‹ Œuvres: lettres et poésiesChapitre 99 sur 134 · a la même · texte numérisé non relu

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Voyez, je vous supplie, quelle est la force de vos enchantements, puisqu'en l'état où je suis, ils font que je ne sens pas mon mal, et qu'étant sur le point de recevoir le plus grand déplaisir qui me puisse arriver, je ne laisse pas d'être le plus heureux homme du monde. Tout ce qu'il y a sous le ciel de beauté, de grâces, d'esprit et de gentillesse me doit laisser dans

' Ms8. de Cfmrari, p. 472, el Belles-Letires françaises, Mes. 151 , t. II, p. 32.

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t rois jours, et même tout ce qu'il y a de bonté, de douceur et de générosité. Je sais que tout mou bien et toute ma joie, mon cœur et mon âme, s'en doivent aller en même temps, et parmi cela, je ne laisse pas d'avoir de bonnes heures; et. si je n'ai bien dormi cette nuit, je puis dire au moins que je l'ai bien passée. A dire le vrai, il suffit d'avoir un moment en sa vie comme j'eus hier toute une après-dtnée. Le seul ressouvenir de la félicité où je me suis vu me doit consoler de toutes choses, et quand je ne l'aurois que songée, ce seroit assez pour me rendre toujours heureux. Voilà la seule pensée à laquelle ma vie tient à cette heure, et qui la défend de tant de sortes de déplaisirs qui la menacent. Puisque tout ce qui me reste de bonheur n'est fondé que sur la créance que vous m'aimez un peu, faites, je vous conjure, qu'elle me dure quelque temps, et n'enviez pas ce contentement à une personiie qui doit bientôt avoir tant de maux.

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