‹ ŒuvresChapitre 27 sur 35 · partie que de la poitrine, et l’on parvient trés · texte numérisé non relu

partie que de la poitrine, et l’on parvient trés

bien à entretenir la vie dans la poitrine seule et

isolée, après avoir retranché les parties antérieures

: - et les postérieures, et prévenu l’hémorragie par

des ligatures convenables, et cela sur des lapins âgés de trente jours et au-delà.

Tels sont les principaux fécilats des recherches de M. Legallois. Ces résultats, qui sont tous amenés les uns par les autres, et qui se pré-

‘tent un mutel appui, sont fondés sur des expériences directes faites avec une précision que la physiologie ne connaissait point encore. Nous allons

maintenant rapporter celles de ces expériences que Vauteur a répétées devant nous. Nous avons employé à ces répétions trois séances, chacune de :

plusieurs heures; et pour éviter toute précipita-

(247 ) on, et nous donner le temps de peser les faits à loisir, nous avons nus une semaine d'intervalle

entre chaque seance,

ExPÉRIENCES répétées devant la Commission de l'Institut.

Nous les distinguerons en deux paragraphes, Le premier comprendra celles qui tendent à prouver que le premier mobile de tous les mouvemens inspiratoir es réside dans cet endroit de la moëlle allongée qni donne naissance aux nerfs de la huitième paire. Dans le second, nous rapporierons celles dont l’objet est de faire voir que les forces du cœur ont leur principe dans la moëlle épiniere,

| FN S 7. Expériences relatives au principe des mou-

vemens in sp tratoires.

2 | : : a A Le . 4 ° °

… L'auteur a pris un lapin âgé de cinq à six jours; ST , QUES . .

il a détaché le larynx de los hyoïde, et mis la gloite à découvert pour qu’on püt en observer les mouvemens, après quoi 1l a ouvert le crâne et extrait d'abord le cerveau, puis le cervelet. Apres cette double extraction, les inspirations ont con- . r V4 e part LAS

tinué ; elles étaient caractérisées chacune par

quatre mouvemens qui se faisaient simultanément ; savoir: un bäillement, l'ouverture de la glotte, Pélévaton des côtes et la contracuon du diaphragme.

Ces quatre mouvemens ayant été bien constatés ; et

( 246 ) | devant durer un certain temps, d’après l’âge de Fa-

nimal , l’auteur a extrait la moëlle allongée; et, à

- l'instant même, ces mouvemens ont cessé tous en-

semble. On a reconnu que la poruon de moëlle allongée extraite s’étendait jusqu’auprès du trou occipiial, et qu’elle comprenait l’origine des nerfs de la huitième paire. |

La méme expérience a été répétée sur un autre lapin de méme âge, avec cette différence qu’aprés l'extraction du cerveau et du cervelet, au lieu d'enlever de prime abord une aussi grande étendue de moëlle allongée , on l’a extraite successivement par tranches d’environ trois millimètres d'épaisseur, Les quatre mouvemens inspiratoires ont continue après l’extraction des trois premières iranches ; mais ils se sont arrêtés tout-à-coup après celle de la quauième. On a vérifié que la troisième tranche finissait à la partie postérieure, et assez prés du pont: de Varole, et que la quatrième embrassait l’origine des nerfs de la huitième paire.

Cette même expérience, répétée sur plusieurs autres lapins, a constamment offert le même résultat.

On a procédé de la même manière sur un chat âgé de einq semaines ; seulement, avant d’enlever par tranches la moëlle allongée, on a coupé les. deux nerfs récurrens. Aussitôt la glotte s’est fermée, et elle est demeurée immobile dans cet état; mais les trois autres mouvemens, savoir : les baillemens, l’élévation des côtes et les contracuons du

diaphragme ont continué, et ne se sont arrêtés qu’au moment où l’on a enlevé, dans la moëlle allongée , l’origine des nerfs de la hiitiomté paire.

