‹ uvresChapitre 27 sur 45 · EGLOGUE VIL · texte numérisé non relu

EGLOGUE VIL

A peine dans ces lieux le soleil de retour Dissipait l'ombre humide et rallumait le jour; A peine les troupeaux cherchaient dans la prairie El la tendre rosée et l'herbe refleurie ; tfemon , sur sa houlette appuyé tristement ', Répéta ces regrets d'un malheureux amant.

Nais, astre du matin ; brille , ô douce lumière! Brille , et sois d'un beau jour l'heureuse avant-courrière. Tandis que je me plains , dans mes derniers momens , De la perfide Nise et de ses vains sermens ,

• M. de Villodon se rencontre souvent avec les differens traducteurs des Bucoliques 5 il a eu la bonne foi de nous avertir dans sa pre'face , qu on apercei'rait peut-être quelques réminiscences. Les vers suivans n'ont pas du lui coûter beaucoup de peine :

Damon, sur sa houlette, appuyé tristement

Etoile tlii matin , ranime ta lumière ,

Sols d'un jour bienfaisant Theureuse aTànt«c(>àiii'?tre

Les forêts du Me'nale et les pins et les hèlres Redisent à Tenvi les doux plaisirs champêtres.

C'est un plaisir de lire M. Villodon ; on se trouve toujours en pays de connaissance.

Que je viens , en mourant , racontçr mon injure A ces dieux tant de fois témoins de son parjure.

Ma flûte , commençons : avec moi sur ces bords ,

Des chantres du Ménale imite les accords.

Pan , dont l'art inventa la flûte pastorale ,

Fait toujours de ses soqs rçtentir le Ménale.

Le Ménale couvert de bois harmonieux,

Entend toujours la voix des pins mélodieux ;

Le Ménale , toujours entend parler ses hêtres

De l'ampur des bergers , et des plaisirs champêtres.

Ma flûte , commençons : avec moi , sur" ces bords , Des chantres du Ménale imite les accords.

O ma flûte, cessons : c'est assez , sur ces bords , Des chantres du Ménale imiter les accords.

Puisse , ô charmes secrets , votre vertu suprême Ramener dans nos champs le perfide que j'aime !

Cessez, charmes secrets; votre vertu suprême A dans nos champs enfin ramené ce que j'aime.

EGLOGUE VIIL

Je préfère Phylis à toutes nos bergères.

Ses yeux , à mon départ , pleins du plus tendre feu ,

Ont versé des larmes amères.

Adieu, ra'a-t-elle dit, mon beau Ménalque, adieu!

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