‹ Œuvres: lettres et poésies (volume 2)Chapitre 21 sur 131 · DE VOITURE. XXXV · texte numérisé non relu

DE VOITURE. XXXV

quelque étendue et écrit sur un ton sérieux. Le roman manque surtout de cette judicieuse économie dont parle Gostar^et je mentionne ce détail parce qu'il est commun à tous les écrits du même genre à la même époque. L'auteur ne laisse jamais rien à deviner au lecteur; toutes les fois qu'un changement doit survenir dans la fortune de Tun des personnages^ il en avertit cent pages à Favance. Le procédé est presque toujours le même. Le héros ou Théroïne se lamentent. L'auteur s'interrompt tout à coup : a De quoi vous plaignez-vous^ Âlcidalis? Réservez ces larmes à une autre occasion; il viendra bientôt un temps où vous aurez plus de sujet de vous plaindre. » Puis vient le sommaire de tout ce qui va suivre. C'est un peu la forme du poëme épique. Cette forme régna longtemps dans le roman. La plupart des romans grecs que nous avons sont des imitations en prose de V Odyssée.

Une perte bien plus regrettable^ c'est celle de la correspondance politique de Voiture. De tant de missions Importantes qu'il remplit en Espagne^ en Italie et ailleurs, il ne reste plus aujourd'hui aucune trace. Cependant, outre les relations qu'il devait envoyer à ses commettants, nous savons par Pellisson qu'il avait laissé plusieurs mémoires autogra{Jhes composés pendant son séjour en Espagne. J'ai fait tous mes efforts pour restituer, autant qu'il était en moi, l'écrivain bel esprit ; mais le négociateur poUtique est tout entier à retrouver.

Paris, 20 octobre 1855.

A. Ubicixi.

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