‹ ŒuvresChapitre 131 sur 599 · HARPAGON, FROSINE · texte numérisé non relu

HARPAGON, FROSINE

HARPAGON, bas.

Tout va comme il faut. (Haut.) Eh bien ! qu'est-ce, Frosine ?

FROSINE

Ah! mon Dieu, que vous vous portez bien, et que vous avez là un vrai visage de santé !

Qui? moi.?

FROSINE

Jamais je ne vous vis un teint si frais et si gaillard .

HARPAGON

Tout de bon?

178 L'AVAEE.

FROSINE

Comment ! vous n'avez de votre vie été si jeune que vous êtes ; et je vois de» gens de vingt-cinq ans qui sont plus vieux que vous.

HARPAGON

Cependant, Frosine, j'en ai soixante bien comptés.

FROSINE

Eh bien , qu'est-ce que cela, soixante ans? Volià bien de quoi ! C'est la fleur de l'âge, cela ; et vous entrez maintenant dans la belle saison de l'homme.

HARPAGON

Il est vrai ; mais vingt années de moins , pourtant, ne me feraient point de mal, que je crois.

FROSINE

Vous moquez- vous ? Vous n'avez pas besoin de cela, et vous êtes d'une pâte à vivre jusques à cent ans.

Tu le crois .î»

FROSINE

Assurément. Vous en avez toutes les marques. Tenez-vous un peu. Oh ! que voilà bien là, entre vos deux yeux, un signe de longue vie 1

HARPAGON

Tu te connais à cela ?

FROSINE

Sans doute. Montrez-moi votre main. Mon Dieu, quelle ligne de vie?

HARPAGON

Comment?

FROSINE

Ne voyez- vous pas jusqu'où va cette ligne-là.^

HARPAGON

Eh bien! qu'est-ce que cela veut dire?

FROSINE

Par ma foi, je disais cent ans; mais vous passerez les sixvingts.

HARPAGON

Est-il possible?

FROSINE

Il faudra vous assommer, vous dis-je ; et vous mettrez en terre et vos enfants , et les enfants de vos enfants.

Tant mieux! Comment va notre affaire?

FROSINE

Faut-il le demander ? et me voit-on mêler de rien dont je

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