‹ Œuvres Mélanges de poésie et de littératureChapitre 37 sur 40 · FLORIAN · texte numérisé non relu

FLORIAN

P. S. Voici une triste réponse faite à M. le sénéchal au sujet de l'afTaire qui vous intéresse, et à laquelle il a fait tout ce qu'il a pu.

3o LETT&Si OB PIX>RlÂir

Paris, iQ décembre 1787.

Voici , Monsieur, la jeune bergère * dont TOUS ayez bien touIu protéger l'enfance. Si TOUS aviez pu acbever son éducation , elle serait bien plus aimable ; mais avec tous ses défauts , elle se présente devant tous. J^ai fait ce que j'ai pu pour obtenir d'elle de ne point TOUS parler de sa compagne Adélaïde , ni du somnambule Isidore : je lui ai représenté que ce n'était pas comme ce berger que TOUS dormiez, que tous exigiez que l'on ronflât ou qu'on fût éveillé , que toutes ces nuances de sommeil n'étaient propres qu'à tous endormir ; je n'ai jamais pu Tenir à bout de la persuader. Elle est entêtée, mademoiselle Estelle , surtout dans la dispute ; raison ou tort , elle ne cède point (défaut que vous devez bien blâmer encore). Enfin , il a fallu la laisser avec Isidore; et l'insolente m'a répondu que vous auriez beau critiquer cet endroit , vous n'en

> Estelle.

A M. BS BOISST d'aMGI/A.S. 3i

direz jamais tant de mal que d'autres en ont dit de bien.

Nous parlons souvent de tous , Monsieur , ayec tout ce qui vous a connu ici , nous tous regrettons tous de compagnie. Quand rcTiendre:#-vous donc ? Sayez-Tous que Toilà deux fois que je Tais au Lycée entendre M. de La Harpe sur la Henriade ? Il nous a dit de très belles choses ; mais l'idée que j'étais au Lycée sans TOUS a été cause que je me suis ennuyé à périr. Vous à qui la gloire du Lycée est ^si chère , rcTcnez donc me prouTer que j'aï tort de TOUS y regretter autant.

Adieu , mon cher confrère ; je cabale à Nismes pour faire receToir M. de Choisi de l'Académie. Je ressemble au cardinal Aiberoni , qui, n'ayant pu troubler l'Espagne, alla mettre le feu à la république de Saint-Marin. N'allez pas dire tout ce que je tous conte, -au moins ; car je ne dispute et ne badine jamais qu'aTec mes amis , et toute plaisanterie aTec eux est un combat à fer émoussé qui dcTient duel dès que d'autres s'en mêlent. Si je tous aimais moins • je serais plus souTcnt de yotre aTis, et je ikiiraîs graTement ma lettre, 'au

33 LETTRES DE VLOBJAIT

li«a que je la finis par tous embrasser àe tout mon cœur.

y oulez-TOus bien me rappeler aa souyem'r de M. de Montgolfier.

Vernon , ce a4 janTÎer i

1 L -y a long-temps , mon cher confrère , que je Tpus dois des remercîmens pour les deux lettres ^i aimables qui se sont croisées ayec les miennes. Je tous dois surtout de la reconnaissance pour la manière dont tous ayez accueilli Estelle. Vous lui ayez dit dé plus jolies choses qu'elle n'en a jamais entendu de Némorin , et yotre indulgence pour elle la consolera de quelques séyérités qu'elle a éprouvées de M. l'allé Morellet.

Jdalgré ses critiques , malgré les yôtres , mon confrère , et celles de quelques autres , Estelle ya bien : mon édition est presque épuisée , et Ton imprime la secondé. Après un mois des traces que donnent le jour de l'an et la publication d'un ouyrage, j'étais yenu