Il est évident que si, au lieu de détruire le lieu dans lequel réside le premier mobile dé tous les mouvémensinspiratoires,onse bornait à l'empêcher de communiquer avec les organes qui exécuteént ces MOuUvEmMENS , ON produirait un effet semblable L c’est-à-dire qu’on arrêterait ceux des mouvemens dont les organes ne communiqueraient plus avec le lieu dont il s’agit. C’est ce qu’on vient de voir dans le chat dans lequel la section des nerfs récurrens a arrêté les mouvemens de la glotte ; sans arrêter les trois autres mouvemens. Pour suspen- . dre de même ceux-ci, il suffit de prendre garde par quelle voie leurs organes communiquent avec la moëlle allongée. Or, il est clair que c’est par les nerfs intercostaux, et par conséquent par la moëlle épinière, que la moëlle allongée agit sur les muscles qui soulèvent les côtes, et que c’est par les nerfs diaphragmatiques , et par conséquent encore par la moëlle épinière, qu’elle agit sur le diaphragme. En coupant la moëlle épinière sur les ‘dernières vertèbres cervicales, et au-dessous de l'origine des nerfs diaphragmauques , on doit donc arrêter les mouvemens des côtes, et non ceux du diaphragme ; et en coupant cette moëlle entre l’occiput et l’origine des nerfs diaphragmatiques , on

doit faire cesser à la fois les mouvemens des côtes

; ( 250 ) et ceux du diaphragme : c’est en effet ce qui a heu. L'auteur a pris un lapin âgé d’environ dix jours ; et les mouvemens du thorax ayant été bien examinés , il a coupé la moëlle épinière sur la sepuème vertèbre cervicale, A l'instant , ceux de ces mouvemens qui dépendent de l'élévation des côtes se sont arrêtés ; mais les contracuons du diaphragme ont continué. Il a coupé de rechef la moëlle épinière sur la première vertébre cervicale, et aussitôt le diaphragme a cessé de se contracter; enfin, il a coupé la huitième paire vers le millieu du cou, et les mouvemens de la glotte se sont arrêtés. Ainsi, des quatre mouvemens inspiratoires , il ne restait plus que les bâillemens ; lesquels attestaient que la moëlle allongée conservait encore la puissance de les produire tous, et qu’elle ne l’exerçait sans effet, par rapport aux trois autres, que parce qu’elle ne communiquait plus avec leurs organes, Nous devons observer 1ci que plusieurs auteurs, entre autres Arnemann, avant M. Legallois, avaient remarqué que la section de la moëlle épinière n’arrétait les mouvemens du diaphragme, qu’autant | qu’elle était faite entre l’occiput et l’origine des nerfs diaphragmatiques. Mais ces auteurs regardaient le cerveau comme la source unique de la vie et de tous Les mouvemens du corps. Ils pensaient ; d’apres cela , que la section de la moëlle épinière paralysait à l’instant toutes les parties du corps, dont les nerfs naissalent de cette moëlle au-dessous de la

secuon, et que, par conséqnent, quand la section était faite près locciput, le diaphragme cessait de se contracter , parce qu'il partageait la paralysie de toutes les parties inférieures à la section. Mais M. Legallois a démoniré que la section de la moëlle faite sur les premières ousur les dernières vertèbres cervicales, n'arrête que les mouvemens inspiraioires , et qu’elle laisse subsister dans tout Le corps le sentiment et les mouvemens volontaires. Gette disuneuon est capitale : personne ne l'avait faite avant lu. sie

