‹ ŒuvresChapitre 30 sur 35 · CL · texte numérisé non relu

CL

On prend, avec un compas, la Rae de la . poruon qu ’on veut détruire ; on la porte sur le stylet ; et on l'y. DAraUE avec un fil ; on enfonce ensuite le stylet; jusqu'au fil dans le canal vertébral, en l’introduisant à l’occiput, pour détruire la moëlle cervicale, et entre la dernière: vértébre dorsale.et

la première lombaire , pour détruiré la dorsale ; on

( 273 ) pose l’ongle du doigt indicateur de la main qui uent le ee sur le fil, pour empécher qu'il ne glisse, et l’on s’assure, après l’opération , s'il n’a pas glissé en reportant le compas sur le sy let. L'expérience terminée >alest toujours bon d'ouvrir le canal vertébral , pour constater si la destruction de la moëlle a été bien complète ; des ciseaux suffisent pour cela dans les jeunes animaux jusqu’à ’àge d’un mois et. même au-delà. | ÿ C'est toujours un des deux membres de derrière ‘que J’ampute, pour essayer s’il y aurait hémorragie; je l’ampute avec des ciseaux au milieu du pied, au milieu de la jambe ou au milieu de la cuisse , selon le degré de force que la circulation me parte conserver ; lorsque je la présame arrêtée, J'ampute la cuisse tout d’abord.

Une des pratiques qui exigent le plus d'habitude dans Les expériences mentionnées ci-dessus , et celle d’où dépend tout le succès de la sn de ces expériences , c’est l’insufflauion pulmonaire (1 (as Toutes les fois que le cerveau ne peut plus exercer d'action sur lés organes inspirateurs, soit que la mm gg a ns va Le

(1) Cette opération a été désignée À tort sous le nom d’expérience de Hooke, Long-temps avant cet Anglais, Vesale (*) s’en était servi pour prolonger la vie des animaux dont il avait ouvert la poitrine dans le dessein d’observer les mouvemens du cœur. Parmi les auteurs qui l’ont ensuite reprise

(*) De Batrai corporis fabricà. Basileæ. 1555, p. 824. Je Partie, 16

( 274 ) moëlle allongée ait été désorganisée , soit que la meëlle épimire ait été coupée ou détruite vers son commencement , si l’on a fait en même temps quelqu'autre opération dont on veuille étudier les effets, il est indispensable de souffler de l’atr dans les poumons , pour essayer de prolonger la vie de l'animal , autrement on serait en doute si sa mort serait due à cette opération ou bien à l’asphyxie. Souvent même 1l est nécessaire de recourir à ce moyen, quoique le cervean et le corimencement de la moëlle épinière soient dans toute leur mtégrité; c’est lorsque l’animal est très-affaibh, et qu'il n’a plus assez de forces pour respirer lnimême. Dans ce cas , la circulation continue encore, maïs ’asphyxie ne tarderait pas à la faire cesser. Je ferai remarquer à ce sujet , que le plus faible degré d’acuon de la moëlle épinière, qui soit compatible avec la vie, est celui qui entretient un reste de circulation. Le degré nécessaire pour les dermières inspirations d’un animal mourant, en approche à la vérité d'assez près, mais 1l est toujours un peu plus fort. Dans les animaux adultes, la différence

de ces deux degrés, n’est pas toujours facile à dis-

dans des vues diverses, Goodwin (*) a particulièrement le mérite de lavoir présentée comme le plus puissant remède contre l’asphyxie ; et c’est sur quoi mes expériences ne laisseront, je pense, aucun doute.

(#) La connexion de la vie avec la respiration, traduit de l'anglais

par M. Hallé. Paris, 1708.

ünguer ; mais elle est bien marquée dans les trèsjeunes animaux, C’est pour cela que, quand on asphyxie ces derniers par l’interception de l'air, les efforts d'inspiration finissent tou jours plusieurs minutes avant la circulation , et qu’on peut les rappeler à la vie , assez long-temps apres la cessation entière de Ja respiration.