A M. DE BOISST D^Al^GLAS. 33

passer dans le calme une quinzaine de jouta'" à Vernon ; mais la trompette soime et me rappelle aux alarmes. Le cardinal de Luynes est mort , et je pars demain matin pour aller demander sa place à l'Académie. Tous mes amis m'y excitent : quand je dis tous , j'ai tort^ car j'en ai bien quelques-uns qui , sans doute par intérêt , craignent que je n'aie pas mérité ce que je brigue, et sans critiquer mes anciens ouvrages , me poussent à en faire de nouveaux. Comme les extrêmes se touchent, leur extrême amitié ressemble à l'indifférence : mais cela m'est égal, je ne les en aime pas moins quand ils sont aimables; et je n'ai • besoin de personne pour savoir que ce que j'ai fait , tout médiocre qu'il est , vaut mieux que les titres de mes rivaux, voire même de

beaucoup de mes Suffit» Je commence

à être un peu piqué de me voir toujours préférer des personnes* que je ne connais que lorsqu'elles passent devant moi ; et, cette fois -ci, je veux en découdre absolument.

M. Vicq-d'Azir est mon plus redoutable rival; il a sur moi le grand avantage de n'avoir été lu de personne ; mais je n'en oserai pas moins troubler son triomphe y et je me bat-

34 LETTRES D£ Vro&lAlf

tral de toutes mes forces; j*ai déjà mis enjeu mes princes , mes princesses , mes amis. J*ai cm long-temps que le travail seul devait conduire aux récompenses ; je m'amende, et, pour cette seule fois, je vais employer d'autres moyens.

Vous voyez , mon cher confrère , quelle est ma confiance en vous ; je la pousserai plus loin encore, car je viens vous demander de vouloir bien écrire le plus tôt qu'il vous sera possible à M. de La Harpe , votre ami , pour lui demander, de m'honorer de son suffrage.

Lorsque je lui envoyai Estelle , j'en reçus un billet très obligeant qui finissait par ces mots soulignés : Comptez sur moi. Depuis, jeTai trouvé plus froid , et il m'a fait entendre qu'il pourrait bien donner sa voix à M. Vicq-d'Azir. Je vous demande de vouloir bien lui en écrire, ,et lui représenter que son amitié pour M. de Voltaire , qui aima mon enfance , et à qui je suis allié, son amitié pour moi-même, qui n'ai rieïi fait pour la perdre, si ce n'est Numa, sembleraient devoir m'assurer un appiii dans lui; et que de le voir contre moi, ne fera pas beaucoup d'honneur ni à moi, ni peut-être à lui. Je laisse tout cela à votre prudence

A M, DE BoissY p'ah^i^as. 35

et à Totre amitié. Au surplus, je fais cette émarche vis-à-vis de vous, sans prétendre faire la moindre bassesse vis-à-vis de M, de' La Harpe ; mais -par le désir que j'ai de lui avoir une obligation qui me le fasse toujours aimer.

€e moment-ci in'occupe beaucoup, mon cher confrère, et va beaucoup m'occuper. Je me console d'avance du succès, quel qu'il soit. Car, si je réussis, je serai fort aise; et si J£ ne réussis pas , je serai à l'aise avec beaucoup de personnes. J'aurai fait ma demande , on me 'accordera ensuite quand on voudra.

J'attendrai sans colère, je vous en réponds.

Parlons pourtant d'autre chose, celle-ci doit vous ennuyer. «

Les vers charmans que vous avez bien voulu faire pour moi sont assurément peu Mérités; mais ils sont si jolis, que j'ose Les aimer devant tout le monde. J'aurais beau jeu pour vous en rendre ; mais je ne suis pas en train de rimer, et mon cœur un peu plein peut à peine vous exprimer sa reconnaissance. Vous savez la mort de ce pauvre M. d'Argental. Madame de Vimeux en a été dans une douleur profonde. Écrivez-lui quand vous le

,M«uiK.."^èt ^rmi- àiiiH-Tiinssgupaittiiift <fiK

P-ivfaîir- iè 'vnu^iâm-giB lIl.tStBiadîjir^vricmr uufti. ■^'iiTvkQnrt. ri«t»-^lt»> Ha f&utwm

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A M. DE BOISSY D'ANGLES. ■ 87

Anet, 7 mars 1788.

Vous êtes le premier, mon cher confrère, à qui j*écris pour annoncer que TAcadémie française m'a élu hier jeudi 6 mars, pour remplir la place vacante par la mort du cardinal de Luynes. M. Vicq-d'Azir, mon- concurrent , m'a disputé la place de si près , que j'ai eu la pluralité d'une seule voix. Quinze contre quatorze m'ont fait gagner ma cause.

