A MfONSEItilTEirR LE BUC 0E LA tRÉMOUlLII
Wonseigneftf, vous fié vous conteniez pas de rfte faire toujours de nonteatfx bienfaits; c'est toujours avec do nouvelles grâces,- el vo(*s les accompagnez de dircoT)siari6es si obligeantes, qn'H faut afouer q'iif'il n'Jr à qUè iféus kù ïtiàtiâe qin \ë sache faire de la sorte. Je vous ferids, monseigneur, rtfiîlle (rès-humbles remerciements de toutes les bontés qu'il vous plaît avoir pour moi. Je voudrois bien, avec la démission de mon neVeu que je vous envoie, vous pouvoir èn-
' Henri de ta Trémouille, prince de tarente, néàThouars en 1C30, mort enr t673.
AU DUC OË LA TREHQUILJ.Ë (1645). i?
/oyer un acte public de ma reconnoissance, par lequel je puss^ iémoigner à tout le ntânde, et la grâce que vous m'avez faite, et le ressentiment avec lequel je l'ai reçue. Mais cela ne se pouvant pas, je vous supplie très-humblement, monseigneur, de vous contenter de Passupanee qiue je vous donne ici, que je serai toute ma vie à vous avec toute la fidélité que je dois, et que rien pe sera jamais si avant dans mon eoeur ni dans raen esprit, que la mémoire de vos bienfaits. Quoique je sache, au reste, que le jugement que vous faites des vers que je vous ai envoyés est trop favorable pour moi, je vous avoue que je ne me puis empêcher d'en avoir beaucoup de vanité. Ce que vous me faites l'honneur de m'en mander, et ce qu'il vous a plu écrire de moi à M™« votre femme, me touche plus sensiblement que je ne le vous saurois expliquer. A dire la vérité, il n'y a rien de plus obligeant. Je suis si peu intéressé que je préfère l'honneur de votre approbation à tout le bien que vous m'avez fait, et à tout celui que vous me sauriez jamais faire. Cependant vous me permettrez de vous dire, monseigneur, que les louanges que vous me donnez sont telles, et écrites en tels termes, que j'aimerois mieux savoir louer ainsi, que d'être loué de la sorte, et que je serois plus glorieux de les avoir données, que de les avoir reçues. Je tâcherai à m'en rendre digne le plus qu'il me sera possible; et si je ne le puis d'autre sorte, je m'efforcerai au moins de mériter l'honneur de votre bienveillance, par la fidélité parfaite et le respect extrême, avec lequel je serai toute ma vie, monseigneur, votre, etc.
28 LETTRtS DE VOITLl;E.