ACTE I, SCÈNE VH
GEORGE DANDIN
Je De saurais...
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Corbleu! mon gendre, ne m'échauffez pas la bile : je me mettrais avec lui contre vous. Allons, laissez-vous gouverner par moi.
GEORGE DANDIN , h part.
Ail! George Dandin!
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Votre bonnet à la main, le premier : monsieur est gentilhomme, et vous ne l'êtes pas.
GEORGE DATCDIN , h part , le bonnet h la main. J'enrage !
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Ré])étez après moi : Monsieur...
Monsieur...
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Je VOUS demande pardon... (voyant que Oeorge Dandin fait dimcaltè de loi obéir.) Ahl
GEORGE DANDIN
Je TOUS demande pardon...
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Des mauvaises pensées que j'ai eues de vous.
GEORGE DANDIN
Des mauvaises pensées que j'ai eues de vous.
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
C'est que je n'avais pas l'honneur de vous connaître.
GEORGE DANDIN
C'est que je n'avais pas l'honneur de vous connaître.
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
El je vous prie de croire...
GEORGE DANDIN
Et je vous prie de croire...
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Que je suis votre serviteur.
GEORGE DANDIN
Voulez-vous que je sois serviteur d'un homme qui me veut faire cocu ?
MONSIEUR DE SOTENVILLE, le menaçant encore. Ah!
246 GEORGE DANDIN
CLITANDRE
11 suffit, Monsieur.
MONSIEUR DB SOTENVILLE.
Non, je veux qu'a achève, et que tout aille dans les formes. Que je suis votre serviteur.
GEORGE DANDIN
Que je suis votre serviteur.
CLITANDRE, à Georges Dandin.
Monsieur, je suis le vôtre de tout mon cœur, et je ne songe plus à ce qui s'est passé, (a m. de sotcnviiie.) Pour vous, Monsieur, je vous donne le bonjour, et suis fâché du petit cliagrin que vous avez eu.
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Je vous baise les mains ; et, quand il vous plaira , je vous donnerai le divertissement de courre un lièvre.
CLITANDRE
C'est trop de grâce que vous me faites.
(Clitandrc sort.) MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Voilà, mon gendre, comme il faut pousser les choses; Adieu. Sachezque vousêtes entré dans une famille qui vous donnera de l'appui et ne souffrira point que l'on vous fasse aucun affront.