‹ ŒuvresChapitre 3 sur 35 · CN · texte numérisé non relu

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logique et une précision jusque-là inconnue dans la science à

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et « c’est une chose sans exemple en physiologie, disent » MM. les commissaires de Plnstitut, qu’un travail d’une » aussi longue haleine, dans lequel toutes les parties sont tel- » lement liées, tellement dépendantes les unes des autres, » que pour avoir l'explication entière d’un fait, il faut re » monter à tous ceux par lesquels l'auteur y est arrivé, et » qu’on ne peut pas nier une conséquence sans nier toutes » celles qui la précèdent, et sans ébranler toutes celles qui » la suivent. »

Legallois rassembla le résultat de toutes ses recherches sur le principe de la vie, dans plusieurs Mémoires qu’il lut, à différentes époques, à la Société des professeurs de la Faculté de médecine et à la première classe de l’Institut. Ce furent ces Mémoires qui donnèrent lieu à l'éloquent rapport que M. le professeur Percy fit en 1611, au nom de MM. les commissaires de l’Institut ; rapport dont les conclusions sont si honorables pour l'ouvrage , si glorieuses pour lauteur. Legallois refondittous les Mémoires dont nous parlons dans le livre qu’il publia en 1612, sous le titred’£xpériences sur le Principe de la vie. Cet ouvrage fit sensation dans le monde savant, tousles journaux en rendirent compte, etilen parut aussitôt deux traductions , l’une en Italie, et Pautre en Amérique , par des savans de Philadelphie qui, en envoyant leur travail à l’auteur, lui annonçaient le diplôme d’associé correspondant de leur Université. |

L'esprit qui a présidé aux expériences de Legallois semble être celui qui dirigeait les ingénieuses recherches de Lavoisier sur la chimie pneumatique. On trouve dans son livre une méthode plus risoureuse, plus analytique que dans les écrits de Bichat, Et puisque ces deux noms viennent se réunir sous ma plume, on me pardonnera un rapprochement que le lecteur a déjà fait sans doute. Bichat et Legalloïis dataient de

la même époque, ils étaient élèves de la même école, ils ont

(8) | marché vers le même but, mais chacun d’une manière différente, Le premier cherchait, dans les expériences physiologiques, la confirmation de ce que sa tête ardente lui avait déjà fait entrevoir. Le jeune élève de Desault supportait difficilement le doute: il voulut mettre, dans les phénomènes de la vie une liaison que l’état de la science ne comportait pas

encore, et on peut l’accuser d’avoir quelquefois outré les conséquences en torturant les faits pour remplir des lacunes qui fixaient des limites à l’activité de son imagination. Legallois , au contraire, se borna d’abord à l’observation; mais il observa comme l’homme de génie, qui ne voit pas des objets isolés, mais qui saisit le lien qui les unit, et dont l'œil parcourt tous les contours, envisage toutes les faces, sonde toutes les profondeurs. Un cas pathologique, voilà le point de départ de Legallois : il cherche à en déterminer les lois avec précision , mais ces lois sont complexes comme toutes celles de la vie; il faut lés séparer , les distinguer l’une de l’autre; et ainsi de faits en faits , de conséquence en conséquence , il se trouve conduit dans un monde d’idées nouyelles, il est amené à scruter des mystères qui semblaient

au-dessus de l'intelligence humaine :

Undè anima atque animæ constet natura videndum !

Pour ainsi dire enfant de l’art, Bichat, dès ses premiers pas dans la carrière, est guidé par des mains bienveillantes, il se montre digne d’une illustre protection; et , après avois élevé un monument immortel, il meurt à trente-deux ans, laissant derrière lui un vide immense. Legallois lui survit quelques années, comme pour consoler la science de som ‘veuvage. Abandonné à ses propres forces, il était entré plus tard dans la même route , et , riche d’instruction et de faits, il semblait promettre des productions plus mûres, il semblait destiné à perfectionner les esquisses incomplètes de

son brillant prédécesseur ; mais à peine a-t-il jeté quelques

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