Ce n’est pas seulement dans les animaux à sang chaud que ces expériences ont les résultats quenous venons d'indiquer. Pour prouver que ces résultats uennent à des lois générales de l’économie animale, et que la puissance nerveuse est distribuée et se régit d’une manière uniforme dans les animaux vertébrés, l’auteur à pris une grenouille, et après avoir fait remarquer que, dans ces animaux qui n'ont m1 côtes, m1 diaphragmes, il n’y a que deux sortes de mouvemens inspiraioires ; savoir, ceux de la glotte qui s'ouvre en forme de losange, et ceux de la gorge, laquelle s’élève et s’abaisse alternauvement, 1l a retranché la moiué antérieure du. cerveau , les deux mouvemens ont continué; il a détruit ensuite environ la moitié de ce qui restait de ce viscère , les mémes mouvemens ont encore continué ; enfin , 11 a poussé la destrucuon du cer-

veau jusqu'auprés du trou occipital, et à l'instant

les deux mouvemens se sont arrêtés sans retour. La moëlle épinière a été coupée dans une autre grenouille sur la troisième vertébre, les mouvemens inspiratoires omt continué. Elle a été conpée entre l’occiput et la première vertebre dans une troisième grenouille , et à l’instant les mouvemens de la gorge, lesquels représentent ceux du diaphragme, se sont arrêtés. Après ces deux dernières expériences, les grenouilles étaient, et sont demeurées bien vivantes et de la tête et du reste du corps; mais elles ne pouvaient plus se gouverner, et elles étaient, à cet égard, dans le même cas que la

première , dont le cerveau avait été détruit.

S Il. Expériences relatives au principe des forces

du cœur.

L'auteur a d’abord prouvé que da vie continue “toujours un certain temps , même dans les animaux à sang chaud , après la cessation totale de la circulation , et que ce temps est déterminé suivant l’âge. Pour cela , il a ouvert la poitrine et excisé le cœur d’un lapin âgé de cinq à six jours, et 1l a fait la même chose sur un autre âgé de dix jours. Dans le premier, les bâillemens ont cessé au bout de sept minutes, et la sensibilité au bout de quatre m1nutes ; à dater de l’excision du cœur; dans le second, les bâüillemens n’ont duré que quatre minuies , et la sensibilité que trois minutes. La moëlle

cervicale et une peute portion de la dorsale ont

{ 253 ) ensuite été détruites sur un autre lapin de même poriée que ce dermier, et aussitôt après l’insufflation pulmonaire a été pratiquée ; mais, maloré ce secours , les bällemens ont cessé au bout de trois minutes, et demue, et la sensibilité un peu après deux minutes et demie, durées qui, comme on voit, coïncident à une demi-minute près, avec celles observées après l’excision du cœur.

Pour prouver que, dans cette expérience, c’est réellement en arrétant la airculauon que la destrucuon d’une partie de la moëlle a fait cesser la vie dans le reste du corps, l’auteur a pris un lapin de même âge encore que les deux dermiers ; 1l a d’abord coupé la moëlle de ce lapin près l’occiput. Après cette section, les carotides étaient noires , mais rondes et pleines, et l’amputation d’une jambe a fourni du sang noir. L’insufflauon pulmonaire ayant été pratiquée, les carotides sont redevenues promptement d’une belle couleur vermeille, et l’hémorragie de la jambe a pris la même couleur. Ces signes ne laissant aucun doute que la circulation continuait apres la secuon de la moëlle prés Pocciput, l’auteur à détruit , sur ce lapin, la même portion de moëlle que dans le précédent. Aussitôt les caroudes ont paru flasques, et bientôt aprés elles étaient vides et plates. Les deux cuisses amputées en moins de deux minutes après la destuction de la moëlle, n’ont pas fourni une goutte de sang. |

La destruction de la moëlle cervicale, pratiquée sur plusieurs autres lapins de vingt à trente jours, a donné des résultats entiérement semblables , c’està-dire , que les caroudes se sont vidées bientôt après; que lPamputation des membres wa point donné de sang; et que, malgré l’imsufflauon pulmonaire la mieux faite, tous les signes de vie n’ont eu que les mêmes durées au plus que celles qu’on observe dans le cas de l’excision du cœur, d’après le tableau que M. Legallois en a donné pour les différens âges, dans son Mémoire.

