‹ Œuvres: lettres et poésiesChapitre 98 sur 134 · A MADAME · texte numérisé non relu

A MADAME

Le canon d*Arras n*a pas fait tant d'effets que les pa-

' Mss, de Conrariy p. 477, et Belles-Lettres françaises^ Mss. 151, l. II, p. 37.

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raies que vous m'avez écrites, puisqu'en un moment elles ont ebassé les ennemis qui me tenoient et qui étoient près de m*ôter la vie. Hier, au sortir de chez vous, je fus attrapé par une troupe de soupçons, de craintes, d'ennuis Qt de jalousies, et votre lettre a défait tout cela. Ils me poursuivirent jusque dans mon logis, et ne m'ont pas laissé cette nuit un moment de repos. Sans mentir, vous punissez ceux qui vous fâchent bien mieux que ne feroit M °^^ la marquise [de Sablé], et en me ipettant^ans la tète tout ce que vous m'y mettez, vous vous vengez bien plus que si vous me la fendiez en 4eux. Imaginez-vous que tout ce qu'il ; a de joie et de déplaisirs au monde est, à cette heures ensemble dans la mienne, toutes sortes de satisfactions et de mécontentements, et la plus grande amour qui fût jamais avec la plus extrême défiance. Débrouillez, s'il vous plaît, tout cela, madame, et puisque je n'ai plus que trois jours à vivre, faites du moins que je les passe en repos.

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