Mais les soins, les peines, les courses qui m'ont entièrement occupé depuis six semai- .

nés, la nécessité de partir dans la nuit pour Tenir ici annoncer mon élection à M. le duc de Penthièvre, tout cela m'a réduit à un tel excès de fatigue, que je peux à peine tenir ma plume. Ceci est le combat d'Argant et de Tancrède; le vainqueur est peu différent du vaincu.

Cependant, mon cher confrère, je me reprocherais de laisser passer un jour de plus sans vous remercier de tout ce que je vous dois, des efforts que vous avez employés auprès de M. de La Harpe. Je ne doute pas

38 LETTRES DM FLORIAS

plus à présent de son amitié que de la yâtre , et c*est mon plus fort serment ; c^est tous dire aussi , j'espère , combien elle m'est chère , combien j'y attache de prix. J'en sens beaucoup plus que je ne puis vous en dire, mon cher confrère; je suis épuisé de fatigue, mais je suit bien reconnaissant et surtout bien tendrement attaché. Je vous embrasse de tout mon cœur comme je vous aime.

«»»« M tltt » l

Au châleaa de Scemx, C avril 1788.

1 L y a long4emps , mon cher confrère , que je vous aurais remercié de vos aimables lettres et de l'intérêt que vous avez bien voulu prendre à mes petits succès ; mais , en vérité., depuis un mois , les heures du jour ne m'ont jamais suffi pour remplir tout ce que j'avais à faire. Vous savez combien l'on est occupé à Paris : si vous y ajoutez les visites, les courses, les remercîmens qu'ont exigés de moi une place à l'Académie et la croix de Saint-Louis , obtenues en même temps, vous me pardonnerez peut*étre un retard que je ne me pardonne pas. £niin je commence à res-

A St. DE BOISST D^AKGIaS. 89

pirer, car mon discours est fait; et le premier délassement que je prends est de -votift écrire, de voqs remercier des services que vous m'avez rendus auprès de M. de La Harpe, de l'intérêt que vous m'avez marqué, et de la réparation que vous avez faite de vos sanglantes critiques sur la pauvre Adélaïde. Heureusement eUe ne vous craint plus ; la voilà sauvée de sa terrible maladie et de vos pâtes ; car, en vous faisant son médecin , vous avez , selon l'usage, pensé tuer cette pauvre fille. Dieu voUs le pardonne! pour moi, je l'ai encore sur le ccBui*.

Il me serait difficile, mon cher confrère, de vous rendre un compte détaillé de ma grande bataille avec M. Vicq-d'Azir. Elle a duré long- temps, et chaque semaine. la victoire changeait de parti. La veille. du jour, j'étais battu; et, sans le maréchal de Duras, que j'allai voir le matin , et que je décidai , tout était perdu. M. de La Harpe m'a marqué une amitié à laquelle je suis bien sensible, et dont j'aime à vous devoir une partie ; mais celui à qui je dois ma place , c'est M. de Marmontçl , qui m'a servi avec beaucoup de succès et de zèle. Je ne l'oublierai jamais.

4o LBTTHEft DE VLO&IAM

Je compte que ma réception se fera le 1 5 de mai, jour que M. le duc de Penthièvre a choisi. U y sera ayec son adorable fille, et les enfans d'Orléans. J'espère que ce sera un beau jour, ci que sa présence donnera de Téloquence à mon discours. Le lendemain , mon aimable prince priera à dîner toute TAcadémie à Sceaux, où les eaux joueront, et où ils seront sûrement contens de la politesse du seigneur du lieu. Voilà nos projets; qae ne puis-je y mêler l'espoir de vous embrasser cet été ,' de faire ayec tous de ces agréables promenades qui ne le seront plus tant sans vous! Tâchez de le réaliser bientôt, cet espoir, mon cher confrère; et croyez qu'à Nismes, et même à Annonay , tous n'avez pas de meilleurs amis que ceux qui tous regrettent ici , et surtout celui qui tous embrasse de tout son cœur.