Mêmes résultats par rapport à la vacuité des carotides, à l’absence de l’hémorragie et à la durée de la vie, après la destrucuon de la moëlle dorsale.

La destruction de la moëlle lombaire sur des lapins âgés de quatre à cmq semaines, a encore donné des résultats semblables, avec cette seule différence que la circulation ne s’est pas arrêtée instantanément comme après la destruction, soit de la moëlle cervicale , soit de la dorsale, mais seulement au bout d'environ deux minutes, et même, dans un cas, au bout de quatre minutes ; ce qui prouve que lPacuon de la poruon lombare de la moëlle sur le cœur, quoique très-réelle et trèsgrande, n’est pas aussi immédiate que celle de chacune des deux autres poruons.

Après avoir prouvé , par ces expériences, que la circulation dépend de toutes les porüons de la moëlle épinière, l’auteur nous a fait voir qu'il n’est

(fan )

aucune de ces portions qu’on ne puisse détruire impunément , si l’on restreint à mesure l’étéendue des parties auxquelles le cœur envoie le sang. fl à pris un lapin âgé de six semaines; et, après lui avoir ouvert le ventre , 1l a lié l’aorte entre les artères cœliaque et mésentérique antérieure , après quoi il a détruit toute la moëlle lombaire. Ce lapin était encore bien vivant, se soutenant sur ses pattes antérieures , et portant bien sa tête plus d’une demiheure après, quand là Commission a levé sa séance, tandis qu’un autre lapin, à peu près du même âge, sur lequel à moëlle lombaire à été détruite, sans lier l'aorte, pour terme de be eu. est mort en moins de deux minutes.

M. Legallois a fait ensuite l'expérience de détruire la moëïle cervicale dont l’action sur le cœur est plus immédiate et bien plus grande encore que celle de la moëlle lombaire, de la détruire, disonsnous, sur des lapins de cinq à six semaines , sans arrêter la circulation. El a d’abord décapité l'ami : mal avec les précantions ordinaires; il à ensuite prauqué l’insufflauion pulmonaire- pendant einq minutes, au bout desquelles il à détruit toute la moëlle cervicale ; il a repris l’insufflation pulmo- “naife aussitôt après , et l'animal est demeuré bien vivant aussi long-temps qu’on a jugé à propos de de continuer linsufflation. La même expérience a été répétée avec le même succes sur deux autres

lapins de même âge! De plus, sur un de ceux-ci,

(AA) cinq minutes après avoir détruit la moëlle cervicale, l’auteur a détruit environ le uers antérieur de la moëlle dorsale ; puis cinq minutes apr es le second üers, et le troisième, cinq minutes encore apr ès. La NE Rn et la vie ont continué après la destruction des deux premiers Uers ; et n’ont cessé qu'après celle du troisième. Durant toute cette expérience , l'insufflition n’a été interrompue que le temps nécessaire , chaque fois, pour détruire la moëlle.

Ces expériences ont conduit M. Legallois à celle bien plus difficile , dont l’objet est de prouver qu’en limitant par des ligatures, la circulauon aux seules parties qui Corr espondent à une portion quelconque de la moëlle, cette portion de moëlle donne au cœur des forces suffisantes pour entretenir la circulation dans ces parties. Il a tronqué, par les deux bouts , un lapin de trente jours; d’une part au niveau de la première vertébre lombaire ; et de l’autre , sur la deuxième vertèbre cervicale ; puis; à l’aide de l’insufflation pulmonaire ,ila entretenu la vie dans cette poitrine de lapin, ainsi isolée. Nous ne décrirons point le procédé opératoire, parce que l’auteur l’a exposé en détail dans son Mémoire. Nous nous bornerons à dire que l’expérience a trèsbien réussi, quoique une artère qui n’avait pu être liée, ait occasionné une hémorragie assez abondante, et qui avait fait craindre pour le succes.

