DU CŒUR
(Dictionn. des Sciences médic. T. V, p. 417. )
Cour, subst. masc. ; en grec zip, ze, xapin; en latin cor.
Le cœur est le principal organe de la circulation du sang. La circulation, suivani la signification de ce mot en physiologie, suppose trois choses, un fluide mis en mouvement, des canaux ou vaisseaux qui le contiennent , et une puissance où moteur qui lui imprime le mouvement : le cœur est celte puissance. C’est un muscle creux, lequel a la faculté de se contracter sur le sang qui vient le remyhr, avec une force suffisante pour pousser ce sang dans toutes les parues du corps. On concoit donc qu’il y a des vaisseaux qui, partant du cœur, distribuent le sang dans toutes les parties du corps pour les diverses fonctions auxquelles il est destiné: ce sont les artéres ; et qu'il y en a d’autres qui, de ces parties, le rapportent au cœur pour le soumettre à une nouvelle impulsion de cet organe:
ce sont les veines. On conçoit aussi qu'il doit y avoir dans le cœur au moins deux cavités qui s’ouvrent l’une dans FPautre, et dont l’une est l’abouussant des veines; l’autre donne naissance au tronc commun des artères. La première de ces cavités : porte le nom d’oreillette; on a donné à la seconde celui de wentricule. Mais une circulation aussi simple, et qui ne consisterait que dans le passage contunuel du même sang à travers les cavités du cœur, des veines dans les mêmes artères d’où les veines l'ont reçu, n’aurait pas suffi pour entretenir la vie, du moins dans un grand nombre d'animaux. Car le sang arrivé aux dernières divisions des artères, dans le système capillaire , y remplit, avant de revenir par les veines, certaines foncüons qui, en lui faisant éprouver des pertes et en altérant sa nature, le rendent impropre à servir de rechef aux mêmes usages. Il revient donc au cœur non-seulement pour recevoir une nouvelle impulsion de cet organe, mais encore pour réparer ses pertes et pour recouvrer toutes les qualités qu’il avait d’abord. C’est le systéme absorbant qui lui fournit, dans le voisinage du cœur, les matériaux destinés à réparer ses pertes, et c’est dans les poumons et par l’action de Pair atmosphérique qu’il va s'identifier avec ces matériaux et reprendre toutes les qualités qu'il doit avoir dans les artères. Il fallait donc qu’une autre puissance,
qu'un autre cœur semblable au premier, fût exclu-
sivement destiné à pousser le sang dans les poumons; il fallait en même temps un autre système de vaisseaux, artères et veimes, par lequel se fit cette circulation, qu’on appelle circulation pulmonaire, à cause de l’organe auquel elle est limitée, et petite circulation par opposiion à celle qui à lieu dans le reste du corps. Enfin, pour que le sang , après avoir achevé son cours dans la grande circulation, pût aller immédiatement se revivifier dans la petite, et que de celle-ci il püt revemir dans la grande , il est évident qu'il était nécessaire que les veines de la grande circulation abouussent au cœur de la petite, et réciproquement que les veines de la petite circulation aboutissent au cœur de la grande; ce qui met les deux cœurs dans une dépendance mutuelle. Cette dépendance a exigé qu'ils fussent réunis et comme collés l’un à lPautre, oreillette contre oreillette, ventricule contre ventricule ; c’est ceite réunion, en un seul organe, de quatre cavités, dont chacune est l’origine ou la terminaison d’un tronc commun de vaisseaux , qui porte le nom de cœur. ‘a
Telle est Pidée générale qu’on peut se faire du cœur et de ses fonetions dans les animaux à sang chaud, lesquels jouissent d’une respiration enuère, c’est-à-dire chez lesquels tout le sang qui revient du reste du corps, doit, avant d’y retourner, passer en entier par les poumons. C’est un musele
à quatre cavités, dont deux oreillettes et deux
ventricules servantà l’entretiendedeux circulations,
Dans les autres animaux vertébrés, mais à sang froid , il n’en est pas tout-à-fait ainsi. Comme 1l n’est pas nécessaire , dans ces derniers, que le sang qui revient par les veines du corps subisse tout entuer l’acuon pulmonaire, et qu'il suffit qu’une portion Jait subie, pour donner au reste auquel elle se méle, les qualités nécessaires à l’entretien de la vie, 1l n’était pas besoin de deux circulations disüncies, ni par conséquent deux ventricules ; :l failait même qu'il n’y en eût qu’un pour que le sang qui revient du poumon püût s’y mêler avec celui qui n’y a pas passé. Parmi ces animaux, il y en a à la vérité (les poissons), chez lesquels, comme chez ceux qui jouissent d’une respiration entiere, il ne va pas une goutte de sang dans le reste du corps qu'elle n'ait d’abord passé par les poumons qui leur sont propres (les branchies), et qui néanmoins n’ont qu'un ventricule au cœur. Mais c’est que , malgré cette disposition, ces animaux n’ont qu’une circulauon. Le ventricule unique de leur cœur ne donne naissance qu’à un seul tronc artériel, c’est l'artère pulmonaire, laquelle se distribue aux branchies par des ramifications qui se réunissent de rechef, pour former au-delà des branchies, un autre tronc qui est le tronc commun des artères du corps. Le sang qui revient des branchies est distribué immédiatement à toutes Les parues du corps
par les subdivisions de ce tronc, sans l’interposition
d'aucun autre ventricule. En un mot, c’est une loi sans exception que dans tous les animaux vertébrés à sang froid, il n’y a qu’un veniricule au cœur. Les uns n’ont en même temps qu'une oreillette , d’autres en ont deux. Les chéloniens , les sauriens , et les ophidiens, ont deux oreillettes , dont l’une reçoit le sang des veines pulmonaires , et l’autre celui des veines du corps. Les batraciens n’en ont qu'une qui reçoit à la fois le.sang qui revient des poumons, et celui qui revient du corps. Les poissons n’en ont pareillement qu’une dans laquelle se rendent les veines du corps. Dans les classes inférieurés ; les mollusques , les vers à sang rouge, et les, crustacés , sont les seuls animaux chez lesquels on ait reconnu une circulation. La forme et la corrélation des différentes parties du cœur sont beaucoup plus variées dans ces animaux que dans les vertébrés. En descendant plus bas dans l’écheile, on ne trouve plus rien de semiblable. Il n’y a point de icirculation , et par conséquent point de cœur dans les insectes, ni dans les zoophytes. Mais je ne dois pas m’arrèter plus long-temps à des détails qui appartiennent proprement à l'anatomie comparée. Si le lecteur.en désire deplus étendus sur cette matière ,iltrouvera dequoi se satisfaire amplement dans le quatrième volume des Lecons d'anatomie comparée de M. Cuvier.
Dans tous les animaux , Soit à sang froid , soit à
sang chaud, les oreillettes sont minces et comme
( 298 ) membraneuses. Au contraire, les ventricules sont épais et charnus ; et comme ils forment à eux seuls presque toute la masse du cœur, et qu'ils sont d’ailleurs la véritable puissance qui met le sang en mouvement, c’est assez souvent à eux seuls qu’on applique Le nom de cœur.
