‹ Œuvres: lettres et poésiesChapitre 64 sur 134 · A LA MÊME · texte numérisé non relu

A LA MÊME

Il étoit temps que je songeasse à ma conscience , et ce tut heureusement pour moi que je ils hier une par-

^ Var. Par quels chdmins.

3 Mss. de Conrart, p. 490.

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lie de ma oonfession ; car je n^avois point encore été si malade qu'aujourd'hui, et mon mai augmente de sorte, que si j'eusse différé davantage, je crois que je fusse mort en mauvais état. Au moins, dans l'accès où se trouve mon esprit, et dans les inquiétudes qui l'affligent, je vois bien que les rêveries le vont prendre, et je n'espère pas que je puisse jouir encore une heure de mon bon sens. Ce qui me le persuade le plus, c'est que, parmi les déplaisirs et les ennuis qui me devroient accabler, je ne puis être extrêmement triste, et que je me trouve moins affligé que de coutume, quoique je sois au pire état où je me vis jamais. Je perdis l'autre jour ainsi un de mes amis, à qui l'excès de son mal en 6ta le sentiment : les songes le faisoient rire dans les angoisses de la mort, et ses imaginations lui donnoient du repos pendant que la fièvre le tuoit. Je vous supplie de ne me point envier une fin pareille à cellelà, et puisqu'il ne me reste pas encore huit jours à vivre, souffrez que je les achève en cette sorte. Cela étant, j'avoue que vous êtes plus pitoyable que je ne croyois, et moi plus heureux que je n'avois espéré : car une si folle entreprise que la mienne ne devoit pas avoir un succès si bon, et, après avoir fait une si grande faute, je n'espérois pas d'en mourir si tôt ni si doucement. Je vous demande pardon. Je pensois ne vous écrire que ce qui touche votre amie, et je viens de m'apercevoir que je ne vous en ai pas dit un mot. Je vous supplie très-humblement d'ordonner d'elle et de moi ce qu'il vous plaît, et que je sache quand vous voulez que j'en aille ouïr l'arrêt. Je vous supplierois que ce fut dès ce soir, mais j'ai crainte de voua être

importun, et je ne sais pas où je vous trouverois après dîner.

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