‹ ŒuvresChapitre 149 sur 599 · HARPAGON, MARIANE, ÉLISE, CLÉANTE, VALÈRE, FROSINE, BRINDAVOINE · texte numérisé non relu

HARPAGON, MARIANE, ÉLISE, CLÉANTE, VALÈRE, FROSINE, BRINDAVOINE

HARPAGON

Void mon fils aussi qui vous vient ^ire la réTérenoe.

MARIANE, bas, à Frosine.

Ah! Frosine, quelle rencontre ! C'est justement celui dont je t'ai parlé.

196 UAVARE.

FROSINE, à Mariane.

L'aventure est meryellieuse.

HARPAGON

Je vois que vous vous étonnez de me voir de si grands enfants; mais je serai bientôt défait de l'un et de l'autre.

CLÉANTE, à Mariane.

Madame, à vous dire le vrai, c'est ici une aventure où ^ sans doute, je ne m'attendais pas ; et mon père ne m'a pa& |)eu surpris lorsqu'il m'a dit tantôt le dessein qu'il avait formé.

MARIANE

Je puis dire la même chose. C'est une rencontre imprévue, qui m'a surprise autant que vous; et je n'étais point préparée à une pareille aventure.

CLÉANTE

11 est vrai que mon père. Madame, ne peut pas faire ua plus beau choix, et que ce m'est une sensible joie que l'honneur de vous voir; mais, avec tout cela. Je ne vous assurerai pas que je me réjouis du dessein où vous pourriez être de devenir ma belle-mère. Le compliment, je vous l'avoue, est trop difficile pour moi, et c'est un titre, s'il vous plait, qae je ne vous souhaite point. Ce discours paraîtra brutal aux yeux de quelques-uns ; mais je suis assuré que vous serez personne à le prendre comme il faudra ; que c'est un mariage. Madame, où vous vous imaginez bien que je dois avoir de la répugnance ; que vous n'ignorez pas, sachant ce que je suis, comme il choque mes intérêts, et que vous voulez bien enfin que je vous dise, avec la permission de mon père, que, si les choses dépendaient de moi, cet hymen ne se ferait point.

HARPAGON

Voilà un ox)rapliment bien impertinent! Quelle,belle confession à lui faire!

MARIANE

Et moi, pour vous répondre, j'ai à vous dire que les choses sont fort égales; et que si vous auriez de la répugnance à me voir votre belle-mère , je n'en aurais pas moins, sans doute, à vous voir mon beau-fils. Ne croyez pas, je vous prie,, que se soit moi qui cherche à vous donner cette inquiétude. Je serais fort fâchée de vous causer du déplaisir ; et si je ne m'y vois forcée par une puissance absolue, je vous donne ma parole que je ne ^consentirai point au mariage qui vous chagrine.

HARPAGON

Elle a raison. A sot compliment, il faut une réponse de

Page 1