‹ Œuvres: lettres et poésies (volume 2)Chapitre 130 sur 131 · A MONSEIGNEUR LE COMTE d'aLAIS · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR LE COMTE d'aLAIS

Monseigneur, si votre affliction est une affliction publique, et si elle touche généralement tout ce qu'il y a d'honnêtes gens en France, je pense que vous ne doutez pas que je ne la ressente extrêmement, moi que vos bontés ont obligé plus que personne à prendre part à tout ce qui vous regarde. Je sais, monseigneur, combien constamment vous la souffrirez. Mais cela ne diminue en rien mon déplaisir, et ce qui m'en devroit consoler m'afflige davantage. Plus je considère avec quelle force, quelle constance et quelle grandeur d'âme vous porterez ce coup de la fortune, plus j'ai de regret que nous ayons perdu un prince en qui vraisemblablement toutes ces qualités-là dévoient revivre, et en la personne duquel j'espérois que nous reverrions un jour les vertus que je crains que nous ne retrouverons plus désormais qu'en vous. Je souhaite, monseigneur, que nous les y puissions voir longtemps; que la fortune, qui

' Gha?aroche. Voyez plas haut, p. 415.

^ Mss, de Conrart, p. 795. Sur ie comte d'Alais, voyez plus haut, p. 372.

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a si cruellement coupé cette branche, épargne au moins le tronc, et qu'elle respecte une tête aussi chère et aussi précieuse que la vôtre. C'est, je vous assure, autant pour la France que je fais ce souhait-là, que pour moi, qui suis, avec toute sorte de respect et de passion, monseigneur, votre, etc.

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