A LA NATURE
Qui Séploja des deux la tenture ëtoi]ëe?
Aux litres écUtans dont leur Yoûte est peoplée
Qui donne la rie et la loi ?
Qui suspendit la terre à U chaîne des mondes? Çni resserra la mer dans ses (figues proic(pdes ?
Ame de luniTers, c'est toi.
L*oaiBBAGE renaissant, k moisson nonrrîciëre ,' La fraîcheur du ruisseau , la paix de la chaumière ,
Et le faste de lacitié.
Étalent tour à tour ta splendeur bienfaisante. L'auteur de la nature en tous lieux se présente ,
Il occupe l'immensité.
Tbop long-temps des morteb les aveugles hommages De leurs vices grossiers ont chargé tes imagée.
Grand Dieu ! pourquoi le souffres-tu ?
I/errcur te méconnaît, Timposture t'insulte.
L'hojOomc que tu créas te doit sans doute lin culte ;
Et ce culte , c'est la vertu.
itii^na*
VîlRS SUR ANET.
Valloti délicieux, asile du repos,
Bocages toujours verts , où Tonde la plus pure
Roule paisiblement ses flots ,
Et vient mêler son doux murmure
Aux tendres concerts des oiseaux , Que mon cœur est ému de vos beautés charopctres i J'aime â me rappeler, sous ces rians berceaux ,
'Qu'en tout temps Anet eut pour maîtres
Ou des belles ou des héros.
Henri bâtit ses murs (i) , monumens de tendresse ; U y grava partout le nom de sa maîtresse :
Chaque pierre oBxe encordes croîssans, des carquois , Et nous dit que Diane ici donna des lois.
Yendôme (2) , couronné <des mains de la victoire •
Sous ces antiques peupliers
A long- temps reposé sa gloire , Et lorsque de Philippe il guidait les guerriers, Qu'il faisait fuir l'Anglais et soumettait l'Ibère 9 Accablé sous le poids des grandeurs, des lauriers,
(i) On sait que Henri II bâtît Anet pour Diane de Poitiers : leurs chiffres sont partout dans le château.
(a) Le grand Vendôme a possédé et embelli Anet. ' Ce fut d'Anet qu'il partit pour aller mettre PhilipgeV sur le trône d'Espagne.
iid VERS SUR ANET.
Vendôme , seul soutien d'une cour étrangère ,
A regretté d'Anet le vallon solitaire.
Du Maire vint après (i) ; Du Maine, nom fameux,
Qui rappelle les arts , l'esprit , la politesse :
Sur les gazons d'Anet, théâtre de leurs jeux,
Des immortelles sœurs la troupe enchanteresse
Suivit et chanta sa princesse.
Enfin de ces beaux lieux PenthiÈvuS est possesseur. Avec lui la bonté , la douce bienfaisance Dans le palais d'Anet habitent en silence :
Les vains plaisirs ont fui , mais non pas le bonheur. Bourbon n'invite pas les folâtres bergères
A s* assembler sous les ormeaux; Il ne se mêle point h. leurs danses légères ;
Mais il leur donne des troupeaux.
Que ton orgueil, Anet, sur ces titres se fonde : D'avoir change de maître , eh quoi î te plaôndrats^tu? Toi seul tu possédas tous les biens de ce monde,
Amour, gloire, esprit, et vertu.
(i) Madame la duchesse du Maine, si célèbre p« son esprit et par son goù' pour les lettres , tenait sa cour à Seaux et à A net.