ACTE I, SCENE IL
besoin des hommes, il faut bien s'ajuster à eux» et puisqu'on ne saurait les gagner que par là, ce n'est pas la faute de ceux qui flattent, mais de ceux qui veulent -être flattés.
ÉLISE
Mais que ne tàchez-vous aussi à gagner l'appui de mon frère, en cas que la servante s'avisât de révéler notre secret ?
VALÈRE
On ne peut pas ménager l'un et l'autre ; et l'esprit du père et celui du'fils sont des choses si opposées, qu'il est difficile d'accommoder ces deux confidences ensemble. Mais vous, de Yotre part, agissez auprès de votre frère, et servez-vous de l'amitié qui est entre vous deux pour le jeter dans nos intérêts. Il vient. Je me retire. Prenez ce temps pour lui parler, et ne lui découvrez de notre affaire que ce que vous jugerez à propos.
ÉLISE
Je ne sais si j'aurai la force de lui faire cette confidence. SCÈNE II.