A M. DB aoissT d'anglas. 4i

Paris, 3i mai 1788. -

Depuis long-temps , mon cher confrère , je forme tous les jours le plrojet de vous écrire et de vous envoyer mon discours ; mais, depuis le mois de janvier, je n*ai pas respiré un instant. J'ai été écrasé de bonheurs ; tout m'est arrivé à la fois , et les jours m'ont à peine suffi pour les visites et les devoirs indispensables ^ue tant de félicité m*a imposés. J'ai obtenu en trois semaines le brevet de lieutenant colonel, la croix de Saint-Louis , mon fauteuil académique , et une abbaye à six lieues de Paris pour une tante à moi, religieuse à ^les.

Je commence à respirer un peu, et mon premier soin est de vous faire hommage d'un discours qu'on a reçu avec beaucoup de bonté. La séance où je l'ai prononcé était très nombreuse et très brillante. M. le duc de Penthièvre et son adorable fille y ont été accueillis avec transport. Tout ce qui les regardait était saisi avec enthousiasme , et le plaisir que donnait leur présence a rejailli sur mon faible discours. Ce jour enfin a été le plus beau de

4a X,BTTBES DE FLOBlAN

ma vie. H a été beau aussi pour notre ami commun, M. de La Harpe, dont les beaux vers sur la poésie descriptive ont été applaudis autant qu'ils le méritaient. Après ces beaux vers , j'ai risqué quelques fables , et on les a parfaitement reçues ; vous voyez que quelquefois Pope a raison , et tout ira bien.

Le lendemain , mon prince a donné à Sceaux une fête superbe à l'Académie. Us ont tous été enchantés de la grâce, de la politesse noble et franche du petit-fils de Louis-le-Grand. Les Muses, si long-temps citoyennes de Sceaux, ont reconnu leur ancien asile; nos naïades sont toutes sorties de leurs grottes pour voir les successeurs des Fontenelle, des Saint- Aulair^ et des Malezieu : il ne manquait à a fête que M. Dtissaulx , et nos nymphes en perdaient lastéte.

L'Académie est fort conteùte , mon cher confrère ; elle a consigné dans ses registres les bontés de M. le duc de Penthièvre , et lui a fait une visite en corps pour lui exprimer sa reconnaissance. Tous ceux dont je n'ai pas eu la voix me comblent d'amitiés , et semblent m'offrir leur cœur. Combien de gens ne voudraient pas de ce marché.

A M. DE BOISSY d'aNGLAS. 4^

Je joins à mon discours , mon cher • confrère , un exemplaire du troisième Tolume de mes Comédies qui tous manque, à ce que je crois. Acceptez tout cela comme un faible gage de la tendre amitié que je tous ai Touée pour ma TÎe, et aTCC laquelle je tous embrasse de tout mon cœur.

Voulez-Tous bien me rappeler au souTenir de Totre illustre ami , M. de Montgolfier.

Paris, 10 octobre 1788.

J*Ai reçu, mon très cher confrère, les deux lettres que tous m*aTez fait l'honneur de

m'écrire, aTec celle pour M™« de V , à

qui je Tai remise fidèlement, et les deux mémoires que tous y aTez joints. Je n*ai pas répondu à la première, par la grande raison que je n'en ai pas trouTé le moment. J*ai'été à GenèTC chercher une de mes tantes , religieuse , pour la conduire à l'abbaye que j'aTais obtenue pour elle. Les affaires de cette abbaye m'ont infiniment occupé; ajoutez à cela met petits traTEux ordinaires, mes dcToirs, mes ^

44 LKTTR&S DE VhOKlAX

courses journalières , et vous me pardonnerez , parce que vous êtes bon, de n'ayoir pas répondu à une lettre qui a galopé un mois après moi, que je ne puis lire qu'avec plusieurs heures de travail , et qui me charge de commissions qu'il m'est très diffîcile de remplir.

