A LA MÉME
C'est le vrai moyen de redoubler mes peines que de me faire entendre que vous en avez ; et moi qui jusqu'ici ai supporté les miennes avec tant de patience, je doute si je pourrai souffrir les vôtres. Mais de quelque sorte que ce soit, je ne puis trop endurer, puisque c'est pour l'amour de vous ; et les deux mots, que dans votre billet vous avez ajoutés hors du rang des autres, me doivent tout rendre supportable et me feroient courir gaiement au martyre. Je crois que vous-même n'en doutez pas, et que vous êtes assez assurée de ma résolution, puisque, après m'avoir averti du mal que vous me voulez faire, vous attendez que de moi-même j'aillQ le recevoir, et qu'après dîner je me rende volontairement en un lieu où mes peines doivent être redoublées. Cette menace pourroit donner de la crainte à un autre, et feroit songer un plus sage que moi à se mettre en sauveté; mais quelque péril que j'y voie, il n'y a pas de moyen de ne vous pas obéir, ni qu^ayant rhonneuc
^ Mts, de Courarl, p. 486. — Celle lettre e»l joîolc à Itt précédente sur la copie de Gonrarl.
184 LETTREE DE TOITURE.
de VOUS connoitre si bien que je fais, je me puisse empêcher d'être, votre, etc.