Considérons cet organe plus en détail, en prenant : pour type le cœur de l’homme. Examinons sa position, sa forme, sa structure anatomique dans l’adulte et dans le fœtus, les phénomènes et les causes de ses mouvemens. En décrivant les différentes parties du cœur, et en indiquant que telle parte est à droite et à gauche, en haut et en bas, je supposerai que cet organe est dans sa place naturelle, et que l'individu est debout.
Position, forme et structure anatomique du cœur dans l'adulte. Le cœur est situé au milieu de'la poitrine , entre les deux lames du médiasun. Il y est renfermé dans le péricarde, comme dans un sac fermé de toutes parts. IL est parfaitement hbre dans ce sac auquel il ne tient que par les troncs ariériels et vemmeux, et ün peu par la partie posiérieure des orerllettes; en sorte que ses quatre cavités peuvent jouir de toute la plénitude de leurs mouvemens. Il y est contenu comme les intestins le sont dans le péritoine, et les poumons dans la plèvre, c’est-à-dire que le péricarde, lorsqu'il embrasse les gros vaisseaux, se réfléehit sur
eux vers le cœur en s’amincissant, et se prolonge
ainsi sur toute la surface extérieure du cœur, à laquelle 1l adhère intimement. Le péricarde, ainsi réfléchi, forme la membrane externe de toutes les cavités du cœur, et dans le sac qui contient cet organe, c’est le péricarde qui est en contact avec le péricarde, Si l’on suppose par la pensée que cette membrane soit décollée de dessus la surface du cœur, On aura un sac vide et sans ouverture, à peu près double en grandeur de la cavité ordinaire du péricarde. Dans l’état naturel, la surface interne du péricarde est continuellement humectée par une humeur semblable à celle qui lubréfie toutes les membranes séreuses, et qui était particulièrement nécessaire 1c1 pour prévenir les adhérences, et rendre les mouvemens du cœur plus faciles ; cette humeur est ce qu’on a appelé l’eau du péricarde, sur l’existence, la source, la quantité et la qualité de laquelle il s’est élevé tant d’opinions.
Le cœur a la forme d’un cône comprimé et aplati d’un côté. Il repose sur la partie aponévrotique du diaphragme, de manière que sa pointe tournée en bas, en devant où à gauche, correspond vers le cartilage de la sixième des vraies côtes, le” bord antérieur du poumon gauche étant échaneré à cet endroit, la pointe du cœur y touche, à travers le péricarde, la paroi de la poitrine ; et c’est là pour l'ordinaire qu’on sent ses battemens. Sa base dirigée en haut, enarrière et à doute , répond à la huitième vertèbre dorsale.
Le cœur, à raison de son aplatissement, présente deux faces: l’une est plate et inférieure, c’est celle qui repose sur le diaphragme ; l’autre, qui lui est opposée , est convexe. Ces deux faces sont séparées lune de l'autre par deux bords, dont l’un, tourné à droite et en devant, ést tranchant ; l’autre, tourné à gauche et un peu en arrière, est obtus et arrondi ; celui-ci a moins de longueur que le premier. La face plate a aussi moins d’étendue que la face convexe. Chacune de ces faces est divisée parallèlement à V’axe du cœur par un sillon, lequel correspond à la cloison, c’est-à-dire à Padossement des deux ventricules. Ce sillon se prolonge jusqu’à la pointe du cœur, et y forme ordinairement, par sa rencontre avec celui de la face opposée, une peute bifurcauon. Ces deux sillons indiquent done extérieurement la division des ventricules, compris , l’un entre le plan qui passe par ces sillons et le bord arrondi ; l’autre entre le même plan et le bord tranchant. D’après la direction que je viens d’assiuner à ces deux bords, on voit que ce dernier ventricule est situé à droite et un peu en devant, et que l’autre est à gauche et un peu en arrière. C’est de cette situation qu'ils ont emprunté les noms qu’on leur a donnés. Ainsi, le ventricule qui correspond au bord tranchant a été appelé ventricule, droit , et celui qui correspond au bord arrondi , ventricule gauche; dénominations qui leur conviennent
plus paruüculièrement dans les quadrupeèdes, chez
lesquels l’axe du cœur est à peu près parallèle à celui du corps. Mais d’autres anatomistes, etentre autres Lieutaud , ayant eu égard à ce que dans l’homme le ventricule droit est en méme temps tourné en devant , et le gauche en arrière, ont voulu que le premier s’appelàt simplement ventricule antérieur, et le second ventricule postérieur. Par les mêmes raisons, on a nommé oreillette droite ou antérieure, celle qui appartient au ventricule droit ; et oreillette gauche ou postérieure, celle qui appartient au ventricule gauche. Ces quatre cavités ont encore reçu d’autres dénominations puisées dans les fonctions propres à chacune d’elles, et qui, sous ce rapport, sont d’une application plus générale. Ainsi, le ventricule droit, ayant pour usage de pousser le sang dans l’artère pulmonaire , à laquelle il donne naissance , et d’entretenir la peute circulation, a reçu le nom de ventricule pulmonaire ; le ventricule gauche, destiné à la grande circulauon, et donnant naissance à l’aorte, a recu celui de ventricule aortique. L’oreillette droite a été appelée sinus des veines-caves, parce qu’elle est la terminaison de ces veines , et le réceptacle du sang
qw’elles rapportent ; et la gauche, sinus des veines pulmonaires, parce qu’elle remplitles mêmes usages par rapport aux vemes pulmonaires. Mais plusieurs des anatomistes qui ont. employé ces dernières dénominations , n’ont donné le nom de sinus qu’à la
cavité principale de chacune des oreilleutes, et, à
l'exemple de Boërrhaave ; qui paraît être le premier qui ait fait cette distincuon, 1ls ont réservé le nom d’oreillette pour désigner un prolongement ou appendice; en forme de crête de coq, ou d'oreille de chien, qui s’élève à la partie supérieure de chaque sinus, etqui, dans l’origine , à fait donner le nom d'oréilleite à toute la cavité. Je conserverai dans cet article les anciénnes dénominations d’oreilleties et de ventricules droits et gauches , comme plus généralement connues. ‘
Un collet ou sillon circulaire marque postérieurement la séparation des oreillettes et des ventricules.
