout ce que je pense , Que votre apologue charmant Renferme une erreur d'importance :

Les oiseaux n'ont pas leur vrai nom } Après la fable, par vous faite ; Le rossignol n'est qu'un pinçon , La linotte est une fauvette.

Pardonnez-moi , madame , de répondre en mauvais vers à la plus charmante prose que j'aie lue de ma vie. Ma reconnaissance est trop pressée de vous remercier pour laisser à mon amour-propre le temps de mieux faire. C'est à moi que vous avez fait passer une charmante après-midi. Si cinq ou six contes d'enfans ont pu vous distraire et vous amuser, vous et votre aimable société, c'est une preuve que vous êtes toutes bien bonnes ; et cette qualité-là, qui deyient tous les jours plus rare , malgré les efforts de certains clubs qui cherchent à la propager, ne laisse pas que d'ajouter à tant d'autres plus brillantes que la nature vous a prodiguées.

Je profiterai sûrement , madame , de Ibi permission que madame yotre mère et tous dai-

PIÈCES FUGITIVES. i4i

gncz m'accordcr. J'aurai Thonneur d'aller tous faire ma cour dans ce champ de roses , pu il était bien de votre destinée que vous vinssiez habiter y et je tâcherai de vous dire y en castillan comme en français , combien sont vrais les scntimens de respect et de reconnaissance que vous et votre aimable société m'avez inspirés , et avec lesquels j'ai l'honneur d'être , etc.

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