‹ Œuvres: lettres et poésiesChapitre 87 sur 134 · A LÀ iiâiis · texte numérisé non relu

A LÀ iiâiis

[k Amieutt]

Parmi tant de paroles vous en pouviez bien meltre quelques-unes de celles que je vous avoi« écrites avant* hier; mais je vois bien que l'on ne vous peut rien apprendre et que vous li^êtes pas corrigible. Quelque assurance que j^en aie, je ne laisserai plis de vous aller trouver ce soir : par là, vous pouvez voir que je ne le suis pas plus que vous, puisque tout le mal que vous m'avez fait ne m'a encore pu faire résoudre à vous fuir. Mais je ne puis guère être pis, et en l'état où je suis je ne dois guère craindre de me hasarder. Il me coûta l'autre jour bien cher de vous avoir vue. Le retour de votre santé a troublé extrêmement Tétat de la mienne, et W^^ d'Attichy est revenue elle-même pour se venger de ceux qui s'étoient moquéà de son ombre. Hais ne soyez pas trop cruelloa vous qui ave^ dit de si belles choses contre ceux qui se vengent; et ayez pitié à ce soir d'une personne abattue et que vous pouvez perdre, si vous voulez.

Je ne sais si c'est ce soir, ou demain au soir^ que vous voulez queje vous voie; mandez-'le-moi, s'il vous plaiti tout à cette heure, ou à midi, par un mot que l'on donnera à mon père (mais il est plus sûr àcette heure),

' Mss. de Conrari, p. 521. — Classée par M. Û6 Monmèrqué à la suite de la leUre 29 des éditions (36« de eelle«ci).

LBnRBB ANOURBUSeS. S99

Qt faiieshinoi savoir, sHl vous plait, lequel sera le mieux, à i^pt hQUFes ou à dix. Il me seroit plus commode à di^^.

38, r- A CÏ.TMÈNIÎ s

Je vois bien que je ne sortirai jamais de vos mains, et que tous les desseins que je fais de m'en tirer sQnt inutiles. Gomme vous me faites tous les jours quelque nouveau dépit qui me donne envie de me révolter, je découvre en vous de jour en jour quelque nouvelle grâce qui me retient, et à mesure que mes déplaisirs s^accroissent,vos charmes s* augmentent et mes chaînes se redoublent. Après avoir fait d'extrêmes efforts pour résister à tout ce que je connois de beau dans votre personne et dans votre esprit, il arrive que, quand je vous vois, j'y trouve quelque beauté que je n'y avois point connue et contre laquelle je ne m'étois pas préparé ; et il y a en vous une si grande diversité de choses aimables quHl s'en rencontre toujours quelqu'une contre laquelle je ne me puis défendre.

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