Enfin, M. Legallois a opéré la mort paruelle du train de derrière dans un lapin d’environ douze

(257) jours , en liant l'aorte entre les artères cœliaque et mésentérique antérieure. Au bout de douze m1nutes, la mort paraissant bien complète , 1l a délié V’aorte, et la vie s’est rétablie peu à peu dans tout le train de derrière, au pose qüelanihal a pu marcher avec facilité. Cette résurrection partielle prouve qu'on pourrait de même.en opérer une générale, s’il était possible de rétablir la circulation après l’extincuon de la vie dans toute la moëlle épimère. Mais les expériences de l’auteur démontrent beaucoup mieux qu'on ne l'avait fait avant lui, pourquoi la résurrecuon de tout le corps est impossible. L'auteur à fait aussi, devant nous, des expériences sur Les cochons d'Inde, desquelles 11 résulte que, dans ces animaux , les forces du cœur dépendent pareillement de la moëlle épinière ; seulement il en faut détruire des longueurs plus grandes pour arrêter la circulauon, que dans des lapins de même âge. 54: | Nous terminerons cet exposé des expériences que M. Legallois a répétées devant nous, par celles sur les animaux à sang froid, et dont les résultats sont entièrement opposés à ceux qu’ontobtenus et qu'ont tant fait valoir les plus zélés partisans de Haller, et entre autres Fontana (1). L'auteur à ouvert,

ns ie = si ris

(G) Mém. sur les parties sensib. et irritab. Tom. III, pag. 231. — Traité sur le venin de la vipère, etc. Flo-: rence, 1701. Tom. IT , pag. 169-171.

Ie Partie. . NU

d’une part, le crâne; et de l'autre, la poitrine d'une grenouille, et mis le cœur bien à découvert, puis il a fixé solidement l'animal (1); et pendant qu’un dé nous observait les moüvemens du cœur avec une montre à secondes , il détruisit le cerveau et toute la moëlle épinière, au moyen d’un stylet introduit par l’ouverture du crâne. À l'instant , les mouvemens du cœur se sont arrêtés; ils n’ont recommencé qu'au bout de quelques secondes , et leur rhytme n’était plus du tout le mémesz ils étaient plus fréquens qu'avant la desirucuon de la moëlle. La même expérience faite sur cinq grenouilles, à consianiment donné les mêmes résultats: Les mouvemens du éœur n’ont pas été suspendus le méme nombre de secondes dans toutes, mais la suspension a toujours été très-marquée ainsi que le changernent de rhytme; nous ajouterons que l’'amputation dés éuisses dans des QUE dont la moëlle venait d’être détruite, n’a point fourni de sang , et que les salamandrés décapitées après une opération semblable, n° ont point saigné non plus ;

tandis que; dans l’un et dans l’autre cas, il y avait ‘hémorragie quand la moëlle épinière était intacte.

. Gés expériences nous paraissent éonfirmer come plètement toutes les conséquencés que l’auteur en PO 2 NT NE AN ie

(2) Mém. sur les parties sensib. et irritab. Tom. UT, pag. 233. — Traité sur le venin de la vipère, tom. If, pag: 171 .

| (259 ) a déduites, et par lesquelles il a terminé son Mémoire. Pour nous borner ici aux points principa ux, nous dirons que nous regardons comme démontré , 1°. Que le principe de tous les mouvemens inspiratoirés a son siése vers cet endroit de la moëlle allongée qui donne naïssance aux nerfs de la hui-

tième paire ; - À

29, Que le principe qui anime chaque partie du corps réside dans ce lieu de la moëlle épinière duquel naissent les nerfs de cette partie; 59. Que c’est pareïllement dans la moëlle épimicre que le cœur puise le principe de sa vie et de ses forces ; mais dans cette moëlle tout enuère ; et non pas seulement dans une portion circonscrite ;

