‹ ŒuvresChapitre 20 sur 599 · MARIANE, DORINE · texte numérisé non relu

MARIANE, DORINE

DORINE

Avez-vous donc perdu, dites-moi, la parole? El faut-il qu'en ceci je fasse votre rôle 1 Souffrir qu'on vous propose un projet insensé. Sans que du moindre mot vous l'ayez repoussé!

H ARIANE

Contre un père absolu que veux-tu que je fasse ?

DORINE

€e qu'il faut pour parer une telle menace.

MARIANE

Quoi?

DORINE

Lui dire qu'un cœur n'aime point par autrui; <)ue vous vous mariez pour vous, non pas pour lui ; Qu'étant celle pour qui se fait toute l'affaire, C'est à vous, non à lui, que le mari doit plaire ; Bt que si son Tartufe est pour lui si charmant, U le peut épouser sans nul empêchement.

Un père, je ï'avoue, a sur nous tant d'empire. Que je n'ai Jamais eu la force de rien dire.

DORINE

liais raisonnons. Yalère a fait pour vous des j>as : (i'aimîez-vous, je vous prie, ou ne l'aimez- vous pas ?

MARIANE

Ah î qu'envers mon amour ton injustice est grande, porine ! Me dois-tu faire cette demande ? T'ai-je pas là-dessus ouvert cent fois mon cœur ? Et sais-tu plas pour lui jusqu'où va mon ardeur?

DORINE

Que sais-je si le cœur a parlé par la bouche,

Et si c'est tout de bon que cet amant vous touche?

M4RIANE.

Tu me fais un grand tort, Dorine, d'en douter; £t mes vrais sentiments ont su trop éclater.

DORINE

Enfin, TOUS Faimez donc ?

HARIÀNE.

Oui, d'une ardeur extrême,

DORINE

Et, selon l'apparence, il vous aime de même ?

Je le crois.

nORINE.

Et tous deux brûlez également De vous voir mariés ensemble?

HÂRUNE.

Assurément,

DORINE

Sur cette autre union quelle est donc votre attente ?

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