Dans l'examen particulier de chacune de ces cavités, je suivrai l’ordre suivant lequel le sang les parcourt. |
L’oréillette droite peut être considérée comme une dilatation des deux vemes-eaves supérieure et inférieure au concours de ces veines dans le péricarde. Néanmoins , ceci ne doit pas être pris dans un sens trop littéral, mais seulement comme une manière de concévoir la formation de l’oreillette , dont la texture est d’ailleurs différente de celle des veines-cates. La veine-cave supérieure ou descendante aboutit à l’éxtrémitésupérieure et postérieure de cette oreillette ; et l’inférieure ou ascendante à sonextrémiémférieureet postérieure. Ondisungue dans l'oreillette droite une parue libre et propre, et une partie pat laquelle elle adhère à l'oreillette
‘ gauche, et qui lui est commune avec cette dernière. La partie libre est formée par deux membranes qui renferment entre elles des fibres musculaires.: L’extérieure de ces deux membranes est formée , comme je l'ai dit , par le péricarde ; l’intérieure est la continuation de celle que tapisse la face interne des veines-caves. La partie qui adhère à l'oreillette gauche est formée par la membrane interne des deux oreillettes, et par des fibres musculaires intermédiaires : cette partie est cè qu’on appelle {a cloison des oreillettes. Vers le bas de cette cloison et entre les embouchures des deux veines-cavés , On remarque üne dépression grande à peu près comme le bout du pouce, et terminée supérieurement par un rebord assez épais, ét un peu plus que demi-circulaire. Cette dépression , resie du trou botal dont il sera fait mention par la suite; porte le nom de fosse ovale, quoique le rebord ; dont je viens de parler, ne forme point une courbe fermée , et qu’il soit entièrement effacé en bas, c'est-à-dire, du côté des veines-caves. Il y a presque toujours sous ée rebord , vers le sommet de sa concavité, une petite ouverture qui pénètre dans l’oreilletie gauche, et qu’on découvre facilement en y promenant un peut stylet parallèlement à la cloison des oreillettes. Les deux côtés de ce même rebord, qui viennent se terminer vérs les veinés-caves , s'appellent, l’un le pilier antérieur, où gauche de la fosse ovale; c’est celui qui est entre
cette fosse et le veniricule; l’autre le postérieur.
L’antérieur est plus épais que le postérieur, et Ton y observe assez souveni des anfractuosités plus OU MOINS profondes. Entre je pilier antérieur et le bord correspondant de l’orifice de la veine-cave inférieure , en avant et 1out près de ces parties, s'élève verticalement et transversalement un repli membraneux , lequel, vu de la pointe du cœur, masque en partie par ses extrémités , d’une part, le pilier antérieur de la fosse, et de l’autre ; Le bord antérieur de l’ofifice de la veine-cave Ce repli, impr Gps ement appelé SRE Eustache, puisqu'il n’a ni la forme , ni la position d’une véritable valvule, et qu'il ne peut point en remplir les fonctions, est formé par une duplicature de la membrane interne de l'oreillette, et par quelques fibres musculaires interposées. Son bord tranchant et libre est falciforme et tourné en haut. La valvule d’'Eustache est proportionnellement plus épaisse dans l’adulte que dans le fœtus, et son bord tranchant est quelquefois réuculaire dans l’adulte.
Prés la cloison des oreillettes, entre la valvule d’Eustache et le ventricule, se trouve la valvule de la grande veine coronaire , laquelle est aussi quelquefois réticulaire chez l’adulie.
L’appendice de l'oreillette droite , ou ce prolongement auquel on a voulu donner spécialement le nom d’oreillette, esi'situé à sa partie supérieure, 1] masque la moitié droite de l’aorte, Des faisceaux
( 305 ) #usculeux forment à l’intérieur de cet appendice des sailliesnombreuses, lesquelles : interceptent des sions de différentes formes et grandeurs. Des saillies et des sillons semblables, mais moins nom- Preux , existent à la paroi de l’oreillette contiguë à D bonds: On n’en voit point sur celle qui fait parte de la cloison des oreillettes. +2 |
L’oreillette droite communique avec son ventricule par une ouverture fort large, de forme ellipuque et dont le pourtour a une densité parücubère, et comme tendineuse. C’est l’orifice auriculaire du. ventricule droit. De la circonférence de cet orifice , naît une valvule formée par le prolongement et la duplicature de la membrane interne de l’oreillette. Le bord libre de cette valvule s'enfonce dans l’intérieur du ventricule. Il est inégalement découpé ; mais On y remarque trois découpures plus profondes que les autres, lesquelles forment trois lambeaux d’ inégale grandeur, terminés en pointe irrégulièrement arrondie , et qui ont fait donner à cette valvule le nom de tricuspide , ou de triglochine > Mot grec qui signifie la même chose.
. Aprés s'être ainsi repliée pour former la valvule
triglochine , la membrane interne de l’oreillette se continue dans l’intérieur du ventricule droit qu'elle tapisse dans toute son étendue.
Pour se faire une idée nette de la figure que présente la cavité de ce ventricule, on peut admettre que la masse et la forme conoïde du cœur
Îre Partie, | ‘it 2
appartient spécialement au ventricule gauche, et que le ventricule droit est engendré par une paroi musculeuse, implantée à son pourtour , excepté à sa base, sur la moîtié du veniricule gauche; en sorte que la paroi par laquelle les deux ventricules sont adossés l’un à l’autre, et qui est ce qu’on appelle leur cloison, semble n’appartenir qu’au ventricule gauche , et qu’elle fasse dans le droit une saillie convexe ou plutôt ovalaire. Suivant cette manière de concevoir la formation du ventricule droit, on voit que l’intérieur de ce ventricule doit présenter deux surfaces, une convexe et l’autre eoncave, lesquelles se réunissent à angle aigu. Il faut observer à cet égard que les deux ventriculés ne sont pas Juxtaposés parallèlement l’un à l’autre > Mais que le droit est jeté de biais, et comme en écharpe sur le gauche. Cette disposition mérite d’étreremarquée en ce qu’elle n’a pas seulement lieu dans l’homme, mais encore dans tous les animaux à sang chaud.
À une certaine distance de la base, l’intérieur du ventricule droit offre ün assez grand nombre de sallies ou colonnes charnues ; dont plusieurs, dirigées de la pointe vers la base de cette cavité, donnent naissance à des filets tendineux, lesquels vont s’insérer et s'épanouir sur le bord hbre de la valvule iriglochine. D’autres sont des éspèces de poutres ou de traverses musculeuses, qui tiennent au ventricule par leurs extrémités, et sont à JOUR dans le reste de leur étendue. D’autres enfin en
( 507 ) | plus grand nombre , sont des saillies plus ou moins grosses, dirigées en différens sens, el intercepiant entre elles des sillons et des cavités, dont la forme et la profondeur varient. É
Oatre l’orifice auriculaire, le ventricule droit en a un autre situé au côté gauche, et à la parue la plus élevée de sa basé, On l’ appelle Por ifice artériel , parce qu’il dome naissance à l’artère ÉD BREE Cet oritice est voilé par le plus grand des trois lam= * béaux de la valvule-trislachine.
