MONSIEUR DE SOTENYILLE, CLITANDRE, GEORGE DANDIN
CLITANDHEi à monsieur de Soten ville.
Monsieur, vous voyez comme j'ai été faussement accusé : vous êtes homme qui savez les maximes du point d'honneur, et je vous demande raison de l'affront qui m'a été fait!
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Cela est juste, et c'est l'ordre des procédés. Allons, mon gendre, faites satisfaction à Monsieur.
GEORGE DANDIN
Comment! satisfaction?
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Oui, cela se doit dans les règles, pour l'avoir à tort accusé.
GEORGE DANDIN
C'est une chose, moi, dont je ne demeure pas d'accord, de l'avoir a tort accusé; et je sais bien ce que j'en pense.
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Il n'importe. Quelque pensée qui vous puisse rester, il a nié : c'est satisfaire les personnes; et l'on n'a nul droit de se plaindre de tout homme qui se dédit.
GEORGE DANDIN
Si bien donc que si je le trouvais couché avec ma femme, il en serait quitte pour se dédire?
Point de raisonnement. Faites-lui les excuses que je tous dis.
GEORGE DANDIN
Moi! je lui ferai encore des excuses après...
MONSIEUR DE SOTENVILLE.
Allons, vous dis-je; il n'y a rien à balancer, et vous n'avez que faire d'avoir peur d'en trop faire, puisque c'est moi qui vous conduis.