SCÈNE XL
JUPITER, AMPHITRYON, NAUCRATÈS, ARGATIPHON- TIDAS, POLIDAS, PAUSICLÈS, CLÉANTHIS, SOSIE.
JUPITER, annoncé par le bruit an tonnerre, armé de son foudre,
dans on nuage, sur son aigle.
Regarde, Amphitryon, quel est ton imposteur ;
MOUiRB. ^ T. U. 9
UC AMPHITRYON
Et soas tes propres traits vob Japiter paraître. A ces marques tu peux aisément Je conn.i^itVe ; Et c'est assez, je crois, pour remettre ton cœur
Dans l'état auquel il doit être, Et rétablir chez toi la paix et la douceur. Mon nom, qu incessamment toute la terre adore, Étoufife ici les bruits qui pouvaient éclater.
Un partage avec Jupiter
N'a rien du tout qui déshonore ; Et sans doute il ne peut être que glorieux De se voir le rival du souverain des dieux. Je n'y vois pour ta flamme aucun lieu de murmure, Et c'est moi, dans cette aventure, Qui, tout dieu que je suis, dois être le jaloux. Alcmène est toute à td, quelque soin qu'on emploie; Et ce doit à tes feux être un objet bien doux De voir que, pour lui plaire, il n'est point d'autre voie
Que de paraître son époux ; Que Jupiter, orné de sa gloire immortelle. Par lui-même n'a pu triompher de sa foi ;
Et que ce qu'il a reçu d'elle N'a, par son cœur ardent, été donné qu'à toi.
SOSIE
Le seigneur Jupiter sait dorer la pilule.
JUPITER
Sors donc des noirs chagrins que ton cœur a soufiferls,
Et rends le calme entier à l'ardeur qui te brûle ;
Chez toi doit naître un fils qui, sous le nom d'Hercule,
Remplira de ses faits tout le vaste univers.
L'éclat d'une fortune en mille biens féconde,
Fera connaître à tous que je suis ton support;
Et je mettrai tout le monde
Au point d'envier ton sort.
Tu peux hardiment te flatter
De ces espérances données.
C'est un crime que d'en douter i
Les paroles de Jupiter ^
Sont des arrêts des destinées.
(il se perd dans les nues.) NAUCRATÈS.
Certes, je suis ravi de ces marques brillantes...
SOSIE
Messieurs, voulez- vous bien suivre mon sentiment ? Ne vous embarquez nullement