‹ Œuvres: lettres et poésiesChapitre 103 sur 134 · S3. — A MADAME · texte numérisé non relu

S3. — A MADAME

Il vous 6ied fort bien de Hre»

Vous êtes en belle humeur.

Mais quoi que vous puissiez dire, Toiture a bien du bonheur j

Qu'il ne sait pas

tous Tos ébats :

Guilletneite, oh ! là, la ^ la !

Qu*il en aoroit de malheur I

Sans mentir, vous faites des merveilles, et en vers et en pi'ose personne ne vous égale. Pour moi, j^cA suis dans un étonnement le plus grand du monde, et quand je songe quelle innocente vous étiez cet hiver, que vous n'osiez dire les Choses les plus communes et que vous pensiez que sophiste fût une injure, je ne puis comprendre comment vous pouvez faire tout ce que vous faites à cette heure^ et qu'une personne qui n*a jamais lu qu'une comédie puisse être devenue si savante. C^est un miracle que je n'entends point, et quand j'ai ouï les religieuses de Loudun parler latin et greC) je n'ai pas été si étonné que je le suis de vous voir écrire. Je vous supplie au moins^ madame, de ne vous pâd servir à me tromper de cet esprit qui vous est venu : car je vois bien que si vous l'entreprenez, je né l'empêcherai pas. Je vous remets donc sur votre foi, et vous demande seulement que Vous me soyez fidèle jusqu'à cô que vous eU trouviez un autre qui vous aime, qui vous estime, qui vous admire autant que je fais.

* Mss, de Conrart, p. 470, et Belles-Lettres françaises, Mss. 161, t. II, p. 30.

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