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943 I^ETTRES OB VQITIIRB.
Sa, '— A MADAME • * * *,
M. de Castelnau se porte bien, M. de Mercœur a été légèrement blessé^ et le marquis de Fors* Ve^t extrêmement.
Je vous loue dç la bonté que vous avez d'avoir soin des morts et des blessés, et je vous en remercie pour la part que j'y puis avoir. Je le fus de nouveau la dernière fois que je vous ai vue; mais en un point que je vois bien que je n'en pourrai jams^is guérir, et qu'à moins de ne bouger plus de votre rqelle et d'être toujours à deux pas de vous, je ne crois pas que je puisse vivre. Sans mentir, madame, c'est une grande imprudence à vous de vous faire connoître aussi aimable que vous êtes à ceux à qui vous ne voulez pas 4e mal. Lorsque je ue voyois que la moitié de vos charmes et de votre esprit, vqus en aviez déjà plus que JQ n'en pouvois supporter. Imaginez-vous en quel état je dois être à cettç heure, Je n'ai pas eu, je vous jure, un moment de repos depuis que je vous^ai laissée. Mais avec cela j'ai tant de satisfaction et tant de joie, que, quand j'en devrois niourir dans ime heure, je ne voudrois pas me plaindre de vous. Aussi bien, puisque vous devez vous en all^r bientôt et que ma vie est me* nacée d'être si malheureuse, je nç dois pas çrahidre de la perdre, et je serai bien aise que vouB me Tôtiez devant que de partir d'ici.
* Mss, de Conrari, p. 468, et Belles-Lettres françaisest Msa. f 61, t. Il, p. 28.
Frère de M"« du Vigcan.
LEITBES AMOUREDSBB. 243