L’artèr epulmonaire, àsonorigine, présenté intérienrement trois petites valvules appelées Sigmoides, à cause de leur forme. Ce sont os demi-cercles
membraneux, formés par la du phicatu re de 12 mern-
brane intérne du ventricule. Leur bord convexe |
est tourné du côté du ventricunle ; c’est par ce bord quelles iehnent à l'artère. ban bord droit est flottant et tourné du côté opposé. Ainsi chacune dé ‘ces välyules forme, avec la paroi correspondan Le de Partéré, un cul- de -sac fermé du côtédu ventricule. Les valvules Ve ee se touchent deux à deux aux endroits où s’inscrent les extrémités de leur bord hbre , de manicre qu’elles embrassent tonte la circonférence de l’artère. Ces trois points de contact et d'insertion sont marqués par autant de durillons. Les trois valvules sigmoïces sont distmguées, d’apres leur situation, par les noms ‘d” antérieure , dé LE” ieure Où gauche, de superieure ou droite. L” oreillette gauche pourrait être regardée comme
( 308 ) une dilatation de quatre troncs veineux pulmonaires dont elle est la terminaison. Elle est assez semblable à la droite, à laquelle elle est accollée par la cloison dont j'ai parlé plus haut. Elle est également composée de deux membranes et de fibres musculaires intermédiaires , disposées en différens sens. La membrane externe apparuentau péricarde, l'interue est une conunuauon de celles des veines pulmonaires. Son appendice, ridé et crépu comme celui de l'oreillette droite , est moins large et un peu plus allongé. Il s’élève de sa partie supérieure et voisine de la cloison, etse dirige en devant vers le sillon quipartage les ventricules. A l’intérieur, cet appendice est hérissé de saillies ou colonnes divisées en différens sens, et interceptant des cavités de différentes formes. Le reste de cette oreillerte est généralement assez lisse. On remarque à la paroi qui fait partie de la cloison, un peu au-dessus de l’endroit qui correspond à la fosse ovale, une saillie demi-cireulaire, semblable au rebord qui termine la fosse ovale , mais moins épais, appartenant à un cercle plus petit, et tourné en sens contraire , c’està-dire que sa concavité est en haut, tandis que celle du rebord de la fosse ovale est tournée en bas. Les deux convexités de ces rebords ou salles, opposées l’une à l’autre, sont distantes de sept à huit millimètres dans l’adulte. La saillie demicirculaire , dont il est question ici, formait dans le : fœtus le bord tranchant de la valvule du trou
botal. Ce bord s’est un peu épaissi avec l’âge , eten même temps 1l s’est élevé Le long de la cloison, de manière à dépasser de sept à huit millimètres le sommet du trou botal, ou de la fosse qui le représente. Le plus souvent il n’adhère point à la cloison dans une grande partie de cetespace, etil y forme un cul-de-sac qui a recu le nom de sinus de Morgagni, et au fond duquel se trouve le petit trou de communication des deux oreillettes , dont J'ai parlé en décrivant la droite. L’adhérence ne commence, pour l'ordinaire, qu'aux approches du rebord de la fosse ovale. Dans certains cas, néanmoins , le sinus n’existe pas, il y a adhérence partout, et le rebord saillant est presque effacé.
L’oreaillette gauche est percée de cinq ouvertures; la plus grande est l’orifice auriculaire, par lequel elle communique avec son ventricule; les autres sont les embouchures des quatre veines pulmonaires. Ces embouchures sont situées à la partie postérieure et supérieure de l’oreillette. Les deux de chaque côté sont très-voisines l’une de l’autre, et séparées par un assez grand intervalle de celles du côté opposé.
L'orifice auriculaire du ventricule gauche est à peu près circulaire , et beaucoup plus resserré que celui du ventricule droit. De même que ce dernier , il est marqué par une ligne dense et comme tendineuse, et 1l donne naissance à une valvule:
circulaire , formée par la duplicature de la mein-
brane interne de l'oreillette, et dont le bord libre est dirigé vers le fond du ventricule. Ge: bord, dentelé dans toute son étendue, présente deux découpures profondes qui partagent cetie-valvule en deux lambeaux d’inégale grandeur, et qui lui ont fait donner le nom de valoule mitrale. Les dentelures donneni attache à des cordons tendineux pareils à ceux que nous avons remarqués dans le ventricule droit, mais plus forts.
Le ventricule ganche consütue la principale parue du cœur par: sa forme et son volume. Sa orme est celle d’un ovoïde tronqué par l’extrémité sur liquelle est implantée Poreillette gauche. Son épaisseur est triple, et même quadruple de celle du ventricule droit. Ilest un peu plus long et plus étroit que ce dernier, Sa surface intérieure , concave dans toute sa ciraonférence , est tapissée par la conunuauon de la membrane interne de l’oreilleite gauche. Elle est hérissée partout, excepté à la poruon de la cloison voisine de la base , des co- Iounes charnues dirigées en différens sens, et qui forment des aréoles de diverses grandeurs. Celles de ces colonnes qui sont tout-à-fait détachées entre leurs extrémités, de manière à former des arcades ei des traverses, sont moins nombreuses que dans le ventricule droit. Le plusgrand nombre adhèrent par tout un côté aux parois du ventricule, Vers le ond de cette cavité , et à la paroi opposée à la cloi-
son ; on remarque quelques gros mamelons ou
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tubercules charnus , dont l'extrémité libre est dirigée vers l’orifice auriculaire. Cette extrémité donne naissance anx cordons tendineux qui abouussent au bord flottant de la valvule mitrale, et s’épanoüissent sûr sa surface convexe oti interne. : Dans les animaux, il n'ÿ en a le plus souveñt que deux, dont chacun donne iaissance aux cordons tendineux qui s’insérent à la moitié du grand lambeau de la valvule , plus à la moitié de l’autre lambeau. Dans l’homme , il ÿ en à plusieurs, fais groupés de façon qu’on pourrait de mémé n’en considérer que deux, dont chacun est composé de quelques autres, plus où moins distincts , ét qui
se partagent la valvule de la méme manitre.
Le ventricule gauche, de méme q'e le droit, a deux orifices, l’auriculaire, dont j'ai parlé, et l’artériel. Ce dernier ést masqué par le grand lainheat de la valvule mitrale ; il ést situé entre l’orifice auriculaire et la éloison des ventricüles , tout prés de cette cloison; il donne naissance X lartère aorte. Cette artère est. garmie à son origine de trois valvules, en tout semblables aux valvules S19moïdes de lartère pulmonaire, Mais qu'on désigne plus particuliérément éous lé mom de sémilunaires, pour lés én istingtüér ; Püane est antérieure, Faüire postérieure , et IX uoisième infe- ‘rièuré. On remarque au milieu de létr bord flot tant, un nœud qu’on appéllé slobule d Arañtius,
du non dan änatormisie italien du sétzième sièclé,
(: 312: ) qui passe pour l'avoir découvert, quoiqu'il paraisse que Vidus Vidius l’ait connu avant lui. Il y en a uh semblable , mais moins prononcé , à chaque valvule sigmoïde.
