AVIS DE L'ÉDITEUR
M. Benjamin Kien , dont nous publions les OEuvres , est un écrivain assez fécond , bien quil ne s'occupe de littérature qu'accessoirement , et dans ses moments de loisir. Dès l'âge de 1 7 ans, il éprouvait déjà les instincts de la littérature , et publiait , en 1840 , à Douai , où il faisait ses études, un petit livre de vers intitulé : Fleurs du Matin , qui doit encore se trouver dans quelques bibliothèques douaisiennes . Ce premier opuscule ne renferme que des essais poétiques assez faiblement tracés et qui accusent le jeune âge de V auteur. Aussi n'eut-il aucun retentissement.
Depuis, la main du poète s'est raffermie ; et sa plume retrace ses pensées d'une manière plus nette et plus vigoureuse. Nous n'en voulons pour preuve que sa traduction d'Horace en vers. C'est donc avec une certaine confiance que nous livrons au public cet ouvrage , qui a
d'ailleurs un but philantropique , puisqu'il est édité au profit des salles d'asile de Douai.
On s'étonnera peut-être que M. Benjamin Kien fasse publier toutes ses œuvres en province. Mais cet écrivain est surtout ennemi de la centralisation parisienne , qui lui paraît, sous tous les rapports, un monstrueux monopole. Il préfère un succès de famille à ceux qu'il ne pourrait obtenir à Paris que par l'intrigue ou la dépendance. A ce titre encore , na-t-ïl pas droit aux encouragements de /'Athènes du Nord? Nous le pensons, quant à nous. Ç est pourquoi nous éditons avec plaisir l'ouvrage de M. Benjamin Kieny espérant que le public voudra bien nous savoir gré de nos efforts*