‹ ŒuvresChapitre 112 sur 599 · HARPAGON, LA FLÈCHE · texte numérisé non relu

HARPAGON, LA FLÈCHE

HARP.\GON

Hors d'ici tout à l'heure» et qu'on ne réplique pas. Allons, que l'on détale de chez moi, maître juré filou, vrai gibier de potence !

LA FLÈCHE, à part.

Je n'ai jamais rien vu de si méchant que ce maudit Tieil> Ivd, et je pense, sauf correction, qu'il a le diable au corps.

HARPAGOrr.

Tu murmures entre tes dents?

Pourquoi me chassez- vous?

HARPAGON

C'est bien à toi, pendard, à. me demander des raisons ! Sors vite, que je ne t'assomme.

Qu'est-ce que je vous ai fait?

HARPAGON

Tu m'as fait que je veux que tu sortes.

Mon maître, votre fils, m'a donné ordre de l'attendre.

HARPAGON

Ya-t'en l'attendre dans la rue, et ne sois point dans ma maison, planté tout droit comme un piquet à observer ce ({ui se passe, et faire ton profit de tout. Je ne veux point avoir sans cesse devant moi un espion de mes affaires, un traître dont les yeux maudits assiègent toutes mes actions, dévorent ce que je possède, et furettent de tous côtés pour voir s'il n'y a rien à voler.

Comment diantre voulez-vous qu'on fasse pour vous voler ? Êtes- vous un homme volable, quand vous renfermez toutes choses, et faites sentinelle jour et nuit ?

HARPAGON

Je veux renfermer ce que bon me semble, et faire sentinelle comme il me plaît. Ne voilà pas de mes mouchards (1),

(1) On trouve poor la première £ob le mot mowcAer pour épier , daaa la lé»

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