Le uers de la circonférence égalant à peu près le diametre, la moiué du bord libre de ces val- vules doit être à peu prés égale au rayon de l’artère ; et par conséquent, si le milieu du bord libre de chaque valvule est ramené vers l’axe de l’arire, les trois ainsi déployées doivent intercepier le cercle entier de l’artere. Elles l’intercepient d'autant mieux, qu’en général chaque valvule a un peu plus d’étendue que la portion correspondante de l'artère, et que l’espace qui pourrait demeurer vide dans l’axe de l’artère est fermé par la réunion - des globules d’Arantius qui se touchent dans ce point : c’est l’usage qu’on attribue à ces globules.
Derrière chacune des valvules semilunaires , la paroi interne de l’aorte offre un petit enfoncement, lequel donne lieu à une bosselure extérieurement: Ces trois enfoncemens portent le nom de petits sinus de l'aorte. |
Les deux ventricules et leur cloison sont tout charnus ; le gauche, comme nous l’avens dit, l’est beaucoup plus que le droit. Eten général, toutes les partes correspondantes dans les deux côtés du cœur sont beaucoup plus épaisses et plus fortes dans le gauche que dans le droit. Il y a un en-
droit où le ventricule gauche est plus amine, c’est
É Cart) à la pointe : la cloison partage l’épaisseur de ce ventricule , sur-tout vers la base. Le lieu où le ventricule droit est le plus mince, est à la paroi concave à une certame distance de l’orifice auricu — laire ; c’est là qu’on l’a vu quelquefois se rompre. Les fibres musculaires des ventricules ont une disposition tout-à-fait particulière, et qui distingue éminemment le cœur de tous les autres muscles. Elles ne forment point , comme dans ceux-ci, des faisceaux plus ou moins parallèles, et séparés par un ussu cellulaire plus ou moins abondant ; mais elles sont entrelacées immédiatement, et sans interposition de tissu cellulaire, et se croisent en différenssens. Plusieurs auteurs ont pris beaucoup de peine pour débrouiller et faire connaître les différentes directions qu’affectent les fibres du cœur; ils n’ont guéres réussi qu’à donner des descriptions presqu'inintelligibles, Ce qu’il y à de plus certain et de plus clair sur cette matiere, c'est que l’entrelacement de ces fibres forme un üssu très-serré qui donne à la chair du cœur une dureté particulière, et qui fait que, de tous les organes musculeux , le cœur est celui qui, à volume égal, contient la plus grande quantité de fibres musculaires. . | | Cetorgane, comme toutes les autres parties du corps, recoit des vaisseaux sanguins, des vaisseaux lymphatiques et des nerfs.
Les vaisseaux sanguins, artères et veines > por-
(514) tent le nom de coronaires, parce que leurs principaux troncs forment une sorte de couronne à la base du cœur, en parcourant le sillon circulaire qui sépare les oreilleties des ventricules : on les appelle aussi vaisseaux cardiaques {Gh.).
Les artères coronaires sont aü nombre de deux : l’une droite ou antérieure , Vautre gauche où postérieure ; elles naissent de l’aorte , très-près; mais au-dessus du bord libre des valvules semilünaires, qui ne peuvent jamais boucher leurs orifices pendant la contraction des veniricules, comme l’avait supposé Boërhaave pour expliquer comment le relâchement du cœur succède à sa contraction. Ces artères font un angle obtus avec la direction de Vaorte pour se réfléchir vers le cœur. La droite ou antérieure porte aussi le nom d’inférieure, parce qu’elle est située plus infériéurement que la gauche. Le lieu de son origine correspond vers le milieu de la valvule semilunaire antérieure, entre artère pulmonaire et Poreillette droite. Cette artère se porte vers la face convexe où supérieure du cœur, et à droite pour s'engager rmmédiatement dans le sillon qui sépare l'oreillette droite du ventricule de méme nom. Elle le parcourt en se contournant autour de la moiué droite de la base du cœur, jusqu’à ée qu’elle ait rencontré le sillon longitudinal qui existe sur la face plate de cet organe ; arrivée à ce pot, elle quitte le sillon
circulaire pour s'engager dans le Jongnudimal
qu'elle suit jusqu’à la pointe du cœur où elle s’a-
nastomose avec la coronaire gauche. Celle-ci porte
aussi le nom de supérieure ; elle sort de l’aorte vers
le milieu et au-dessus de la valvule semilunaire postérieure, entre larière pulmonaire et loreillette gauche. Bientôt après son origine, cette artère se divise en deux branches, l’une antérieure,
l’autre circonflexe. L’avtérieure se porte directe-
ment dans le sillon longitudinal de la face con-
vexe du cœur, et va communiquer avéc la coronaire droite à l'extrémité de ce sillon. La branche circonflexe s’imsinue dans le sillon circulaire, et se porie ânssitôt à gauche, en parcourant la poruon de ce sillon qui est entre l'oreillette et le ventricule gauches, pour aller gagner la face plate du cœur ; arrivée sur cette face, à une petite distance du sillon longitudinal, elle s’y perd en se pro. longeant vers la pointe du cœur. OMtre les branches antérieure et eirconflexe, lartère coronaire
gauche en fournit quelquefois une troisième près
de son origine c’est la profonde, aue Vieussens , P > q
appelait intérieure. Geite branche’ pénètre dans lé-
paisseur de la cloison des ventricules, et la par-
court dans toute sa longueur : elle n’est aCCOMPA-
gnée d'aucune veine cor respondante. Dans quelques
cas on l’a vue naître immédiatement de Paorte.
- L’artére coronaire gauche est, pour l’ordinaire, plus grosse que la droite. Celle-ci se distribue paruculièrement à oreillette et au ventricule droits,
et la gauche à l'oreillette et aux ventricules gauches; je ne nv’arrêterai pas à décrire tous les rameaux qu’elles donnnent dans leur trajet , ces rameaux ont entre eux de fréquens anastomoses.
Le cœur a beaucoup de veines. Je n’indiquerai ici que les principales, celles qui accompagnent les troncs artériels dont je viens de parler. Ges veines sont la grande coronaire, la moyenne ou la postérieure de Vieussens, et celle du sinus droit.
La grande veine coronaire a son embouchure sous la valvule que nous avons fait remarquer dans l'oreillette droite, entre lé ventricule et la valvule d’Eustache, près la cloison des oreillettes; cette veine s’insinue immédiatement dans le sillon circulaire qui sépare l'oreillette gauche de son ventricule à la face plate du cœur. Elle se porte d’abord à gauche, puis elle se contourne autour du bord arrondi de la base du cœur, en suivant toujours ce sillon jusqu’à ce qu’elle ait atteint, sur la face convexe du cœur, le sillon longitudinal dans lequel elle entre, et le long duquel elle accompagne et recouvre la branche antérieure de l’artere coronaire gauche jusqu’à la pointe du cœur.
La veine moyenne n’est le plus souvent qu'une branche de la grande coronaire, et qui s’en sépare près de l’embouchure de celle-ci; d’autres fois elle a une embouchure et une valvule distinctes dans l’oreillette droite. Quoi qu'il en soit, cette
veine apparent enuérement à la face plate du
cœur; elle accompagne l'artère coronaire droite tout le long du sillon longitudinal de cette face.