Les principales conditions qu'on doit se proposer de remplir en pratiquant Pinsufflation pulmonaire, sont d'introduire dans les poumons une quantité d’air proportionnée à leur capacité, ou pluiôt à celle qu’ils recoivent naturellement , de renouveler cet air à chaque insufflation, et de faire un nombre d’insufflations à peu près égal à cehui des inspirations naturelles dans un temps donné. Le succes dépend beaucoup de -l’instrument qu’on emploie; celui dont je me sers est une seringue ordinaire en étain. Cette seringue à un trou situé au bas du corps de pompe, et qui doit étre un peu plus grand que l’orifice de la eanule; de plus, outre l'anneau qui termine la tige du piston, elle en a deux situés au haut du Corps de pompe, l’un d’un côté, l’autre de l'autre : c’est là tout ce qu’elle a de parüeulier. Voici comment on en fait usage : on la prend de la main droïte, en passant le doigt indicateur et l’annulaire dans les anneaux du corps de pompe, et le pouce dans celui du piston; on introduit la canule dans l’ouverture faite préalablement à la

( 276 ) trachée-artère, près et en arrière du larynx; on place l'animal sur le dos, et on le uent par la tête et par le cou; ou, s’il a été décapité, par le cou et par la trachée-artère, avec la main gauche placée par derrière, et dont on ramène le doigt indicateur en devant sur la trachée pour fixer la canule et contenir l'air insufflé; puis on fait jouer le piston en rapprochant et en éloignant alterna- tivement le pouce des deux autres doigts. Pour que, dans ces mouvemens alternatifs, l’air soit réguliérement poussé dans les poumons, évacué au dehors et renouvelé, il faut boucher le trou qui est au bas du corps de ponrpe avec le pouce de la main gauche, pendant deux mouvemens cOnsEcuufs de piston, dont l’un le pousse et l’autre le reure, et déboucher ce même trou en levant le pouce pendant les deux mêmes mouvemens subséquens. En effet, si, lorsque le corps de pompe contient la quantité d’air qu’on veul introduire dans les poumons, on bouche le trou et qu’on pousse le piston, cet air passe dans la poitrine; et si, tenant toujours le trou bouché, on reure le pision , le même air revient dans le corps de pompe. Voilà les deux premiers mouvemens : ce sont l’inspirauon et l’expirauon. Après cela, si on débouche le trou, en levant le pouce, et qu'on pousse le piston jusqu'au fond de la seringue , ce même air s'échappe entiérement par le trou, par lequel 5l trouve moins de résistance que par la canule ;

(277) et si le trou restant toujours ôuvert, on retire le piston, il entre de nouvel air. Ce sont les deux mouvemens subséquens > lesquels évacuent et re- uouvellent l’air du corps de pompe (1).

Il n’est pas possible de dire quelle est préci. sément la quantité d’air qui convient pour chaque insufflaton; car si la quantité d’une inspiration naturelle est si difficile à déterminer dans l’homme, elle l’est bien plus encore dans les animaux : tout ce qu'on peut faire à cet égard, c’est de se guider sur des à peu près. J’ai trois seringues de différentes grandeurs, qui me suffisent pour toutes mes expériences; j'emploie l’une ou l’autre, suivant

l’âge et la taille de l’animal. En voici les dimen- SLODS :

Longueur mesurée Diamètre.

en dehors. intérieur, millim. pouc. lig. millim. lg:

La peute, 77 (2 10). — 18 ( 8 }.

La moyenne, 81 (3 Ju 25: (302% La grosse, dE 87 (1625:

La petite suffit pour les lapins jusqu’à l’a âge de vingt jours ; et elle pourrait même servir beau-

ms

(1) L’instrument qu'employait Godwin était aussi une espèce de seringue ; mais, par une erreur difficile à expliquer, le trou one au renouvellement de lair, au lieu d’ être au bas du corps de pompe , était au tiers supérieur. De cette manière , l’air ne pouvait jamais être renouvelé que très-imparfaitement,

coup plus tard, s1 sa capacité n’était pas diminuée de tout le volume du piston. Dans les prenuers jours de Ja naissance, je borne l’excursion du piston à 6 millim. (de 2 à 3 lignes), et je l’augmente peu à peu avec l’âge de l'animal, Les petites seringues d’étam ont l’inconvénient qu’assez souvent leur canule est trop grosse pour la trachée-artère des lapins nouvellement nés, et suriout pour celle des cochons d'Inde : on y remédie par une canulc en argent qui s’ajuste sur celle d’étam. Gette canule, menue par le bout, doit être conique; et en général , les canules de toutes les seringues destinces à l’insufflation, doivent être coniques et grossir assez prornptement, afin qu’en les enfoncant convenablement dans la trachée-artère, elles puissent la remplir à plein calibre.