Tout ce que vous écrivez , mon cher confrère, est fort aimable; on reconnaît partout votre esprit.; votre cœur se reconnaît de même dans l'intérêt que vous prenez aux personnes pour qui vous faites des mémoires. Mais il faut vous avouer le triste état où je me trouve en fait de crédit. Depuis dix ans j'ai donné à M. le duc de Penthièvre à peu près un millier de mémoires ; j'ai fini par l'impatienter si bien , que ce prince m'a fait la défense absolue de lui en présenter de nouveaux. Malgré cette défense , comme le dernier regarde un de vos parens , j'aurais sûrement désobéi , si notre prince n'était malade depuis trois mois. Un catarrhe affreux a exigé des vésicatoires qui ont porté sur ses nerfs et lui ont causé des souffrances continuelles , et des vapeurs infi«. niment contraires à tout mémoire. Je serais sûr de lui déplaire et d'être refusé en allant

A M. DB BOISSÏ d'aMOLAS. 4^

lui parler d'affaire. Je vous exhorta donc ^ mon cher confrère, à vous donner la peine d'écrire vous-même à M. Perrier, secrétaire général de la marine, et de bien exposer TOtre demanda Je lui en ai déjà parlé, je lui en parlerai encore , et je ne doute point que votre affaire ne réussisse ; mais dans toutes ces maisons-ci , chacun aime qu'on s'adresse directement à lui pour tout ce qui le regarde ; et comme je n'ai nul trait au département de la marine , le secrétaire , avec raison , me parle de l'Opéra lorsque je lui parle de ses affaires. Adressez.vous donc à M. Perrier, à l'hôtel de Toulouse, à Paris ; et pour cela je vous renvoie votre papier, auquel je n'entends non plus qu'aux Lettres sur l'Italie de M. Dupaty.

J'ai grand regret, mon cher confi'ère, à vous écrire trois grandes pages de petite écriture pour ne pas vous dire un mot de ce dont j'aime à causer avec vous. Mais à qui la faute!' Il ne me reste de papier que pour vous prier de me rappeler au souvenir de l'aimable M. de Saint-Etienne ' que nous regrettons tons les jours avec M"»» de V ; pour vous enga-

■ L^iufortuné Rabaut-Saint-£ti€nne.

46 LETTRES DE PLOEIAIT

ger à reyenir bien vite dans eepays f où Ton TOUS aime tetidrement , et pour yofuê prier enfin de me conserver un peu cTamitié, malgré la nullité de mon crédit, en faveur de celle que je vous ai vouée ^ et avec laqnellf; je vous embrasse de tout mon cœur.

j\X. DB Florian a Fbonneur de présenter son respect, ses hommages, sa foi, sa soumission, à M. le législateur. Il prend la liberté de lui demander si dimanche ao de ce mois, seul jour de la semaine où M. le représentant de la nation ne travaille pas au bonheur public, il voudrait faire Thonneur à M. de

Florian de venir diner chez lui avec M. et M'™* de Saint-Étienne, qui lui ont promis pour ce jour-là. M. de Florian s'est présenté à la porte de M. de Boissy pour lui faire cette prière. U n'a pas eu le bonheur de le trouver ; il espère de'son ancienne amitié, qu'il voudra bien lui accorder sa demande.

-Ce 10 décembre 178g.

4 M. Dt' BbiSST d'aVGLAS. 4^

Je vou« remercie de- tout mon cœur, mon très illustre et très puissant compatriote , du bel ouvrage que vous avez eu la bonté de m*envoyer. J*ai déjà commencé à le lire, et comme je l'entends , j*en suift fort content. Ce. n'est pourtant pas que j'y trouve cette élo* quence mâle , géante , massive , que vous admirez avec tant de raison dans le grand orateur auquel vous daignez me comparer.

Mais je n'espérais pas l'y trouver , et je sais qu'il n'y a qu'un soleil , comme il n'y avait qu'une Bastille. Je pense. la plus grande partie de ce que j'ai déjà lu ; j'espère les a^utres , je souhaite le tout. Mais il ne suffit pas de bien dire lorsque l'on est législateur , il faut nous donner la paix, il faut nous établir l'ordre, il faut que nous puissions conduire gaiement nos troupeaux sur les bords fleuris de la Sorgue ou du ruisseau d'Annonay, et que rien ne trouble le doux plaisir que nous avions autrefois à écouter vos vers charmans. J'aime toujours les vers , moi , et je tremble que quelqu'un de vos confrères , ennemi des académies conmie M. Boutidoux , ne fksse une

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