La veine du sinus droit a son embouchure dans celle de la grande coronaire, ou bien dans la veine moyenne. Elle marche sous la face plate du cœur, en se portant à droite entre l'oreillette et le ventricule de ce côté, jusque vers le bord tranchant du cœur, le long duquel elle descend vers la pointe de cet organe. Quelquefois cette veine s’'avance davantage sur la face convexe du cœur, et elle s’y anastomose avec la branche de la grande coronaire qui parcourt le sillon longitudinal.
D’autres veines plus petites ont leur embouchure immédiate dans l'oreillette droite. Quoi qu'en aient dit Vieussens, Thebesius et d’autres auteurs, 1l n’est pas prouvé, et il est hors de vraisemblance qu'aucune veine s’ouvre directement dans les ventricules.
On ne remarque point de valvules dans l’intérieur des veines cardiaques.
Les vaisseaux lympathiques se distinguent en ceux qui viennent de la face convexe ou supérieure du cœur, et en ceux qui viennent de la face plate. Les premiers se réunissent en un tronc que . - monte au devant de l’aorte, et se rend dans les glandes qui sont situées sur la crosse de cette artèére; les seconds aboutissent à un ou deux troncs qui s'élèvent postérieurement entre l’aorte et l’arière pulmonaire, et vont traverser les glandes pla-
cées sur la branche gauche, près le bord postérieur et interne du poumon de ce côté, où ils se joignent aux lymphatiques pulmonaires.
Les nerfs du cœur sont très-nombreux ; ils sont fournis par les plexus cardiaques. Ces plexus sont au nombre de trois : lantérieur, le moyen, ou grand plexus cardiaque de Haller, et le postérieur. Les nerfs qui forment ces plexus , viennent les uns de la huitième paire (pneumo-gastrique}); les autres, en beaucoup plus grand:nombre, des deux grands sympathiques. Ceux que donne la huitième paire > naïssent'en partie des troncs de cette paire, les uns un peu avant son entrée -dans la poitrine, les autres après que les nerfs récurrens s’en sont détachés; en parué des nerfsrécurrens eux-mêmes, de la convexité que forment ces nerfs, lorsqu'ils se réfléchissent pour monter au larynx. Le nombre des filets qu’envoie la huitième paire avant son entrée dans la poitrine.est sujet à varier; mais 1l yen a constamment au moins un de chaque côté. Les filets que fournissent les deux sympathiques, partent du ganglion cervical supérieur, du ganohon cervical moyen (ce sont les plus considérables), et des ganghons cervical inférieur et premir thorachique.
Le plexus cardiaque droit ou antérieur se remarque à la parue antérieure et droite de l'aorte, entre l’orerllette droite et Partéré pulmonaire. Le
plexus moyen est situé à la face coneave de la
( 319 ) crosse de l'aorte ; principalement à droite du ligament artériel, au-dessus de la branche droite de l'artère pulmonaire. Le gauche ou le postérieur existe entre la naissance de l'artère pulmonaire et l’oreillette gauche. Le plexus moyen est. le plus considérable des trois, etil contribue à la formation des deux autres. C’est à ce plexus qu'appartient le ganglion mou et transparent, découvert par VVuisberg, et appelé par M. Scarpa ganglion cardiaque: Ge même plexus donne naissance au grand nerf cardiaque , qui, du côté gauche de lartère pulmonaire où il est collé, descend sur la face convexe du cœur, en distribuant des filets au plexus postémicur. Ge nerf parait être eelui que Vesale, et plusieurs anatomistes après lui, ont admis comme le seul nerf du cœur, Enfin, ce plexus moyen est celui dont la compression, supposée pendant la diastole des artères aorte et pulmonaire, était regardée par Boërrhaave comme une des causes qui faisaient cesser la systole des veniricules, et ramenaient leur diastole::.…
Le plexus droit appartient spécialement au ventricule du même côté ; 1l suitles divisions de l’arère coronaire droite, Le plexus gauche accompagne, |
dune mamitre encore plus évidente , les ramifications de la coronaire gauche; et il se distribue comme ceile artère au‘ventricule gauche. Suivant la remarque de M. Scarpa;, ce plexus est plus considérable que le droit, dans le même rapport que
( 320 ) l'épaisseur et la force du A le gauche l’emportent sur celles du ventricule droit.
La tenuité ét la mollesse des nerfs cardiaques 3 qui permettent à peine de suivre ces nerfs dans la substance du cœur, le mode paruculier de leur naissance dans des ganglions et des plexus, suffiraient pour indiquer que la puissance nerveuse ne doit pas s’exercer de la même manière dans le cœur que dans les muscles soumis à sa volonté. C’est à quoi la plupart des physiologistes n’ont pas fait assez d'attention, comme nous le verrons par la suite. Ils ont soumis les nerfs cardiaques aux mêmes épreuvesque ceux des muscles volontaires ; et parce qu'ils n’en ont pas obtenu les mêmes résultats, 1ls ont été jusqu'à nier toute acuon de cette puissance sur le cœur.,
Lecœurestsouvent chargéde beaucoupde graisse à sa surface, sur-tout dans les sujets un peu avancés en âge. Cette graisse est particulièrement ramassée autour des principaux troncs des vaisseaux sanguins ; c’est sur le sillon circulaire de la base du cœur qu’elle existe en plus grande abondance.
Phénomènes des mouvemens du cœur. Telle est la structure anatomique du cœur. Il suffit de la connaître pour concevoir comment cet organe remplit ses foncüons. J'ai dit, au commencement de cet article, que le sang revientau cœur, non-seulement pour y recevoir une nouvelle impulsion, mais encore pour y réparer ses pertes, et pour reformer un
nouveau tout homogène propre à l’entretien de la vie. Voyons d’abord de quelle manière le cœur imprime le mouvement au sang. Toute son action sur ce fluide dépend de ses mouvemens de systole ou de contraction, et de ceux de diastole où de dilatation. C’est par la systole que chaque cavité, se réduisant à la plus petite capacité possible, se vide du sang qu’elle contient, et le force de passer dans d’autres espaces. La diastole n’est qu'un état passif, que la cessation de la systole, C’est le relàchement qui succède à la contraction > et Qui, restituant à chaque cavité toute sa capacité, lui permet de recevoir une nouvelle quanuté de sang, dont elle sedébarrasse de rechef par une Loétié are et ainsi de suite.