J’emploie la moyenne seringue pour les lapins depuis l’âge de vingt jours jusqu’à celui de deux mois et au-dela, et je gradue de même l’excursion du piston; cette seringue me sert aussi pour Les cochons d’Inde adultes.

Je n’ai recours à la troisième que pour les grands lapins ou pour les animaux plus jeunes, qui ont une grande capacité pulmonare, tels que les chiens. Une précaution importante dans toutes ces seringues, c’est que le piston remplisse bien le corps de pompe, et que néanmoins sés mouvemens soient trés-doux et très-faciles;s autrement

( 279 l'insufflation serait fatigante, et l’on ne pourrait pas la continuer long-temps ; d’ailleurs les sac cades, que des mouvemens rudes ne manqueralent pas d’occasionner, produiraient des désordres dans Îles poumons.

Quant au nombre d’insufflations qu'il convient de faire par minute, on ne peut pas l’assimiler enüérement à celui des inspirations naturelles dans les lapins et dans les cochons d'Inde, lesquelles sont en général de plus de 80. Il ne serait pas sans danger de brusquer ainsi les insufflations ; on romprait les vaisseaux du poumon et on ferait exiravaser l'air insufflé. J’en fais ordinairement environ 50 par minute (a).

(a) Il ÿ avait de belles expériences à faire: 1°, Sur la capacité moyenne de la poitrine ( ou des poumons ) dans l’homme:

2°, Quelle est la quantité d'air inspiré à chaque inspiration?

5°. Combien il y a d’inspirations dans un temps donné? 4°. Les variations de cette quantité selon l'exercice ' le repos, la digestion, la veille, le sommeil, la santé 4 la maladie, etc.; 59. La proportion de ces quantités avec les divers états dela circulation ;

à LL OD A

La décapitauon dont on a besoin pour plusieurs expériences , peut être faite de diverses manières, qui se réduisent toutes à lier les vaisseaux du cou avant de retrancher la tête , et à commencer l’insufflauon pulmonaire avant que l’animal soit asphyxié à mort. Il faut se souvenir que l’asphyxie commence à l'instant où la moëlle épinière a été coupée entre la tête et l’origine des nerfs diaphragmatiques, et qu’on doit recourir à l’insufflation pulmonaire d’auiant plus prompiement que l’amimal est plus âgé. Le plus sûr est de se régler pour cela sur les bäillemens ; il y a tout lieu d’espérer que l’insufflauon réussira quand on la pratique avant qu'ils aient cesse. Si quelque circonstance empêche de les observer dans une expérience ; on préjuge l’époque de leur cessation d’après les tableaux de la page 93. Le procédé que j'ai décrit pages 119 et 129 convient spécialement pour les lapins déjà avancés en âge. On peut le simplifier pour ceux qui sont âgés de moins de quinze jours, et qui n’exigent pas qu'on recourre si promptement à l’insufflauon pulmonaire, Voici celui que j’em-

ploie pour ces derniers. L'animal étant placé sur

6°. Les diverses qualités de l’air expiré (d’un homme à un autre ) dans le même temps ;

7°. L'influence de tout cela.sur la production de la chaleur et l’état général de l’économie.

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le ventre , Je Le uens de la main gauche par. la tête; :

Je tends la peau de la nuque entre le pouce et le doigt indicateur de cette main; je reconnais, avec l’indicateur de la droite à travers la peau, l’intervalle de la première et de la seconde vertèbres cervicales, et jy enfonce une forte aiguille à coudre , que je saisis de cette même main, et avec laquelle je coupe la moëlle en travers. Je mets l'animal ensuite sur le dos, et je l’y maintuens en le tenant toujours de la main gauche par la tête, et en accrochant à un clou fixé sur la table l’anse d’une ficelle attachée d’avance à ses pattes postérieures ; Je prends un scalpel de la main droite, et tendant la peau et les parties molles avec le pouce et le doigt indicateur de la gauche, je découvre la trachée-artère et les vaisseaux du cou; je lie la caroude de chaque côté, et avec elle les veines jugulaires externe etinterne, au moyen d’une aiguille à coudre ordinaire, garnie d’un fil (1); je glisse le scalpel sous le larynx, pour le détacher de los hyoïde ; cela fait, je quitie Le scalpel pour prendre des ciseaux avec lesquels je coupe le cou près l’occiput; et c’est alors seulement que je commence

l’insufflauon pulmonaire. Assez souvent on entend

() Des aiguilles légèrement courbes seraient plus commodes; mais | ’ai renoncé à celles des chirurgiens, qui sont tranchantes sur les côtés, parce qu’il m'est arrivé plusieurs fois de couper l’artère avec ces aiguilles.

