HYMNE A I.*AMITIÉ
Le mortel à qui la fortune Tendit si chèrement ses trompeuses &Tears, Solitaire au milieu de ses nombreux flatteurs , Prodigue ses trésors à leur foule importune : n cherche Tamitié ; c*est Ters son doux lien Qu*il tourne ses désirs et non son espérance ; Il en achète Tapparence , Pbur lui ton nom seul est un bien.
Au sein même de la victoire , Tu charmes le guerrier qui, dans les champs de Mars, D*un peuple de héros guidant les étendards, Cueille à la liberté les palmes de la gloire. Par ses frères vainqueurs lorsqu*il se sent presser, Pes larmes qu*il répand son courage s'honore;
Mais ses pleurs sont plus doux encore ,
Quand son ami rient l'embrasser.
Le sage, dans la solitude.
Libre des passions , dégagé de tout soin , S'applaudit de sentir l'impérieux besoin De mêler les plaisirs aux douceurs de l'étude. Par toi contre les maux ses sens plus affermis Des horreurs du trépas soutiennent mieux la vue ;
Socrate , buvant la ciguë ,
Sourit à ses jeunes amis*
HYMNE A I.'aMITIÉ. 67
lie saint amour de la patrie Par tes divines lois est encore épuré ; Contemplez des amis le bataillon sacré , De Toppresseur des Grecs affrontant la furie. Accablés, non vaincus, après un long effort, Ils meurent Yoyez-les couchés sur la poussière
Chacun tient la main de 'son frère;
Aucun d*eux n'a -senti la mort.
Ainsi ta douce et vive flamme Ajoute à la sagesse, augmente la valeur :
L'innocence et la paix, la force et le bonheur Accourent à ta voix s'emparer de notre âme.
Relevant les humains par le vice abattus , Jusqu'au plus haut du ciel avec eux tu t'élances ;
Tes devoirs sont des récompenses,
Et tes plaisirs sont des vertus.