Ces mouvemens de systole et de diastole s’opérent constamment suivant un certain ordre dans les quatre cavités du cœur. Les deux oreillettes se contractent toujours simultanément, et pendant leur systole, les deux ventricules sont en diastole. Elles ne peuvent pousser le sang qu’elles contiennent que dans les veines-caves et pulmonaires par une sorte de reflux, et dans les ventricules. Le reflux dans les veines étant limité par le sang dont elles sont remplies, et dont le mouvement est en sens contraire de ce reflux, tandis que les ventricules sont vides et prêts à le recevoir, c’est dans ces dernières qu’il passe presqu’en totalité. Aussi-
tôt que les oreillettes se sont vidées dans les ven- Î" Partie,
tricules, leur contraction cesse, et elles entrent en diastole. Les ventricules se contractent alors, Il n’y a pareillement que deux voies par lesquelles le sang puisse s’en échapper, l’orifice auriculaire, par lequel il est entré, et l’onifice artériel. Mais le premier étant muni d’une valvule circulaire, le sang ne peut refluer vers l'oreillette sans pousser cette valvule devant lui, et se fermer le passage à luimême. Les cordons tendineux qui, du fond de chaque ventricule, vont se fixer au bord flottant de cette valvule, empêchent, d’une part, que le sang versé par les oreillettes ne le colle contre les parois du ventricule, et de l’autre, que celui qui, du ventricule tend à refluer vers l’oralletie, ne la réfoule dans cette dernière cavité. Néanmoins, il y a toujours une certaine quantité de sang qui repasse des ventricules dans les oreillettes; il y repasse entre autres tout celui qui est contenu aur dedans de l'espèce de cône que forme la valvule dans le ventricule. Tout le sang qui n’a pas reflué ainsi dans l'oreillette, est chassé par l’orifice artériel ; et lorsqu’ilest entré dans les artères aorte et pulmonaire, il ne peut rétrograder vers les ventricules sans developper les valvules semi-lunaires et sigmoïdes qui lui ferment le passage.
On voit donc que, d’après l’organisation du cœur et la succession de ses mouvemens, le sang doit continuellement passer des troncs veineux dans les
oreillettes, de celles-ci dans les ventricules , et des
ventricules dans les artères d’où il revient au cœur par les veines.
Les mouvemens du cœur, tels que je viens de les décrire, sont accompagnés de battemens qui se font senur vers le cartilage de la sixième des vraies côtes. Ces battemens sont produits par la pointe du cœur, qui frappe à cet endroit les parois de la poitrine. Il est remarquable qu'ils ptit lieu pendant la systole des ventrieules, c’est-à-dire lorsque ces cavités étant diminuées en longueur comme en largeur (1), 11 semblerait que leur pointe devrait s’écarter des côtes. On les attribue à la répléuon subitedes oreillettes, etsur-tout à celle dela gauche, laquelle, ayant un point d'appui contre les vertèbres, pousse les ventricules en avant; au reflux brusque d’une partie du sang des ventricules dans les oreillettes; et enfin à ce que les artères aorte et pulmonaire tendent à se redresser par la forte impulsion du sang qu’elles reçoivent, et que dans
(1) On a long-temps et fortement disputé dans le siècle dernier sur la question de savoir si les ventricules s’allongent ou s’ils se raccourcissent pendant leur systole. Plusieurs auteurs ont soutenu qu’ils s’allongent en même temps qu’ils se rétrécissent. Il est possible qu’il en soit réellement ainsi dans certaines espèces des classes inférieures, telles que l’anguille. Maïs il paraît bien prouvé maintenant que le cœur se resserre dans toutes ses dimensions pendant je systole , chez tous les animaux à sang chaud.
ce mouvement, elles soulèvent les ventricules, et leur font décrire un arc de cercle (Senac).
J'ai maintenant à indiquer comment le cœur contribue à restituer au sang veineux de la grande circulation les qualités qu'il a perdues dans le ussu des différentes parties du corps. C’est en mélangeant et en amalgamant les parues hétérogènes dont se compose le sang, qu 1] remplit cette foncuon. Il est évidentque le sang artérielfait, dans les diverses parues du COFPS » des pertes relauves à la nature et à la fonction de ces parties. La nature du sang diffère donc dans les différentes veines, comme celle des parues d’où 1l revient. Ces divers sangs vont se réunir dans l'oreillette droite , et conjointement avec les fluides non moins diversifiés que rapporte le système absorbant ; ils forment un tout dont les parues onthesoin d’être inumement mélangées pour constituer ce fluide homogène qui doit étre converti en sang artériel dans la petite circulation. La direction opposée des embouchures des veines-caves , les colonnes et les saillies qu’on remarque dans l’oreillette, le passage du sang de l’oreillette dans le ventricule par une ouverture plus ou moins rétrécie, les colonnes, les poutres et Les traverses charnues du ventricule sont autant de eauses qui contribuent à opérer ce mélange. Mais la plus puissante de toutes parait être le reflux du sang du ventr icule dans l’oreillette. Ce reflux qui se fait avec une force ab-
solument égale à celle qui pousse le sang dans l’ar-
Co )
tère pulmonaire, doit imprimer une vive sécousse à celui qui est contenu dans l'oreillette. Pareille chose a lieu dans les cavités gauches du cœur; souvent l’air n’a point ou presque point d’accès dans certaines parties des poumons , et le sang qui les traverse, revient au cœur avec sa couleur noire. J’ai fréquemment observé des cas de ce genre en pratiquant l’insufflaion pulmonaire sur des animaux dont la poitrine était ouverte. L’air insufflé ne pénétrant pas également dans toute l’étendue des poumons, quelques-unes des veines pulmonatres demeuraient noires, pendant que les autres étaient vermeilles. Le sang qui à échappé ainsi à l’action pulmonaire ne peut participer aux qualités artérielles qu’en se mélant dans les cavités gauches. du cœur, à celui qui les possède, On voit, par ce qui a lieu dans les animaux à sang froid , qu’il peut les acquérir de cette manière. L’orifice auriculaire
| du ventricule gauche étant beaucoup plus étroit que celui du droit, le reflux est moins considérable: de ce côté. Mais en revanche, il se fait avec beaucoup plus de force.
Le reflux du sang des ventricules dans les oreil-. lettes sert à expliquer un autre fait, dont les physiologistes se sont beaucoup occupés; je veux parler: de l’inégale capacité des ventricules.
En réfléchissant à la correspondance parfaite qui existe entre les mouvemens des quatre cavités du
cœur, et à la manière dont elles communiquens.