4°. Que le grand sympathique prend naissance dans la moëlle épinière, et que le caractère paruculier de ce nerf est de mettre chacune des parties auxquelles 1l se distribue sous l'influence immédiate de toute la puissance nerveuse. |

Ges résultats résolvent sans peine toutes les difficultés qui se sont élevées depuis Haller sur les causes des mouvemens du cœur. On se rappelle que les principales consistent à expliquer, 10, pourquoi le cœur recoit des nerfs; 2°, pourquoi il est sounus à l’empire des passions; 3°, pourquoi il ne l’est pas à la volonté; 4°. pourquoi la circulation connue dans les acéphales et dans les aniñmanx décapités. On se rappelle aussi que jusqu'ici aucune explication n’a pu concilier tous ces points ;

or |

ou du moins ne l’a pu qu’à l’aide d’hypotheses quis comme nous l’avons vu, donnent lieu à d’autres difficultés. Mais maintenant on conçoit très-bien pourquoi le cœur recoit des nerfs, et pourquoi il se montre si éminemment soumis à l'empire des pes sions, puisqu 1l est animé par toute la moëlle épinière. Il n’obéit pas à la volonté, parce que tous les organes qui sont sous l'influence de la puissance nerveuse tout entière, n’y Sont pas soumis. Enfin, la circulauon continue dans les acéphales et dans : les animaux décapités, parce que les mouvemens du cœur ne dépendent pas du cerveau, ou du moins n’en dépendent que secondairement. Nous devons faire remarquer que ce dernier point, sur lequel M. Legallois a (PUR tant de clarté, ne présente que confusion et qu’erreurs dans les auteurs de Vancienne école hallérienne et dans ceux de la

nouvelle. Aucun d'eux n’a disungué les mouve- | mens du cœur, qui ont lieu après la décapitauon, de ceux qu’on observe après lexcision de cet organe, OU après la destruction de la moëlle épinière ; et ils ont pensé que les uns et les autres seraient également capables d'entretenir la circulation. Mais ces mouvemens différent essentiellemententre eux. Ces derniers n’ont aucune force pour entretenir la circulation, ils sont absolument semblables aux faibles mouvemens qu’on peut exciter dans les autres muscles, pendant quelque temps après la mort.

M. Legallois les désigne sous le nom de Moupemens

d’irritabilité,sans attacher, pour lemoment, d'autre sens à ce terme, que d’ exprimer des phénomènes cadavériques.

. Il mous reste une dernière. fiche à remplir; c'est d'indiquer ce qui appartient en propre à M. Legallois dans le travail qui fait l’objet de ce rapport, et ce que d’auires pourraient y revendiquer. ;

Nous pouvons affirmer, sans craindre d’être contredits , que tout, dans ce travail, lui apparent : 1l suffit, pour s’en convaincre, de lire son Mémoire avec attenuon. Le hasard lui a donné l’idée de faire sa première expérience, et c’est elle qui a amené toutes les autres ; chacune d’elles lui ayant été suggérée, et, pour ainsi dire, commandée par celle qui la précédait. En le suivant pas à pas, on reconaît que sa méthode à été son seul guide, et que c'est elle seule qui l’a inspiré; ausst est-ce une chose sans exemple en physiologie,

qu’un travail d’une aussi longue haleine, dans

lequel toutes les parties sont tellement liées, tel-

lement dépendantes les unes des autres, que, pour avoir l’explication enuère d’un fut, il faut re- -monter à tous ceux par lesquels l’auteur y est ar-

rivé, et qu’on ne peut pas nier une conséquence sans nier toutes celles qui précèdent, et sans ébran-

ler toutes celles qui suivent.

