ACTE III, SCÈNE XI
même. . harpagon, Bas, a son maye l'impertinence de mon fils : c'est un jeune sot qui ne sait pas encore la conséquence des paroles qu'il dit.
« M4RIANE.
Je vous promets que ce qu'il m'a dit ne m'a pas du tout offensée ; au contraire, il m'a fait plaisir de m'expliquer ainsi sesYéritables sentiments. J'aime de lui un aveu de la sorte ; et s'il avait parlé d'autre façon, je l'en estimerais bien moins.
HARPAGON
C!est beaucoup de bonté à vous de vouloir ainsi excuser ses fautes. Le temps le rendra plus sage , et vous verrez qu'il changera de sentiments.
CLÉANTE
NoQ, mon père, je ne suis point capable d'en changer, et je prie instamment Madame de le croire.
HARPAGON
Hais voyez quelle extravagance ! il continue encore plus
fort.
CLÉANTE
Voulez-vous que je trahisse mon cœur?
HARPAGON
Encore! Avez- vous envie de changer de discours?
CLÉANTE
Eh bien! puisque vous voulez que je parle d'autre façon, souffrez, Madame, que je me mette ici à la place de mon père, et que je vous avoue que je n'ai rien vu dans le monde de si charmant que vous; que je ne conçois rien d'égal au bonheur de vous plaire, et que le titre de votre époux est une gloire, une félicité que je préférerais aux destinées des plus grands princes de la terre. Oui, Madame, le bonheur de vous posséder est, à mes regards, la plus belle de toutes les fortunes; c'est où j'attache toute mon ambition. Il n'y a rien que je ne sois capable de faire pour une conquête si précieuse; et les obstacles les plus puissants...
Doucement, mon fils, s'il vous plait.
CLÉANTE
C'est un compliment que je fais pour vous à Madame.
HARPAGON
Mon Dieu ! j'ai une langue pour m'expliquer moi-même, et je n'ai pas besoin d'un interprète comme vous. Allons, donnez des sièges.
FROSINE
Non; il vaut mieux que, de ce pas, nous allions à la foire,
198 L'AVAEB.
afin d'en revenir f''»^*»tiTis.*, K Maftatxc. ;uitede
nous entretenir. ^ -" —
. HARPAGON, à Brindaroine.
Qu'on mette donc les chevaux au carrosse. ^