ANECDOTE ESPAGNOLE
spectacle : il relève en sanglotan^Léocadie et son fils , il les ^erre dans se» bras , et Ifsàt jure que jamais Rodolphe n'aura d'antre épouse que Léocadie.
Dès le jour même il écrit à son fils derey»* nir à Tolède , où il lui ayait trouvé u6 'mariage convenable. Rodolphe part , arrive chet son père. Il était convenu que Léocadie , don Louis et sa femme ne se trouveraient pas chez don Diègue À l'instant où Rodolphe arriverait.
Après les premiers momens donnés au plaisir de se revoir , don Diègne parle à Rodolphe du mariage qu'il ayait, disait-it, arrêté pour lui. Il s'étend sun les richesses de la future épouse, et finit par lui montrer un portrait épouvantable qu'il avait fait faire à cédesseinV Rodolphe recula d'horreur ^ et voulut représenter à son père qu'il lui serait impossible d'aimer une pareille femme. Mais don Diègue, d'un ton sévère , lui répondit que la fortune était le seul point qu'il ïallait envisager dans le mariage. Alors Rodolphe, avec beaucoup d'éloquence , déclama contre ce principe, rappela tous les ntalhcurs qu'il avait causés,' ajoutant qu'il n'avait jamais demandé au ciel que de trouver. lyi'e épouse suge et belle dont
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il pût fiûve'ii fortune , et près de bujiwlle il troa^ât Ib boniieiir.
Ben Diègne , diâsimnlant sa joie , fiûçBut de combattre Taids de son 61a , qiiand om amwmça Léocadie y sa mère et le petit Loviis , cpii Tenaient sooiper chez don Diègne.
Jamais Léoeadie n'aTait été si beUe : il seniblait (][Tie , par une permission dtTine , sa grâce et sa beauté fiisscnt dans tont leur éclat. Elle éblouit les jenx de Rodolphe , ^ni de> mande arec empressement qnelle est cette charmante personne. Son pcre n« £ùt pas smi« blant de l'entendre, coort anx denx dames, et s'aperçoit arec donlenr qne le Tisage de Léoeadie se couTrait d'nne pâlenr mortelle, ^e ses mains tremblaient dans les siennes, et ^e la yne de Rodolphe allait lui 6ter Tusage de ses sens. Malgré ses efforts, malgré son conrage , la sensible Léoeadie tombe bientôt sans mouyement , et Rodolphe court k soo secours arec une ardeur, ayec un intérêt qui charment le bon vieillard.
Enfin elle revient à elle : on se met à tablé ; et , pendant tont le souper , les jeux de Rodolphe ne quittent point Léoeadie. Elle le voit , et baisse les siens : elle 'parle peu , mais tout ce qu'elle dit a une grâce touchante et tine empreinte de mélancoHc^qui. ajoutent en-
ANECD0TE;ESPAG!I0IA i4t)
eore au charme que Rodolphe trouyeli Tentendre. Le petit Loui^ , placé prèffde aon père , le regardait sans cesse inyolontairement , lui parlait , le caressait; et , s attirant sou attention et son amitié , il faisait dire à Rodolphe que le père d'un tel enfant dey ail s'estimer bien heureux.
On sort de table. Rodolphe', épris des charme» de Léocadie , tire son père en particulier , et lui dit d'un ton respectueux , mais décidé , que rien ne pourra le forcer à épouser celle dont il a yu l'horrible portrait. Il le fau-. dra pourtant , répond le yieillard , à moins que tu ne préfères cette jeune et noble personne ayec qui tu Viens 'de souper. Ah ! Dieu ! s'écria Rodolphe , je serais le plus heureiix des hommes si elle daignait accepter ma
,main ! .Et moi le plus heureux des pères ,
si mon fils , par cet hjménée , réparait le crime dont il s'est souillé !
Alors il raconte à Rodolphe tout ce qu*U sait ; et tirant de son sein le crucifix d'or : Voilà , mon fils , lui dit-il , yoilà le témoin et le juge de l'horrible attentat que yous ayes commis ; yoilà celui qui ne yous le pardonnera que lorsque Léocadie yous l'aura par« donné.
Rodolphe écoute , rougit 9 et court se jeter
j5o U&OCADiE. AI9E€D0TE espagnole.
AUX picN^A de Léocadie^ J'ai mérité votn haine et TOtcfr méprit , s*éerie>t-il ; mais û IV mour le plus reapectueux , û le repentir la plus yrai sont dignes de quelque grâce , ne me refîiaea pas la mienne. Songez qu'un mot de TOtre bouche ya me rendre pour jamais le plus yil y lé plus malheureux des hommes, oo le plus tendre et le^lns heureux des époux.
Léocadie le regarde un moment en -aileact ayec des yeux remplis* de larmes ; puis se tournant yers le petit Louis, elle le' prend dans ses bras , et le porte dans ceux de son père : Yoilà ma réponse , dit -elle ayec «ne yoix entrecoupée : puisse cet en&nt yooi donner autant de bonheur que yoos ayei causé de peine à sa mère I
Aussitôt on enyoie chercher uu prêtrtf , un alcade et deux témoins : cet heureux liQrBien est terminé le soir même ; et Rodolphe, rendu pour toujours k la yertu y éprouya qu'il n'est de bonheur que dans un amour légitime. -
ri If.
TABLJÉ