XVUI DE LA VIE ET DES OUVRAGES
parmi les belles d'Ëspugoe au de Languedoc, et, à vrai dire, ces dames avaÎÊOt des procédés tout à fait incongrus ea galanterie. Il fallait courir la poste avec ellea ; lui,, délicat^ aimait à voyage en litière i çlle^ brûlaient les retais; lui> badinait volonti^r^ par les bOtelleries. U souffrait là une indigence de conversation qui le rendait le fdus malbeureux du mondes et;^ m sachant que faire de tant de belles fleurs qui édosent chaque mutin dans son esprit, il en compose des bouquets pour W^ de Hamhouillet, ou M"« Paulet, ou W^^ d'Aiguillon :
« Le printemps est ici arrivé quand et quand nous. Nous y trouvons partout des puces et des violettes. Je vous les souhaite toutes de bon cœur; car je serai bien aise, made-^ moiselle» que vous ne dormiez pas trop en mon absence^, et je vous désire tout ce que je vois de beau. »
Ce fut le dernier de ses grands voyages. A partir de cette époque (164S), il ne s'absente guère de Paris que pour aller passer une couple de semaines, soit à Chantilly auprès de Mme la Princesse^ soit à Liancourt chez la duchesse de Liancourt , Jeanne de Schomberg , soit à Ruel chez M«*^ d'Aiguillon. C'est à Huel qu'il improvisa pour la reine Anna d'Autriche ces stances que Mme c|e Motteville trouve « plaisantes et hardies 4 y> et où il ne craignit pas da rappeler te souvenir de Buckingbam ^
Voiture avait su se faire bien venir de cette princesse. En 1643, elle lui fit donner une pension de 1,000 écus sur l'abbaye de Conches. L'année précédente, son ancien condisciple d'Avaux , devenu surintendant des finances , le nomma son premier commis, aux appointements de 4,000 livres, sans qu'il fût tenu, il le dit lui-même, à écrire une panse d'à. Ces pensions et les émoluments qu'il tirait de ses autres charges à la cour, lui composaient, année moyenne, un revenu de dix-huit mille livres environ. «11 seroit mort riche, dit Pellisson, sans la passion qu'il avoit pour le
* Naturellement ces stances, un peu vives, Tarent omises dans le recueil Ues œuvres de Yûiture; mais elles nous ont été conservées heureusement par Huel. Yo^ez t. II| p. 307.