On aurait pu s'attendre que dans des recher-

ches aussi nombreuses, et qui, par l’importance

des questions qu’elles embrassent, ont fixé l’attention d’un grand nombre de savans, l’auteur aurait souvent été amené, même en ne suivant que sa méthode, à refaire des expériences déjà connues. Néanmoins, parmi toutes celles qu'il a consienées dans son Mémoire, nous n’en avons remarqué que deux qui aient été faites avant lui: Vune par Fontana et l’autre par Stenon. La première (1) consiste à insuffler et à faire vivre un animal] après l'avoir décapité. Fontana n'avait fait cette expérience que pour donner de l’oxigène au sang veineux, ct l’on $’aperçoit facilement qu’elle était étrangère à notre objet. Comme elle ne se rattachait à rien, et qu’elle ne servait de preuve à aucun point de doctrine, on y avait à peine fait attention, et elle était confondue avec beaucoup d’autres faits d’après lesquels on avait entrevu que même les animaux à sang chaud peuvent survivre à la décapitation, sans qu’on sût, d’ailleurs, qu’elle était la véritable source de leur vie dans cetétat; c’est pourquoi elle était restée à peu près inconnue , excepté dans quelques écoles d’Angleterre et d'Allemagne , et M. Legallois l’ignorait entièrement, lorsqu'il communiqua à la Faculié de médecine de Paris ses premières recher-

ches sur les foncuons de la moëlle épinière. Du k . EE SE

(1) Traité sur le venin de la yipère , etc. Tom.Ï,p. 317.

reste, celte expérience n’a été, pour M. Legal lois, qu'un des moyens dont il s’est servi pour démontrer deux de ses principales découvertes; savoir : que le principe des mouyemens inspiratoires à son siége dans la moëlle allongée, et que celui de la vie du tronc réside dans la moëlle épinière. |

L'expérience de Stenon est celle par laquelle on he, puis on délie laorte ventrale pour montrer que linterception de la’ circulation paralyse les parues dans lesquelles elle à lieu, et que le reiour du sang y ranime la vie : cetie expérience est très-connue, et elle a été fréquemment répétée. Les auteurs qui l'ont faite avaient en vue de prouver, les uns, que la contraction des muscles dépend de l’acuion du sang sur leurs fibres; les autres, que dans chaque partie la sensibilité dépend de la circulauon, et dans l’une et l’autre question elle servait également à prouver le pour et le contre , suivant la manière dont elle était faite. Ainsi, lorsqu'on hait l’aorte ventrale elle-même, le sen timent et le mouvement disparaissaient irés-promp- tement dans le train de derrière (1)3 mais lorsque le ligature était faite plus loin, ei seulement. sur une des artères crurales, quoique dans ce cas k2

circulation fût totalement interceptéedans le mem-

(:) Lorry, journal de méd. an. 1757, pag. 15. — Hal.

ler, Mém. sur le mouvement du sans. pag. 203, exp, 5e. ? S+ pag ;

bre correspondant, le sentiment et 1e mouvement s’y conservaient long-temps (1). Dans cette opposion entre les résultats, chaque auteur ne manquaii pas de s’en tenir à ceux qui favorisaienut son opinion; et il s’y croyait d'autant plus autorisé, que la véritable cause de cette opposition n’était pas connue. | | Enire les mains de M. Legallois, cette même expérience se montre sous un aspect bien différent, et elle prend un sens déterminé. On voit clairement que si le sentiment et le mouvement ne cessent dans lesmembres postérieurs que quand la ligature a été faite sur laorte, cela uent à ce que c’est dans ce cas seulement que la circulation est interceptée dans la poruon de moëlle épinière qui donne naissance aux nerfs de ces membres. Telles sont, parnu les expériences de M. Legallois, les seules, à notre connaissance , QUI poUrraient être revendiquées. Mais, outre que la mamière dont elles font parue de son travail les fui rendent propres, 1l nous semble que les nouveaux points de vue sous lesquels il les a envisagées, et que la précision dans les détails et la clarté dans les résultats qu’il a fait succéder au vague et à Vobscurité qu’elles présentaient, en ont fait des

expériences entierement nouvelles.