( 326 ) entre elles, soit immédiatement, soit médiatement par lune et l’autre circulation, on est conduit à penser qu’elles doivent avoir rigoureusement la méme capacité, Lesoreillettes doivent avoir la même capacité que les ventricules, puisqu'elles sont desuünées à les rémplir, et les ventricules doivent avoir la même entre eux, puisque l’un ne peut se vider qu’autantque l’autre peutrecevoir. Cependant, rien n’est moins prouvéque cette égalité. Hippocrate ,ou du moins l’auteur du livre de Corde, avait dit que le ventricule droit était plus grand que le gauche. Les auteurs qui suivirent partagèrent cette oplnion, jusqu’à Lower qui attribua la même capacité aux deux ventricules. Depuis Lower, 1l a régné une assez grande diversité d'opinions à cet égard, l’égalié de grandeur ayant été admise par les uns, et rejetée par les autres. Mais la plus généralement reçue a été que les cavités droites sont plus amples que les gauches, et que les ventricules le sont plus que les oreillettes, du moins dans l’adulie. C'était une chose fort embarrassante que d'expliquer d’où provenait celie inégalité , et comment elle était compatible avec la régularité de la circulation. Helvétius crut en trouver la raison dans la diminution de volume qu’il supposa que le sang éprouve, en traversant les poumons, par Pacuon rafraichissante de l’air atmosphérique. Il se fonda sur cette observation ; déjà fuite avant lui, que la somme
des ouvertures des quaire veines pulmonaires est
' "er )
notablement plus petite que l’ouverture de l’artère pulmonaire ; tandis que pariout ailleurs, dans la grande circulation , les veines ont toujours plus de capacité que les artères correspondantes. Il conclut de ce fait, que la même quantité de sang a moins de volume dans les veines pulmonaires qu’elle n’en avait dans l’artère de ce nom, et que par conséquent, les cavités gauches du cœur avaient besoin d’une capacité momdre pour la contenir que les cavités droites. Cette explicauion, appuyée sur une théorie fausse de la respiration, fut attaquée même avant
que la véritable théorie fût connue.
Michelottu , Santorini , Senac en proposèrent d’autres qui ne parurent pas plus satisfaisantes. M. Sabatier examina de nouveau cette question : 1l pensa que les auteurs-que nous venons de citer avaient voulu expliquer ce qui n'existait pas, et que l’inégalité de grandeur entre les cavités droites et les cavités gauches, ne survenait qu'après la mort, par l'effet de l’accumulatuion du sang dans les cavités droites pendant les derniers instans de la vie ; mais que, dans l’état de santé , cette inégalité n'avait pas lieu. El allégua, en faveur de cette opinion, que chez les individus morts d’hémorragie, à la suite de coups d’épée , qui avaient ouvert les veines-caves Où l’arière pulmonaire , les deux ventricules lui avaient paru avoir la même capacité ; qu’il avait observé la même chose chez les animaux qu'on tue dans les boucheries par la sécuon de tous
(1320) les vaisseaux du col; et enfin, qu'ayant fait des expériences sur des chiens, 1l avait trouvé les deux ventricules égaux en capacité, lorsqu'il avait fait périr subitement ces animaux par l’hémorragie des vaisseaux du col ; qu’ils l’étaient pareillement lorsqu'il les avait fait mourir par la ligature de l'aorte ; que les cavités du côté droit étaient plus grandes que celles du côté gauche, lorsqu'il les faisait mourir d’une mort lente et sans hémorragie; et qu’au contraire , c’étaient celles du côté gauche qui étaient plus amples , lorsqu'il avait à la fois lié l'aorte, et ouvert les veines caves. Mais M. Sabauer n'avait employé aucun procédé particulier pour mesurer les cavités du cœur ;1l s'était contenté de les apprécier à la vue ; appréciation fort infidèle, sur-tout lorsqu'on est déja préoccupé par des idées théoriques. Depuis les recherches de cet auteur, la plupart des physiologistes ont continué d'admettre que les cavités droites du cœur sont plus grandes que les gauches ; mais, à la vérité , sans trop s’expliquer si cette différence existait pendant la vie , ou seulement après la mort.
Il m'a paru difficile de mesurer leso reilleties avec quelque précision ; mais la droite est manifestement plus grande que la gauche. J’ai mesuré les deux ventricules chez plusieurs animaux différens
’age et d'espèce, et morts les uns d’hémorragie plus où moins rapide , les autres d’asphyxie plus
ou moins lente. C’est le mercure que j'ai employé
(529 ) pour prendre ces mesures. Ce moyen n'a paru préférable à toutautre , parce que le mercure, par son poids, distend les cavités du cœur , et leur fait prendre tout le développement qu’elles doivent
avoir. Voici comment j'ai procédé : après avoir
retranché les deux oreillettes et les artères aorte et pulmonaire au niveau des orifices auriculaires et artériels, et débarrassé de mon mieux les deux ventricules , du sang et des caillots qu’ils pouvaient contenir, je versais du mercure d’abord dans le veniricule gauche comme étant le plus fort, et celui qui devait résister le plus à la pression du mercure , J emplissais le droit ensuite; et lorsque les deux me paraissaient également pleins, je vidais le droit le premier , en l’ouvrant dans toute sa longueur avec des ciseaux sur une capsule de verre. Je vidais le gauche en le renversant simplement sur une autre capsule, et je pesais séparément le mercure retiré de chacune de ces cavités. J’ai trouvé que dans tous les cas, le ventriculé droit était plus grand que le gauche , et très-souvent la différence était si considérable, qu’en y réfléchissant, 1l me parut difficile qu’elle existât telle dans l’état de santé. Il me sembla qu’elle était due en grande partie à ce que les veniricules se contractent après la mort, et reviennent sur eux-mêmes par
une cause analogue à celle qui produit la roideur
cadavérique dans les muscles soumis à la volonté,
et à ce que le gauche étant beaucoup plus fort et
plus épais que ledroit, 11 se contracte et se resserre beaucoup plus. Et , comme en üraillant les museles roïidis d’un cadavre, on peut les amener à un relâchement complet, j’ai cherché à dissiper cette espêce de rigidité du ventricule gauche ; en le malaxant avec les doigts, et en le roulant comme un cyliadre entre les mains, jusqu’à ce qu’il fût dans un état de mollesse et de flaccidité. Alors je le remplissais de nouveau avec du mercure que je pesais à part. J’ai ainsi, dans beaucoup de cas, mesuré deux fois le ventricule gauche , d’abord non ramolli et conjointement avec le droit, et ensuite seul et ramolli. Cette deuxième mesure a toujours été plus grande que la première , et quelquefois elle a approché beaucoup de celle du ventricule droit, elle l’a même surpassée dans un cas. N éanmoins , dans le plus grand nombre des cas, elle en était encore assez éloignée, quoique le ventricule droit n’eût point été ramolli ni mesuré seul. Je donne ici en tableaux les résultats de ces mesures.
me (39)
Capacités du ventricule droit ét du ventricule gauche du cœur, évaluées parle poids du METCUTE
contenu dans ces cavités
Ï. Dans les Cros
D 4 - - Genre Poids Poids du mercure du de Age. contenu corps ; mort. het dans les deux ventricules.
RER Es ER NSEEREERUEE SIRET PTIT ETIENNE | grammes.
cle vent. droit... . .. 3,6
pheures. sun 2 red à le vent. gauche , non ramolli. . .... 3,4
gr'ainmes. grammes,
10,asphyxie.
le vent. droit. . . .. 4,8
; ie, | 1jour, 8 # LE on ASS h44 L — gauche, nonram. 1,0 le vent. droit. . . . . 7,4 que le précédent. Η gauche ,nonram. 4,5 press 5,4 4°: asphyxie. | 5 jours. 624,8 4,4 adehe, ci
le vent. droit. . . . . 16,6 — gauche, nonram. 9,7
50,asphyxie.
25jours. |...
lé'vent. droit. .”. ..-26,3