PÉDALES
Les pédales, destinées d'abord à nourrir rharmonie des claviers manuels, et maintenant à dialoguer qu elquefois avec les autres parties, et à chanter même comme solo , les pédales doivent toujours s'identifier avec les jeux auxquels elles viennent s'adjoindre. Ainsi, les pédales de trompette, de clairon, de bombarde, s'identifieront parfaitement avec le grand-chœur dans les effets de sonorité majestueuse et d'éclat , comme avec le plein-jeu à l'harmonie large et pui ssante , tandis que les pédales de flûtes et de bourdons ne seront bien placées que dans les jeux doux. Cependant quelques organistes emploient ces pédales dans le grand jeu et les joignent aux pédales de trompette et de clairon ; ils obtiennent, par ce moyen, plus d'ampleur et plus de moelleux dans les basses.
Il y a encore diverses combinaisons de mélanges de jeux, au moyen desquelles on forme des duo^ des trio, des qucUuors, etc. On peut consulter, à cet égard, les méthodes spéciales, ou, mieux encore, s'inspirer des effets qu'on veut produire et des éléments de sonorité et de combinaisons que l'instrument qu'on a sous la main peut vous fournir. Le génie de l'organiste, s'il en a, doit s'étendre jusqu'à la régistra-
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tion. Dans la facture moderne ses ressources sont immenses.
C'est ordinairement sur le grand jeu qu'on exécute les fugues, mais on peut les rendre néanmoins sur les jeux de fonds ou tout autre combinaison.
Nota, — Dans nos longues années de professorat, il nous fut demandé souvent d'initier certains élèves de piano ou d'harmonie à la connaissance et à la pratique de Torgue. C'était une étude spéciale qu'il s'agissait d'entreprendre, quant à la musique propre à cet instrument et à la manière de la rendre; c'était aussi quelques notions théoriques inhérentes à Finstrument lui-même qu'il fallait communiquer. C'est dans ces circonstances que nous traçâmes sommairement les quelques lignes qui précèdent.
Les méthodes élémentaires d'orgue étaient alors extrêmement rares; de plus, elles étaient très-volumineuses et d'un prix fort élevé, parce que ce genre d'ouvrages n'était guère destiné qu'aux élèves qui travaillaient sérieusement à devenir artistes et à acquérir par tous les moyens un vrai talent, digne en tous points de la haute mission morale de l'organiste, digne aussi de la beauté et de la richesse de ce roi des instruments. Telle n'était point tout à fait l'intention des élèves qui nous demandaient nos conseils. Aussi, nous pensâmes qu'une note succincte sur cette théorie, jointe à l'application qui en serait faite sous nos yeux, suffirait pour cet objet. Nous devons déclarer ici que l'expérience réitérée nous a démontré la justesse de nos prévisions : avec ces simples notions et quelques leçons pratiques sur l'orgue, le résultat ne se faisait point attendre.
Le cultivateur actif se plaît à visiter souvent le champ qu'il a préparé et ensemencé avec soin en vue d'une abondante moisson ; de même, nous aimons à nous souvenir
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des noms (4) de nos anciens élèves : notre champ intellectuel et artistique à nous , où nous avons semé scrupuleusement pour le progrès futur de l'art sérieux, objet de nos travaux, de notre ardent amour et de nos plus chères espérances.
(l) Par discrétion nous croyons devoir taire ces noms.