un bouillonnement dans la poitrine aussitôt apres

la décapitation. C’est un indice que l'air a passé dans les vaisseaux ; l’expérience est manquée. Si Von trouvait quelque difficulié à distinguer les premières vertébres cervicales à travers la peau, on les mettrait à découvert en faisant à celle-ci une incision longitudinale. Je préfère l'aiguille au scalpel pour couper la moëlle épinière, parce qu'elle occasionne moins d’hémorragie.

Il faut avoir l’atienuon , dans toutes les expériences, de choisir des animaux sains et bien porians. S'ils étaient malades, et sur-tout si le froid les avait rendus languissans , les résultats ne seraient plus les mêmes, paruüculièrement en ce qui concerne la durée des phénomènes. Le froid modifie et prolonge les phénomenes de l’asphyxie d’une manière fort remarquable dans les irès-jeunes amimaux ; fait curieux, suscepuble d'applications importantes au fœtus humain , et qui se rattache à la théorie de la léthargie hivernale de certains animaux. Je n’ai fait que l’annoncer à la Société - de la Faculté de médecine (1), je le développerai dans une autre occasion. Si l’on coupe les nerfs de la huitième paire sur des chiens nouvellement nés, mais engourdis par le froid, la température de

l’atmosphère étant à 10 degrés, ils pourront vivre sres » P

(1) Bulletin de la Faculté de Médecine de Paris, 1812. EPA TA

( 283 ) touté une journée dans cet état, sans qu'il soit nécessaire de leur faire une ouverture à la trachéeartère. C’est que leur glotte ne se ferme pas aussi exactement que dans les chats , et que la très-petite quantité d'air, à laquelle elle peut encore donner passage , suffit à l’entretien d’une existence aussi faible. | | |

Quand on coupe la huitième paire sur les cochons d'Inde , et qu’on fait une ouverture à la trachée-artère, ce canal étant étroit dans ces animaux, il est fort difficile d'empêcher qu’il ne se bouche. Il faut y apporter une attenuon éonuinuelle.

J’ai dit que le degré de plénitude des carotides était un signe aussi sûr que commode pour juger de l’état de la circulation, et que leur vacuité annonce toujours que cette fonction a cessé. Mais il arrive quelquefois que ces artères contiennent encore un filet de sang et qu’elles sont plus ou moins arrondies, quoique la circulation soit arrêtée. Pour s’assurer de la vérité dans ce cas, 1l suffit de découvrir une des carotides dans une certaine étendue , et de la presser du bout du doigt en le faisant glisser de la poitrine vers la tête. Si, après avoir ôté le doigt, elle reste blanche et applatie , ou s’il n’y revient un peu de sang que du côté de la tête, 1l n’y a aucun doute que la circulation ne soit arrétée ; car lorsqu'elle subsiste, même au plus faible degré, le sang revient toujours dans la carotide ainsi vidée ,

aussitôt qu’on à Ôté le doigt, il y revient du côté

de la poitrine , et en répétant plusieurs fois la méme épreuve, le résultat est toujours le même.

Lorsque la cireulauon a été affublie par la destruction d’une portion de moëlle épimière, et par toute autre-cause , le degré de pression nécessaire pour applaur la carotide dans uñ point, fait assez bien reconnaître celui de cet affaiblissement. Dans l’état de santé, si l'on presse sur cette artère avec un stylet, 1l faut une certaine force pour l’applaur, et elle ne s’applatit que dans l’endroit pressé ; si l’on passe le siylet dessous pour la soulever, elle demeure cylindrique , même sur le stylet, à moins qu’on ne la soulève beaucoup, et avec effort. Mais, lorsque la circulation est affablie, une pression médiocre suffit pour affaisser cette artère, . non-seulement dans l’endroit comprimé, mais plus ou moins loin des deux côtés en devant et en arrière ; et'en la soulevant avec le stylet, elle s’applaut sur cet instrument et au-delà de chaque côté. On peut ainsi apprécier et comparer, dans les différens cas , le degré d’affaiblissement de la circulation, par la facilité et l'étendue de l’applaussement de la carotide.

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