(1) Schwekne, hœæmatol , pag. 8. — Les expériences 57 et 58 de Haller, loc. citat. pag. 20 sont du même genre.

(265: ) Nous terminons par quelques mots sur une opinion de M. Prochaska, qu’on pourrait croire conforme à ce qu'a démontré M. Lesallois sur les fonctions de la moëlle épiniére. Cet auteur place le sensorium commune dans le cerveau et dans la moëlle épinière tout à la fois (1) mais il faut prendre garde qu'il pense que la puissance nerveuse est engendrée dans toute l’étendue du système nerveux, en sorte que chaque parue trouve dans ses nerfs isolément pris, le principe de sa vie et de ses mouvemens (2). Il ne considère le sensorium que comme un lien central où aboutüssent et où communiquent les nerfs du sentiment et ceux du mouvement, et qui met en rapport les différentes parties du corps (3). Au contraire, M. Legullois a démontré qne la moëlle ‘épinière n’est pas seulement un moyen de communicauon entre les différentes parties, mais que c’est d’elle que pari le principe de vie et de force qui anime tout le corps. Et ce qui prouve qu’en émettant son opinion, qu'il ne donne d’ailleurs que comme une chose probable (4), M. Prochaska

était loin de soupconner les véritables fonctions

(1) Opera minora. Tom, If, p. 51. Avant lui Marherr, Hartley , etc., avaient eu la même opinion.

(2) Ibid. pag. 82.

(3) Ibid. pag. 151.

(4) Ibid. pag. 153.

( 266 ) de la moëlle épinière, c’est qu’il ne regarde cette moëlle que comme un gros fasceau de nerfs, crassus funis nerveus (1).

En un mot, il nous semble qu’on peut dire des divers auteurs qui ont eu quelques vues sur les matières que M. Legallois a traitées, ce que M. Laplace a dit avec tant de justesse dans une occasion semblable : « On peut y rencontrer quel- » ques vérités, mais elles sont presque toujours > mélées avec beaucoup d’erreurs, -et leur dé- » couverte n 'apparuent qu’à celui qui, les sépa- » rant de ce mélange, parvient à les établir soli- » dement par le calcul ou par l’observauion (2). »

L'opinion de vos Commissaires est que le travail de M. Legallois est un des plus beaux, et certainément Je plus important qui ait été fait en physiologie depuis les savantes expériences de Haller; que ce travail fera époque dans cette science sur laquelle il doit répandre un jour tout nouveau; que son auteur, si modeste, si laborieux, si recommandable, mérite que la classe lui accorde sa bienveillance spéciale, et tous les encouragemens qui pourront dépendre d’elle. Ils n’oublieraient pas d’ajouter que le Mémoire dont ils viennent de rendre compte, est digne d'occu- A he PS DE + CREER PE 0 RTE TER Rene

(1) Opera minora ; pag. 45.

(2) Mém. sur l'adhésion des corps à la surface des fluides ;

dans la Biblioth. britann. tom. XX XIV, pag. 33.

ne 7 per une place distinguée dans le recueil des savans étrangers, si la publicité des découvertes es- sentielles qui y sont consignées pouvait être différée jusqu'à l’époque, peut-être tardive, de l’im- . pression de ce recueil.

Sionés De Huwmsorpr, Harré; Percy, Rapporteur.

La classe approuve le rapport et en adopte les conclusions.

Elle arrête, en outre, que ce rapport sera imprimé dans l’histoire de la classe, et que le comité de la classe se concertera avec M. Legallois pour les dépenses occasionnées par les expériences qu'il a déjà faites, et pour les moyens de les contnuer.

Certifié conforme à l'original ;

Le secrétaire perpétuel, G. Cuvier.

AA VA VU AU VU MU US LA LS AL AV VUE MR AM VU AUS EUR LUE UV AS VUU LU VA LU UV

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