‹ Œuvres La jeunesse de FlorianChapitre 58 sur 63 · DE MONSIEUR THOMAS · texte numérisé non relu

DE MONSIEUR THOMAS

J E n'ai pn aToirrhonnear , monneiir , de tous remercier plus tôt du nouTeau présent que TOUS aTcx bien Toola me £ûre , parce <jne j'ai été qneiqne temps éloignée Piris , et , dan»

ce moment-ci . je n'j retonme ^e ponr partir encore. Je Tais, dans les proTinces méridionales j chercher nn climat pins donx , qui con- Tient mienx à ma santé qne les brouillards et rhiTcr de Paris. J ai lu, dans cet intervalle , aTCc un Téritable plaisir, le charmant recueil qne tous aTez eu la bonté dç m'adresser. En me préparant à mon TOj'age, j'ai TOjagé ayec Lieu plus de plaisir dans les siècles et les pajs que vouà avez su peindre de couleurs si aimables. J'j ai retrouTé partout ce charme d'une simplicité touchante , qui fait le caractère de tout ce que tous écriTCz ; oik aime à vivre , on voudrait prolonger sa société avec vos personnages, et on les quitte avec regret. Chaque bistoire a sa couleur; les événemens sont variés , et le style est toujours piquant sans recherche. C'est une nature douce et facile , qui s'orne elle-même sans j penser. Cultive», monsicui*,

LETTRE DE M. THOMAS. lig

un talent si nouveau pour nous , et si loin des défauts qu'on reproche aujourd'hui à notre littérature. Fénélon tous aurait aroué pour son élève , et tous ceux qui vous connaissent et qui vous lisent désireraient vous avoir pour ami.

Agréez toute ma reconnaissance pour le plaisir que je vous dois , et l'attachement bien véritable que v^ms in&pirez , et avec lequel j'ai rhonncur d être ,

Monsieur,

Votre très hiuuble et très obéiss^inl serviteur,

TiroMAs.

Au Louvre y u5 septembre 1789.

p[5o LETTRE D'UN JEUNE HOMME.

LETTRE

D'UN JEUNE HOMME (i).

Paris y i8 novembre 1789.

JVloHSIEnil LE Cheyaliea,

J'ai mille choses à vous dire siir votre intéressante Estelle , sur votre vertueuse Galatée , et je ne puis trouver même une seule expression pour vous peindre toutes les sensations délicieuses que j'ai éprouvées en vous lisant. Pourquoi n'ai-je pas vos accens? mon âme , sensible comme la vôtre, pourrait vous rendre tous les mouvemens qui raniipent.

Ma plume maladroite , faible , tremblante , «ffrayée de la multitude de sentimejis divers dont mon cœur voudrait qu'elle vous fît le tableau , dans mes mains reste immobiles; ch bien ! qu'elle vous trace seulement tout ce que je vous dois : le récit de mes douleurs et l'a-

(1) Nous avons cru devoir supprimer le nom , le titre et l'adresse de la personne qui a écrit cette lettre.

(Note âeVÉiiteur.)

LETTRE DTJN JEUNE HOMME. i5t

doucissement que vous y avez apporté , vous feront juger de la grandeur de ma reconnais- . .. aance. , V'*

Je gémissais sur la perfidie d une amante adorée ; je pleurais sur le malheur affreux d'une amie , par moi innocemment causé ; mon œil désespéré contemplait avec effroi le bouleversement désastreux de ma patrie; déjà j étais à ce point terrible où l'existence n'est plus qu'un pesant fardeau , enfin où l'on déteste la vie , quand un ami m'offre vos oeuvres à lire : je les prends avec indifférence ; je comptais les lire de même ; mais que je fus heureusement tiré de cette erreur!

Estelle , Némorin , Galatée , Ëlicio , bergers et bergères de Massane et des bords du Tage ; et vous qui les avez si bien célébrés ; et toi , ô mon ami , à qui je dois le bonheur d'avoir lu le chantre divin de l'Occitanie , voyez tous à vos genoux celui qui, hier, était encore le plus malheureux des hommes , et dont le sort a changé en un instant. Florian, que ne pouvez vous voir les pleurs de joie qui inondent mon visage ; cette muette expression vous dirait mieux que l'éloquence la plus brûlante tout ce que vous m'avez inspiré. Les larmes amères du désespoir étaient les seules qui , jusqu'à présent , baignèrent mes jeux ; aujourd'hui je

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gens couler celles de la consolation ; aujourd'hui je cesse d ctre malheureux , et c'est k TOUS que je dois ce honheur.

Par cette lettre j'ayoue ma dette envers TOUS , mais je ne l'acquitte pas. Il faudrait être un Florian pour rendre un digne hommage à M. de Florian.

Agréez l'assurance de l'estime vraie , de l'atachemcnt sans bornes et du respect profond avec lesquels j'ai l'honneur d'être.

Monsieur le chevalier,

Votre tr^ humble et très obéissant serviteur, etc.

REPONSE DE M. DE FLORlAN. i53

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